paroissedemorges.ch

Morges | Echichens
Accueil >Spiritualité >Quelques prédications >Vivre et dire sa foi : pourquoi ?
Connexion pdf email

Vivre et dire sa foi : pourquoi ?

Trois prédications suivies sur le thème du témoignage

Prédication 1 : Ce qui me retient : mes peurs

Prédication 2 : Etre et dire. Vivre et dire sa foi à ses enfants et petits-enfants

Prédication 3 : Témoigner : acte concret et spirituel Vivre et dire sa foi à ses amis et collègues

Dimanche 06.08.06

Ce qui me retient : mes peurs

Textes bibliques :

Psaumes 40, 1-12 1 Du répertoire du chef de chorale. Psaume appartenant au recueil de David. (40-2) J’ai compté fermement sur le Seigneur, il s’est penché vers moi, il a entendu mon appel. 2 (40-3) Il m’a retiré du puits infernal, de la boue sans fond. Il m’a remis debout, les deux pieds sur le roc ; il a rendu ma démarche assurée. 3 (40-4) Il a mis sur mes lèvres un chant nouveau, un chant de louange pour lui, notre Dieu. Beaucoup en seront témoins, ils reconnaîtront l’autorité du Seigneur et lui donneront leur confiance. 4 (40-5) Heureux l’homme qui se fie au Seigneur, sans un regard pour ceux qui font pression sur lui et s’empêtrent dans le mensonge ! 5 (40-6) Que de merveilles tu as réalisées, Seigneur mon Dieu ! Tu n’as pas ton pareil. Et que de projets en notre faveur ! Il y en a trop pour que je puisse tout raconter, tout dire. 6 (40-7) Ce qui te fait plaisir, ce n’est pas un sacrifice ou une offrande-tu me l’as bien fait comprendre. Ce que tu demandes, ce n’est pas des animaux brûlés sur l’autel ou des sacrifices pour obtenir le pardon. 7 (40-8) Alors j’ai dit : Je viens moi-même à toi. Dans le livre je trouve écrit ce que je dois faire. 8 (40-9) Mon Dieu, j’ai plaisir à t’obéir, et je garde ta Loi tout au fond de mon coeur. 9 (40-10) Dans la grande assemblée j’annonce la bonne nouvelle : le Seigneur délivre. Je ne me tairai pas, tu le sais bien, Seigneur. 10 (40-11) Je ne garde pas secrète la délivrance que tu m’as accordée, mais je dis que tu es un vrai sauveur. Devant la grande assemblée je ne cache pas ta fidèle bonté. 11 (40-12) Toi, Seigneur, tu ne me fermeras pas ton coeur, et ta fidèle bonté sera ma constante sauvegarde. 12 (40-13) De partout, des malheurs m’ont assailli, je ne peux plus les compter. Je subis les conséquences de mes fautes, je ne supporte plus de les voir. J’en ai plus que de cheveux sur la tête, je suis complètement dépassé.

Matthieu 28, 16-20 16 Les onze disciples se rendirent en Galilée, sur la colline que Jésus leur avait indiquée. 17 Quand ils le virent, ils l’adorèrent ; certains d’entre eux, pourtant, eurent des doutes. 18 Jésus s’approcha et leur dit : Tout pouvoir m’a été donné dans le ciel et sur la terre. 19 Allez donc auprès des gens de toutes les nations et faites d’eux mes disciples ; baptisez-les au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, 20 et enseignez-leur à pratiquer tout ce que je vous ai commandé. Et sachez-le : je vais être avec vous tous les jours, jusqu’à la fin du monde.

Prédication

Introduction : Série durant trois dimanches sur le thème du témoignage : Vivre et dire sa foi : pourquoi et comment ?

C’est un thème me semble incontournable pour la vie et l’avenir de l’Eglise. Le thème de l’évangélisation revient d’ailleurs d’actualité dans les préoccupations des Eglises réformées de Suisse et de France du moins.

J’aimerais revenir sur le texte lu à l’occasion des baptêmes : un texte clé, fondement non seulement du baptême, mais de la mission de l’Eglise :

Tout pouvoir m’a été donné dans le ciel et sur la terre. 19 Allez donc auprès des gens de toutes les nations et faites d’eux mes disciples ; baptisez-les au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, 20 et enseignez-leur à pratiquer tout ce que je vous ai commandé. Et sachez-le : je vais être avec vous tous les jours, jusqu’à la fin du monde.

Deux erreurs de compréhension

Quand j’observe la vie de l’Eglise et des croyants que nous sommes, j’ai le sentiment que nous ne comprenons pas du tout ces paroles !

1/ La première erreur est que nous pensons que Jésus s’adresse là aux curé, aux pasteurs, aux évangélistes et autres spécialistes de la foi. Il n’en est rien ! Il s’adresse aux disciples.

Même s’il les a formé pendant 3 ans, ce ne sont pas des rabbins et docteurs de la loi ! Des pêcheurs, des employés de commerce, des manuels... C’est l’Eglise qui petit à petit a spécialisé les domaines de l’évangélisation, de la catéchèse et des actes ecclésiastiques ! Mais initialement, Jésus a confié ces ministères aux disciples sans autre exigence que la foi et la fidélité.

2/ La deuxième erreur est peut-être un problème d’acoustique ou de lecture... N’avez pas l’impression qu’à l’écoute fréquente de ce texte, nous entendons autre chose : « Allez entre vous prier, chanter, méditer, vous réjouir, colloquer, organiser, ... » Si les premiers chrétiens avaient ainsi compris les choses, l’Eglise chrétienne n’aurait jamais vu le jour !

1/ Pourquoi est-ce important de vivre et dire sa foi ? « Tout pouvoir m’a été donné dans le ciel et sur la terre. » Jésus commence par affirmer son pouvoir universel, dans le ciel et sur la terre. Mais la suite s’adresse aux disciples. C’est en vertu de ce pouvoir, c’est avec cette puissance qu’il nous équipe et nous envoie.

4 verbes à l’impératif : 1/ Allez donc auprès des gens de toutes les nations 2/ faites d’eux mes disciples ; 3/ baptisez-les au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, 4/ enseignez-leur à pratiquer tout ce que je vous ai commandé.

Voilà 4 verbes que nous devons impérativement nous approprier si nous voulons être disciples de Jésus-Christ aujourd’hui !!! D’accord, on va laisser le baptême entre les mains des ecclésiastiques, on ne va pas bousculer l’Eglise à ce point...

Mais quant au travail d’évangélisation, de formation, d’enseignement,... osons le confier à nouveau entre les mains de tout un chacun, croyant en Jésus-Christ. Pourquoi ? 1/ Parce que vivre et dire sa foi fait partie intégrante de la vie du croyant. Jésus n’a rien inventé : Psaume 40 : « Dieu a mis sur mes lèvres un chant nouveau, un chant de louange pour lui, notre Dieu. Beaucoup en seront témoins, ils reconnaîtront l’autorité du Seigneur et lui donneront leur confiance. » « Dans la grande assemblée j’annonce la bonne nouvelle : le Seigneur délivre. Je ne me tairai pas, tu le sais bien, Seigneur. »

2/ Parce que c’est ainsi que nous progressons dans notre foi. Quand nous cherchons à répondre aux questions que nos enfants et petits-enfants nous pose, c’est là que nous sommes mis en mouvement et obligés de chercher et d’approfondir...

2/ Qu’est-ce qui me retient ? J’aimerais m’attarder sur le premier impératif : Allez ! Allez auprès des gens de toutes les nations.

Aller vers les autres... Avant d’être un travail, un ministère,... ne s’agit-il pas d‘une attitude de vie ? D’une ouverture aux autres ? Un peu comme Jésus allait vers tout un chacun, au hasard de ses déplacements... Etre disciple, c’est « aller vers », c’est vivre et dire sa foi comme l’on parle de la pluie et du beau temps ! Alors, ça y est ! On est au cœur du problème : est-il possible de vivre et de dire sa foi comme on parle de la pluie et du beau temps ? En pays de Vaud c’est difficile ! Reconnaissons-le ! On parlera plus volontiers de politique que de la foi, on parlera même plus facilement de sexualité ...

Au fond, la foi est quelque chose d’important pour nous, si important qu’on l’enferme dans le coffre fort de nos convictions privées, au lieu de l’offrir comme un bouquet odorant... Pourquoi donc ?

Je vous propose d’y réfléchi pendant quelques minutes ! Discussion dans les rangs :

Qu’est-ce qui me retient à vivre et à dire ma foi ouvertement ?

Personnellement, je pense qu’il y a plusieurs peurs qui nous paralysent et qui forment comme un mur dans nos relations aux autres. En prendre conscience est un premier pas vers une libération de nos personnes et une affirmation de notre identité de croyant !

1/ Peur de se livrer

La foi est aujourd’hui cantonnée dans la sphère du privé et de l’intimité. C’est une idée acquise, fruit de la laïcisation de la société, qui nous conditionne. D’autre part, la foi appartient au domaine des convictions et de l’émotion. La foi est quelque chose qui fait partie de nos profondeurs, sujet chaud qui nous anime quand on y touche.

Mais est-ce une raison suffisante pour en faire un tabou ? Un affaire privée ? Quel paradoxe quand on voit nos cathédrales et églises, au cœur des villes et villages, souvent sur les hauteurs. Que de touristes défilent quotidiennement dans nos cathédrales européennes...

La religion est de toute évidence du domaine public, dans toutes les civilisations. Pourquoi la foi, qui en est l’âme serait-elle cloîtrée au domaine privé !?

2/ Peur du regard des autres

Nous nous heurtons ensuite souvent à une autre peur liée à la première : le qu’en dira-t-on. S’ouvrir sur le sujet de la foi, c’est dévoiler une partie intime de soi-même, c’est donner une image de soi. Nous sommes tous sensibles à l’image que nous donnons de nous-même.

La question est donc de savoir : suis-je à l’aise avec mon identité de croyant pratiquant ? Si oui, il devient plus naturel, de l’afficher et d’affronter ce que nous pouvons parfois ressentir comme du mépris ou de l’incompréhension.

3/ Peur de déranger

La peur de déranger, d’être intrusif, d’agresser est aussi un frein très fort. Cette peur est liée à deux éléments :

a) Notre éducation Dès notre enfance, on nous apprend le respect de l’autre : garder une distance, surveiller son vocabulaire, respecter la propriété de l’autre,... La foi étant traditionnellement du domaine du privé, parler de sa foi peut donc vite être interprété comme un manque de respect, une forme d’exhibitionnisme,...

b) Notre passé Nous sommes aussi conditionnés par notre passé : l’inquisition, les croisades, les guerres de religion,... et dans notre histoire plus récente, le phénomène des sectes. Ainsi, un seul mot fait frémir « le prosélytisme ». Il est étonnant de voir comment l’idée de parler de sa foi est très vite associée à l’idée de « prosélytisme », d’embrigadement, ... Il s’agit de 2 choses différentes !

Quand je pense comment la publicité nous agresse au quotidien, à chaque coin de rue, comment la télévision et le cinéma nous entraînent dans les sphères de l’intimité, même si c’est de la mise en cène... Je m’interroge sur cette espèce de pudeur que nous avons à parler de Dieu. Cette réserve n’est-elle pas un alibi, une manière de rester bien dans les pantoufles de son intimité ?

4/ Peur de la maladresse

Enfin, une quatrième peur, certainement la plus légitime, la peur d’être maladroit. Mais comment parler de sa foi, sans balbutier, en trouvant les bons mots, les bonnes images... sans paraître illuminé, naïf ou bigot, sans être intrusif et sans faire fuir ?

Cette question est intéressante, car elle nous renvoie spontanément à nos peurs précédentes : la peur du jugement, la peur de déranger. 90% de notre maladresse viennent de nos peurs. On est maladroit quand on n’est pas sûr de soi... Tant que j’aurais peur de m’ouvrir aux autres, tant que je redouterai le jugement et le rejet, tant que je craindrais de déranger, je serai un témoin maladroit et balbutiant.

La peur de se livrer, du regard des autres, la peur de déranger ou d’être maladroit montre bien que le problème est d’abord en nous.

En résumé, chacune de ces peurs a besoin d’un antidote : J’en donne 4, chacun est une forme de confiance. 1/ le courage 2/ la fierté 3/ l’amour respectueux 4/ l’humilité persévérante

Vivre et dire sa foi : pourquoi ? Parce que nous avons entre les mains, dans notre coeur un bien extrêmement précieux, qui nous fait vivre, qui nous apporte paix, joie, communion, pardon... Nous ne pouvons pas garder pour nous-même ! Il faut le partager, à nos enfants d’abord et bien au-delà ! Amen

Dimanche 13.08.06

Etre et dire Vivre et dire sa foi à ses enfants et petits-enfants

Textes bibliques :

Psaumes 78, 1-7

1 Poème chanté appartenant au recueil d’Assaf. Mon peuple, écoute bien mes instructions, tends une oreille attentive à ce que je dis. 2 Je veux m’exprimer par une parabole, et dégager les leçons du passé. 3 Ce passé nous est familier, tant nous l’avons entendu raconter, tant nos parents nous en ont fait le récit. 4 Nous voulons non pas le cacher à nos enfants, mais répéter à la génération qui suit les motifs qu’ils ont de louer le Seigneur, sa puissance et les merveilles qu’il a faites. 5 Il a établi une règle pour son peuple, il a institué une loi en Israël. Elle ordonnait à nos ancêtres d’enseigner cette Histoire à leurs enfants. 6 Ainsi la génération qui suivrait, celle des enfants à naître, la connaîtrait à son tour et pourrait répéter à ses propres enfants 7 de mettre leur confiance en Dieu, de ne pas oublier ce qu’il a fait et d’observer ses commandements.

Jean 17,20-26 20 Je ne prie pas seulement pour eux, mais aussi pour ceux qui croiront en moi grâce à leur message. 21 Je prie pour que tous soient un. Père, qu’ils soient unis à nous, comme toi tu es uni à moi et moi à toi. Qu’ils soient un pour que le monde croie que tu m’as envoyé. 22 Je leur ai donné la gloire que tu m’as donnée, pour qu’ils soient un comme toi et moi nous sommes un. 23 Je vis en eux, tu vis en moi ; c’est ainsi qu’ils pourront être parfaitement un, afin que le monde reconnaisse que tu m’as envoyé et que tu les aimes comme tu m’aimes. 24 Père, tu me les as donnés, et je désire qu’ils soient avec moi là où je suis, afin qu’ils voient ma gloire, la gloire que tu m’as donnée, parce que tu m’as aimé avant la création du monde. 25 Père juste, le monde ne t’a pas connu, mais moi je t’ai connu et ceux-ci ont reconnu que tu m’as envoyé. 26 Je t’ai fait connaître à eux et te ferai encore connaître, afin que l’amour que tu as pour moi soit en eux et que je sois moi-même en eux.

Prédication

Inviter à vivre et à dire sa foi de manière plus ouverte et plus audacieuse présente un risque dont j’ai bien conscience : celui de culpabiliser, de faire naître le sentiment que nous n’en faisons pas assez, que nous n’en disons pas assez, que nous sommes des chrétiens timorés,...

1/ Etre : la meilleure manière de dire C’est pourquoi, j’aimerais ce matin apporter une précision importante. Témoigner de sa foi, c’est d’abord vivre sa foi, c’est d’abord être chrétien, chrétienne pleinement, naturellement. L’être précède le dire. Cette parole du Christ suffit à nous le rappeler : « Ce ne sont pas tous ceux qui disent « Seigneur, Seigneur » qui entreront dans le royaume de Dieu, mais seulement ceux qui font la volonté de mon Père qui est dans les cieux. » Matt 7,21

Quand Christ prie pour ses disciples, il désire fermement vivre en eux et qu’ils soient unis afin que le monde croie en lui. « Je vis en eux, tu vis en moi ; c’est ainsi qu’ils pourront être parfaitement un, afin que le monde reconnaisse que tu m’as envoyé et que tu les aimes » Jn 17,23

a) Je vis en eux, Oui, c’est d’abord par notre être de croyant, être en Christ ou Christ en nous que nous témoignons de notre foi. La qualité de notre témoignage dépend de la qualité de notre communion en Christ.

b) c’est ainsi qu’ils pourront être parfaitement un, C’est aussi de par notre unité les uns avec les autres que Christ devient visible. En second lieu, la qualité de notre témoignage dépend de la qualité de nos relations : de couple, familiale, d’église...

Dieu nous veut unis en Christ, unis les uns envers les autres afin que le monde reconnaisse que tu m’as envoyé et que tu les aimes.

Ce texte est aussi l’occasion de faire une précision. L’expression « témoigner de notre foi » est quelque peu maladroite. Au fond, nous rendons témoignage à Christ et à Dieu qui l’a envoyé.

C’est une parenthèse importante qui nous rappelle l’objet de notre témoignage : Dieu. Notre foi est seconde, elle est qu’une manière très humaine de dire comment Dieu vit en nous...

En résumé : Etre (être unis en Christ et les uns avec les autres) est la meilleure manière de dire.

Exemples - témoignages « Nous avons la certitude que nos enfants et petits-enfants sont aimés du Christ, nous les avons confiés dès avant leur naissance et nous continuons à le faire. Prier pour chacun est le plus important. Nous essayons d’être témoin, sans trop de paroles, mais par notre attitude positive et confiante face à l’Eglise, la paroisse et dans la vie de chaque jour. » « Nous voulons laisser transparaître naturellement notre joie et notre reconnaissance. Notre témoignage en couple nous parait très important. »

2/ Dire, c’est donner sens à l’être

Le témoignage en acte ne doit pas nous servir d’argument pour évacuer le dire. Ce serait s’arrêter au cœur du témoignage chrétien. Pour moi, dire sa foi, chercher à la formuler avec des mots, c’est 3 choses : a/ Donner sens à nos actes C’est expliquer l’origine, le pourquoi de nos comportements, de nos choix de vie, de nos convictions. La parole est comme le prolongement de nos actes, elle les éclaire et leur donne sens.

« Dis grand-maman, pourquoi vas-tu tous les dimanche à l’Eglise ? » « Parce que c’est important pour moi : j’y rencontre des amis, je peux parler à Dieu, souvent j’y reçois une parole qui me fais du bien... »

b/ Respecter les droits d’auteur Dire sa foi, c’est aussi une forme d’honnêteté. Une manière de dire au nom de qui, grâce à qui nous vivons et agissons. Notre vie peut susciter des questions... Et il est bon, juste et honnête de dire, quand le contexte est favorable, le pourquoi, la motivation de nos comportements, de nos choix...

« Ben dis, grand-papa, je te trouve souvent bien joyeux et optimiste ! » « Ben tu vois, c’est Dieu qui me remplit de joie et de confiance. Quand je n’ai pas le moral, je prie... » « Grand-maman, ça doit pas être toujours bien rose avec grand-papa ? Comment tu fais ? » « C’est vrai, c’est pas toujours facile. C’est Dieu qui me donne la patience, la force... »

Nommer la source de nos ressources, c’est respecter les droits d’auteur.

c/ Incarner la parole de Dieu Enfin, dire sa foi, c’est utiliser des mots, des expressions, des illustrations qui viennent de nous, de notre histoire. Alors ce sont souvent des mots maladroits, incomplets, parfois confus... Mais ce sont des mots qui sont vrais, authentiques parce qu’ils traduisent comment Christ vit en moi et quelles en sont les conséquences dans mon quotidien. Quand je parle de ma foi, de mes convictions, c’est Mami Rose, Tante Agathe, Oncle Jules, Parrain,... Ce n‘est pas Pierre, Paul, la Bible, le pasteur. Ca fait toute la différence. Le témoignage est une manière d’incarner la parole de Dieu, de montrer son actualité dans ma vie...

Exemples - témoignages : Concrètement, il y a différentes manières de dire sa foi.
-  L’une d’entre vous me disait qu’elle avait l’habitude de chanter avant de coucher ses petits-enfants.
-  D’autres disent des prières avec eux ou les emmènent au culte. Bien sûr, cela est possible si les parents donnent leur consentement.
-  Un couple de grand parent soulignait l’importance d’être à l’écoute et de répondre aux questions. Dans une relation de confiance entre grands-parents et petits-enfants, ces moments privilégiés peuvent s’offrir. C’est vrai que la vie, nos propres difficultés ou celles de nos enfants me permettent pas cette qualité de dialogue pour un temps du moins. Reste alors la prière. Nous en reparlerons le 27.

J’aimerais encore lire un témoignage qui donne deux idées originales pour dire sa foi. Il y a déjà bien des années, que cette question s’est posée à moi. Ne voulant pas être taxée de "bigote" j’ai essayé de ne pas aborder le sujet - réponse de facilité. J’ai pourtant commencé à tenir un journal intime où je relatais ce qui m’habite - comment je vivais ma foi, les expériences et les découvertes, les difficultés aussi - dans l’idée que ce cahier allait circuler parmi mes descendants après mon décès (ce qui est arrivé avec ma mère). ... Et l’idée de prendre la parole samedi lors de notre réunion de famille, où il sera question de mes grands-parents pour relater les souvenirs, m’a séduite : alors je pourrai dire que pour moi, grand’papa était un homme de Dieu, un homme de prière qui m’impressionnait.

Le journal de famille peut être une manière de laisser des traces... D’autre part, les réunions de famille peuvent être une occasion d’évoquer l’exemple de vie et de foi d’un aîné. Les fêtes de famille ont souvent lieu à Noël, à Pâques voici aussi d’excellentes occasions pour lire un texte ou dire un mot pour donner sens à l’évènement du moment. Le Psaume 78 est une magnifique invitation à le faire :

2 Je veux m’exprimer par une parabole, et dégager les leçons du passé. 3 Ce passé nous est familier, tant nous l’avons entendu raconter, tant nos parents nous en ont fait le récit. 4 Nous voulons non pas le cacher à nos enfants, mais répéter à la génération qui suit les motifs qu’ils ont de louer le Seigneur, sa puissance et les merveilles qu’il a faites.

Etre et dire, voilà les deux faces du témoignage. Notre foi sera ainsi à la fois vécue et expliquée. Notre beau slogan réformé : Soli Deo Gloria pourra alors prendre corps dans nos chaumières :

4 Nous voulons ... répéter à la génération qui suit les motifs qu’ils ont de louer le Seigneur, sa puissance et les merveilles qu’il a faites.

Amen

Dimanche 27.08.06

Témoigner : acte concret et spirituel Vivre et dire sa foi à ses amis et collègues

Textes bibliques :

Matthieu 28, 18-20 18 Jésus s’approcha et leur dit : Tout pouvoir m’a été donné dans le ciel et sur la terre. 19 Allez donc auprès des gens de toutes les nations et faites d’eux mes disciples ; baptisez-les au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, 20 et enseignez-leur à pratiquer tout ce que je vous ai commandé. Et sachez-le : je vais être avec vous tous les jours, jusqu’à la fin du monde.

1 Thessaloniciens 1,1-10 1 De la part de Paul, Silas et Timothée. A l’Église de Thessalonique, qui appartient à Dieu le Père et au Seigneur Jésus-Christ : Que la grâce et la paix vous soient accordées. 2 Nous remercions toujours Dieu pour vous tous et nous pensons sans cesse à vous dans nos prières. 3 En effet, nous nous rappelons devant Dieu notre Père votre foi si efficace, votre amour si actif et votre espérance si ferme en notre Seigneur Jésus-Christ. 4 Nous savons, frères, que Dieu vous a aimés et vous a choisis pour être à lui. 5 En effet, quand nous vous avons annoncé la Bonne Nouvelle, ce ne fut pas seulement en paroles, mais aussi avec la puissance et le secours du Saint-Esprit, et avec une entière conviction. Vous savez comment nous nous sommes comportés parmi vous, pour votre bien. 6 Vous avez suivi notre exemple et celui du Seigneur ; malgré la détresse qui était la vôtre, vous avez reçu la parole de Dieu avec la joie qui vient du Saint-Esprit. 7 Ainsi, vous êtes devenus un modèle pour tous les croyants de Macédoine et d’Achaïe. 8 En effet, non seulement la parole du Seigneur s’est propagée de chez vous en Macédoine et en Achaïe, mais encore c’est partout que la nouvelle de votre foi en Dieu s’est répandue. Nous n’avons donc pas besoin d’en parler. 9 Tous racontent comment vous nous avez accueillis quand nous sommes allés chez vous et comment vous avez abandonné les idoles pour vous tourner vers Dieu, afin de le servir, lui, le Dieu vivant et vrai. 10 Vous attendez que Jésus, son Fils, vienne des cieux. C’est lui que Dieu a ramené d’entre les morts ; il nous délivre du jugement divin, qui est proche.

Prédication

1/ Puissance de Dieu et engagement humain

Pour parler du témoignage chrétien, il y a deux couples incontournables. Nous avons déjà parlé du couple « être et dire ».

Aujourd’hui, nous nous pencherons sur le couple « Puissance de Dieu et engagement humain ».

Je reviens une nouvelle fois sur ce texte clé de l’envoi des disciples pour montrer sa structure :

Matthieu 28, 18-20 18 ... « Tout pouvoir m’a été donné dans le ciel et sur la terre. 19 Allez donc auprès des gens de toutes les nations et faites d’eux mes disciples ; baptisez-les au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, 20 et enseignez-leur à pratiquer tout ce que je vous ai commandé. Et sachez-le : je vais être avec vous tous les jours, jusqu’à la fin du monde. »

A/ Ce texte commence avec une affirmation forte du pouvoir accordé par Dieu à son Fils. Le pouvoir du Christ sur la terre a été révélé abondamment au cours des 3 ans de sa vie et les disciples en ont été témoins. Maintenant, au moment où Christ quitte ses disciples, ils ont besoin d’entendre qu’au ciel aussi, Christ continuera à exercer son pouvoir... Christ continue à régner auprès de son Père ! • Est-ce une vérité que nous arrivons à assimiler ? Quelle représentation nous faisons-nous de l’activité du Père et du Fils ? • Est-ce que nous croyons qu’ils sont réellement actifs, souverains,... ? • Où sommes-nous prisonniers de nos repères cartésiens qui souvent limitent le possible de Dieu à nos propres moyens ?

« Tout pouvoir m’a été donné dans le ciel et sur la terre. » Voilà une affirmation massive à méditer, à mastiquer... Le mot pouvoir doit être replacé dans le contexte du Royaume et détaché de notre compréhension humaine du pouvoir...

B/ Comme nous l’avons déjà vu, c’est en vertu de ce pouvoir que Christ nous envoie. Les 4 impératifs qui précisent notre mission sont fondés sur ce pouvoir.

A’/ Pour clore ce passage, Christ affirme à nouveau sa présence sous forme d’une promesse : « Je vais être avec vous tous les jours, jusqu’à la fin du monde. » Vous ne serez pas seuls dans l’exercice de votre mission, je me tiendrai à vos côtés, je vous donnerai les ressources dont vous avez besoin. C’est magnifique : non seulement Christ nous donne son pouvoir, mais il nous assure de sa présence ! Pouvoir et présence de Dieu sont les deux piliers spirituels de notre témoignage. L’action de Dieu encadre notre action, elle lui donne sens, elle lui donne les moyens et les encouragements dont nous avons besoin.

Quand Paul rappelle aux Thessaloniciens comment l’Evangile leur est parvenu, il dit ceci : « Quand nous vous avons annoncé la Bonne Nouvelle, ce ne fut pas seulement en paroles, mais aussi avec la puissance et le secours du Saint-Esprit, et avec une entière conviction/merveilleux accomplissements. » Litt : « L’Evangile n’est pas arrivé chez vous en paroles seulement, mais en puissance, en Esprit Saint et en grande plénitude. »

a) « pas seulement en paroles » C’est-à-dire, pas seulement avec la persuasion des arguments, ou l’éloquence des discours...

b) « en puissance » Cela désigne d’une part les actes miraculeux accomplis par les apôtres, mais surtout la puissance contenue dans l’acte même de la prédication de la BN. Parler, témoigner de la mort et de la résurrection du Christ n’est pas un acte anodin. C’est un message qui a une force d’interpellation, de retournement,... Il y à dans l’annonce de la BN une puissance capable de retourner des vies, capable de les remettre d’aplomb, en route, une puissance qui dépasse les thérapies de tout ordre ...

c) « en Esprit Saint » Nous savons qu’il n’y a pas de prédication, de témoignage authentique sans l’action de l’Esprit Saint. C’est lui qui rend la parole efficace : la Parole de Dieu, mais aussi notre parole, notre témoignage aussi timide et maladroit soit-il.

d) « en grande plénitude » C’est une expression difficile à traduire. S’agit-il de la plénitude de l’Esprit qui agit en profondeur ? On peut aussi traduire comme la TOB par « accomplissements » : « avec de merveilleux accomplissements ». Il s’agit alors des « résultats » des conséquences de l’annonce de la BN parmi les Thessaloniciens.

Je vous invite à retenir de ces trois mots : « puissance », « Esprit Saint » et « plénitude » ou « accomplissement », l’idée que la prédication et le témoignage sont aussi des actes spirituels, où Dieu agit. Dieu est actif au cœur de notre action, de notre engagement, de notre parole.

Témoignage qui illustre la présence de Dieu en nous : Témoigner du Christ relève d’une relation plus intime avec l’ Envoyé de ce même Dieu, qui nécessite une foi fondamentalement différente faite d’espérance et de communion. La Sainte Cène en est le témoignage, les prémices... Au fil des ans et de ma maturation, Jésus devient pour moi plus humain, comme s’il était mon aîné dans mon travail alors que Dieu est le PDG.

Témoignage qui illustre l’action de Dieu au travers de notre personne : Ma foi m’amène à avoir des attitudes, des réactions différentes des gens qui m’entourent. En général, les gens le remarque et cela nous amène sur des terrains de discussion vraiment intéressants car ils se rendent compte que quelque chose de « différent » m’anime et désirent en connaître la clé, dans un monde sans repères où s’amuser à tout prix et « casser » l’autre (par exemple) sont de rigueur. Lorsque j’ai eu de telles conversations, le respect réciproque est alors étonnant !

2/ Prière et engagement

Le couple « Puissance de Dieu et engagement humain » peut se traduire aussi par « Prière et engagement ».

Cette parole de Paul dit l’essentiel : « Nous remercions toujours Dieu pour vous tous et nous pensons sans cesse à vous dans nos prières. »

La prière est le lieu où se celle la collaboration entre Dieu et nous. La prière est le fondement et la clé de voûte de notre témoignage.

a) La prière prépare notre témoignage Prier pour ceux qui nous entourent, c’est leur faire une place dans nos pensées, dans nos préoccupations. La prière nous « donne des idées » de gestes et de paroles d’amitié et d’attention. La prière nous aide à discerner comment être et dire de manière naturelle et adéquate. Enfin, la prière offre à Dieu un espace d’intervention où ce qui nous paraît impossible devient possible par sa grâce.

b) La prière soutient notre témoignage La prière est une invitation au Saint-Esprit qui donne à notre témoignage : courage, authenticité et joie. L’Esprit rend notre témoignage parlant malgré notre maladresse. L’Esprit rend Dieu sensible au travers de notre personne.

c) La prière prolonge notre témoignage Enfin, la prière permet un suivi : « porter les gens » dans la prière. La tendance est plutôt de « laisser tomber » et d’abandonner. La prière entretient l’endurance du témoignage.

Témoignage de Stany Rochat, Echichens : 1. En vivant et agissant de la façon que je pense juste, même si cela va à contre-courant et que ça semble difficile. Si les gens sont interpellés ou choqués, qu’ils me posent des questions, j’explique pourquoi. Je sais que Dieu m’aime et que la foi en lui amène des réponses et des solutions et c’est pour cela que je n’ai pas envie de la garder pour moi. Si ma foi était une affaire privée, qui ne change pas ma vie, je n’en aurais vraiment pas besoin !!!

2. Prière pour discernement pour savoir si c’est la bonne chose à dire, car n’importe quel témoignage n’est pas opportun à n’importe quel moment Prière pour que l’Esprit puisse faire germer les graines que j’ai pu planter, en sachant que ce n’est pas à moi de convaincre par mes propres mots.

Amen

Olivier Bader, juillet-août 06