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Vision et Mission

Culte de bénédiction des catéchumènes, Rameaux 2009

Jésus appelle les disciples avec ces mots : "Suivez-moi, et je vous ferai pêcheurs d’hommes." Le texte poursuit : "Aussitôt, ils laissèrent les filets, et le suivirent." Cela semble si simple... Aujourd’hui, comment Dieu nous appelle-t-il, quelle vision, quelle mission nous confie-t-il ?

Introduction

Barak Obama : Yes we can ! Nous avons été nombreux a suivre l’ascension du nouveau président des EU. Cette campagne et son élection ont été particulièrement médiatisées. Plusieurs raisons :
-   Le charisme de BO, son jeune âge, son énergique élégance,... son art oratoire,...
-   Le contexte de crise au EU et dans le monde accentue le besoin d’un sauveur charismatique.
-   Les origines africaines de BO et l’histoire récente des EU  une autre figure.

Martin Luther King : We shall overcome

MLK est un pasteur, fils de pasteur, né en 1929 et assassiné, il y a 41 ans à un jour près, le 4 avril 1968. MLK est né dans un contexte de ségrégation raciale, où la vie des noirs était socialement et politiquement impossible. Il a connu la haine des noirs et a développé en lui, la haine des blancs. Il s’engage dans les années 60 pour l’égalité des droits, en particulier pour le libre accès à l’école et à la formation et pour l’accès aux droits civiques. Il le fait dans une lutte pacifique, inspirée par le mouvement non violent de Gandhi, en Inde. Son engagement et son mouvement aboutiront à la reconnaissance complète des droits sociaux et civiques des noirs américains. Le 23 août 1965, devant le mémorial d’A Lincoln (le président qui avait aboli l’esclavage, un siècle plus tôt), le lieu même où BO a été investi dans ses fonctions présidentielles, MLK prononce un discours qui reste encore dans les mémoires et que certains élèves apprennent en cours d’anglais :

« "Je vous le dis aujourd’hui, mes amis, bien que nous devions faire face aux difficultés d’aujourd’hui et de demain, j’ai tout de même un rêve. C’est un rêve profondément enraciné dans le rêve américain." Je fais le rêve qu’un jour, cette nation se lève et vive sous le véritable sens de son credo : “Nous considérons ces vérités comme évidentes, que tous les hommes ont été créés égaux.” Je fais le rêve qu’un jour, sur les collines rouges de la Géorgie, les fils des esclaves et les fils des propriétaires d’esclaves puissent s’asseoir ensemble à la table de la fraternité. Je fais le rêve qu’un jour, même l’État du Mississippi, désert étouffant d’injustice et d’oppression, soit transformé en une oasis de liberté et de justice. Je fais le rêve que mes quatre jeunes enfants vivront un jour dans une nation où ils ne seront pas jugés pour la couleur de leur peau, mais pour le contenu de leur personne. Je fais ce rêve aujourd’hui ! Je fais le rêve qu’un jour là-bas en Alabama, avec ses racistes vicieux, avec son gouverneur aux lèvres dégoulinantes des mots interposition et annulation ; un jour au fin fond de l’Alabama les petits garçons noirs et les petites filles noires puissent joindre leurs mains avec les petits garçons blancs et les petites filles blanches, comme des frères et des sœurs. Je fais ce rêve aujourd’hui. Je fais le rêve qu’un jour chaque vallée soit glorifiée, que chaque colline et chaque montagne soit aplanie, que les endroits rudes soient transformés en plaines, que les endroits tortueux soient redressés, que la gloire du Seigneur soit révélée et que tous les vivants le voient tous ensemble... »

Voilà donc un homme habité par un rêve, une vision... Cet homme a su partager sa vision, la communiquer avec tout son cœur. Ainsi, avec beaucoup d’autres (noirs ET blancs !) il s’est mis en marche pour mettre en œuvre sa vision... ... et sa vision est devenue « mission », un mouvement de changement patient et finalement libérateur. Et nous autres, catéchumènes, parents, paroissiens, quelle est notre vision, quelle est notre mission ?

Cette question rebondira à plusieurs reprises au cours de culte...

1ère partie : La vision de Pierre

Lecture : Matthieu 4 18 Comme il marchait le long de la mer de Galilée, il vit deux frères, Simon, appelé Pierre, et André, son frère, qui jetaient un filet dans la mer ; car ils étaient pêcheurs. 19 Il leur dit : Suivez-moi, et je vous ferai pêcheurs d’hommes. 20 Aussitôt, ils laissèrent les filets, et le suivirent.

Barak Obama, MLK,... et Pierre ! Pierre est un homme attachant... parce qu’il nous ressemble tellement ! C’est d’abord un pêcheur, un homme de la mer, habitué aux éléments naturels, j’allais dire quelqu’un qui a les pieds sur terre... Pierre est un homme comme vous et moi, dont Jésus croise la route. De cette rencontre va naître une relation d’amitié avec Jésus et avec les autres disciples, une relation avec des hauts et des bas (déclaration de soutien enflammée, trahison, réconciliation...) Après la mort de Jésus, Pierre devient un apôtre, un chef de l’Eglise, en particulier de l’Eglise de Jérusalem. Rien ne nous dit que Pierre était un intellectuel, versé dans la religion, destiné à devenir un des pionniers de l’Eglise chrétienne ! Comment ce pêcheur va-t-il quitter ses filets pour devenir le premier apôtre de l’église de J-C ? Tout commence par une vision, ou un appel : « Comme il marchait le long de la mer de Galilée, il vit deux frères, Simon, appelé Pierre, et André, son frère, qui jetaient un filet dans la mer ; car ils étaient pêcheurs. Il leur dit : Suivez-moi, et je vous ferai pêcheurs d’hommes. Aussitôt, ils laissèrent les filets, et le suivirent. » Jérémie (interlocuteur fictif) : « Alors là, ça a vraiment l’air un peu facile ! Ils ne le connaissent même pas ! Suivez-moi ... Et puis hop, il laissent tout et le suivent ! » Effectivement, pas de présentation, pas de formalité, pas de contrat, pas de condition,... Une seule parole ! Alors bon, il y a certainement eu plus que cela... Dans l’Evangile de Luc, il est raconté comment Jésus donne un signe à Pierre et André. C’est suite à une pêche miraculeuse que Pierre reconnaît en Jésus son Seigneur. « Suivez-moi... » Le récit laisse l’impression que l’autorité de Jésus, la force de son appel était suffisante pour convaincre Pierre... Au fond, Pierre entend une parole, mais surtout il voit en ce Jésus, son maître, son Seigneur. Pierre a une vision de qui est réellement Jésus. Cela est confirmé par un autre texte qui dit ceci :

Lecture : Matthieu 16 13 ¶ Jésus se rendit dans le territoire de Césarée de Philippe. Il demanda à ses disciples : Que disent les gens au sujet du Fils de l’homme ? 14 Ils répondirent : Certains disent que tu es Jean-Baptiste, d’autres que tu es Élie, et d’autres encore que tu es Jérémie ou un autre prophète. - 15 Et vous, leur demanda Jésus, qui dites-vous que je suis ? 16 Simon Pierre répondit : Tu es le Messie, le Fils du Dieu vivant. 17 Jésus lui dit alors : Tu es heureux, Simon fils de Jean, car ce n’est pas un être humain qui t’a révélé cette vérité, mais mon Père qui est dans les cieux.

Alors que les gens se demande encore qui est ce Jésus de Nazareth, Pierre lui dit franchement : « Tu es le Messie, le Fils du Dieu vivant. » Pierre a mûri, il reconnait maintenant Jésus comme l’envoyé de Dieu, son propre Fils... • « Tu es le Messie, le Fils du Dieu vivant » c’est celui que Dieu a choisi pour conduire et sauver ses enfants. • C’est celui qui nous connait et nous aime depuis toujours. C’est pourquoi, il veut nous entraîner dans une relation vraie et intime. Une relation faite de dialogue, de confiance et d’obéissance. • Celui qui est capable d’orienter notre vie, de lui donner sa dignité, celle d’enfant de Dieu. Jésus nous a lui-même montré comment vivre fidèlement au projet de Dieu. Jérémie : « OK, OK, ça c’est la théorie, mais concrètement, ça se passe comment ? »

Le texte nous aide à comprendre que Pierre n’est pas plus intelligent que les autres, mais il est éclairé par Dieu lui-même : « Tu es heureux, Simon fils de Jean, car ce n’est pas un être humain qui t’a révélé cette vérité, mais mon Père qui est dans les cieux. »

C’est le mystère de la foi. C’est Dieu qui appelle, c’est Lui qui nous ouvre les yeux, qui nous aide à voir ce que naturellement nous n’arrivons pas à voir. Dieu nous demande simplement d’avoir l’honnêteté, l’ouverture de cœur pour entendre sa voix, et pour voir.

Prenons l’ex. de MLK. Il est né dans un contexte de haine et d’acceptation. Enfants, lui et ses camarades haïssaient les blancs qui avaient les privilèges. En grandissant et au cours de ses études de droit et de théologie, il a fait tout un chemin pour dépasser cette haine et pour concevoir un mode d’action non violent. Mais comment cela a-t-il été possible ?

Certainement parce qu’il a accepté d’évoluer, de ne pas rester prisonnier de son histoire, de ses sentiments et de ses préjugés. Mais la vraie question est : Qui a agit dans son cœur et son esprit pour permettre cette évolution ? Qui lui a donné cette capacité de voir l’autre, le blanc, comme un frère, une sœur potentiel ? Qui lui a donné cette vision d’un monde régit par des règles d’égalité et de respect ? Qui a fait naître cette vision, ce rêve apparemment fou ? Je crois que Dieu est cet acteur discret, mais efficace qui a agit en MLK. Le héro, ce n’est pas MLK, ce n’est pas Pierre qui laisse tout pour suivre Jésus, c’est Dieu qui appelle et qui met en mouvement. C’est grâce à l’Esprit de Dieu que Pierre dit « Seigneur », « Tu es le Messie, le Fils du Dieu vivant. » Voilà la vision de Pierre. Tout commence là.

Et nous autres, catéchumènes, parents, paroissiens, quelle est notre vision ? Savons-nous pourquoi, « en vue de quoi », nous vivons, nous étudions, nous travaillons ? Chers amis, quelle est votre vision de la vie, de votre avenir, quels sont vos buts ? Dieu est-il celui qui façonnera vos choix, qui y laissera son empreinte, aura-t-il son mot à dire, sa vision à vous transmettre ?

2ème partie : La mission de Pierre

Matt 4, 19 « ...Suivez-moi, ...et je vous ferai pêcheurs d’hommes. » Quand Jésus appelle, il donne une vision et aussi une mission. Elle est au futur : « je vous ferai pêcheurs d’hommes. » Pour l’instant Pierre et les onze disciples vont suivre Jésus, l’observer, l’écouter, le questionner, le voir réagir dans des situations de stress, de danger... Bref, ils sont en formation. Mais ils savent déjà dans quelle direction, ils vont aller, quelle mission sera la leur. « Pêcheurs d’hommes » ! Jérémie : « Pêcheurs d’hommes ! C’est quoi ce trip !?! »

OK... Pierre, André, Jacques et Jean sont des pêcheurs de poissons. D’ailleurs, ils n’abandonneront pas leur métier. Mais Jésus va les former à un autre type de pêche. Leurs dons, leurs qualités vont être orientés dans une autre direction, vers les autres. Ils ne vont pas vivre uniquement pour leur commerce et leur famille. Ils vont s’ouvrir aux services des autres... Ils vont chercher à conduire les autres sur les pas de Jésus. Ils vont transmettre plus loin l’appel du Christ. Ils vont chercher à vivre le double commandement d’amour de Dieu et du prochain. Ils n’inventent rien de nouveau. Ils ont maintenant un modèle, une vision : Jésus, le messie, le fils du Dieu vivant ! Ils vont simplement vivre selon la vision et le modèle qu’ils ont devant les yeux et entraîner les autres à leur suite. Jérémie : « Au fond, un disciple-pêcheur-d’homme, c’est celui qui entraîne les autres à devenir disciple-pêcheur-d’homme. » C’est ça.

On constate aussi que Jésus a confié à Pierre une mission plus précise. Il lui a dit : « ... tu es Pierre et sur cette pierre je construirai mon Église. » Jésus a reconnu en Pierre un chef, un homme de tête avec des qualités de fonceur et de meneur. Alors il précise la mission de Pierre et lui confie la responsabilité d’encadrer l’église qui va naître. Et Pierre deviendra ce serviteur de Dieu qui aura la lourde charge de conduire les autres, quand Christ ne sera plus là. Il devra encourager dans un climat de persécution, il devra organiser, alors que tout est à faire. Il sera un meneur d’hommes et de femmes. Et nous autres, catéchumènes, parents, paroissiens, quelle est notre mission ? Quels sont tes dons et tes qualités ? Comment pourras-tu être au service des autres dans ce monde ? Comment agiras-tu pour que les choses bougent vers un monde plus proche de ce que Dieu demande : un monde plus juste, plus écolo, avec moins de discrimination, un monde où les richesses et les ressources sont mieux partagées ? Un monde tourné vers Dieu et pas centré sur l’homme !

3ème partie : Le prix de la mission

Alors Jérémie, « vision », « mission », t’as suivi la moindre ?

«  Hein ? Attends un peu... » (Jérémie à l’ordi, dans un fauteuil, avec un casque)

T’es scotché à ton ordi !?

« Mais non, j’suis prêt à te suivre, quand tu veux ! » (En se levant, il s’empêtre dans ses câbles.)

Jérémie, c’est pas de ta faute, (en s’asseyant à côté de Jérémie) t’es né comme moi dans un monde de divertissement et de consommation.

Ouai, t’as raison (en mangeant des chips)

Pour revenir à Pierre. Quand il suit Jésus, il laisse sa barque et son filet... Si tu veux entrer dans la vie, avec une vision et mener à bien ta mission, y a des choix à faire. La société nous disperse dans une foule d’activités : le travail, la famille, les loisirs, ... beaucoup de ces choses sont importantes et belles. Mais le résultat, c’est que l’homme moderne est dispersé ! Maintenant, quand Jésus nous appelle à le suivre, il nous invite à nous centrer sur l’essentiel : Dieu et les autres. La société nous invite à nous remplir le ventre et nous encombre les bras de plein de trucs inutiles. Même quand il y a la crise ! Alors qu’on pourrait souffler un coup. Non, il faut relancer la machine économique, donc la consommation.

Donc, on bouf et on bouf...

Quand le Christ nous envoie en mission, il nous invite à donner, à servir,... on commence à voir les autres, surtout ceux qui n’ont rien... Et en donnant, en se donnant, on se sent plus léger, plus libre...

C’est un régime fitness quoi ? Ok, et puis Obama et MLK dans tout ça ?

Bon Obama, on attend pour voir. MLK, lui est entré dans l’histoire parce qu’il est allé au bout de sa vision, il a mené sa mission aussi loin qu’il a pu le faire avec l’aide d’autres personnes, avec l’aide de Dieu.

Bon franchement, lui il a mal fini. T’as pas un autre exemple ?

C’est vrai, Pierre aussi est mort en martyre. ça nous montre que les missions que Dieu nous donne sont risquées, ça coûte. On n’échappe pas à la question de l’engagement, du renoncement... Mais en choisissant de suivre le Christ et d’accomplir la mission qu’il nous confie, on n’est jamais perdant !

Ah je sais, il y a Sœur Emmanuelle ! Elle a vécu un bon bout de temps !

La vraie question, c’est qui seras-tu, toi Jérémie. Tu ne seras peut-être pas apôtre ou frère. Mais avec ton métier, tes qualités, ta vie de famille qui seras-tu pour Dieu ?

OK, je comprends ta question. Si je résume : 1. Quelle sera ma vision ? 2. Quelle sera ma mission ? 3. Suis-je prêt à m’engager ?


Culte du 05.04.09 ; Olivier Bader