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Vendredi Saint : Quelle volonté de Dieu ?

Vendredi Saint, c’est la fête du mulet qui n’est pas encore arrivé à la carotte. La carotte, c’est Pâques. Le mulet chargé de tous son fardeau, c’est vendredi saint

Souvent, comme chrétiens, nous parlons magnifiquement bien de Pâques, mais nous sommes plus démunis dans la manière d’apprivoiser notre condition de mulets encore chargé de notre croix.

Et notre croix prend du sens en regard de celle du Christ. ** Quand on parle de Jésus sur la croix, on a souvent ces phrases toutes faites, issues de la tradition, qui sont intéressantes et riches, certes, mais qui, mal tournées, pourraient facilement être teintée de fatalisme ou de drôles d’idées sur Dieu.

Par ex : - La mort de Jésus était voulue par Dieu, ...en vue racheter nos péchés : On pourrait croire que Dieu se fait complice d’un assassinat, c’est un tantinet révoltant non ?

un autre exemple : la mort de Jésus était annoncée de longue date dans l’AT, il fallait que cela se produise : on pourrait croire qu’il y a une fatalité, le destin de J est joué d’avance.

-  et finalement on en arrive à croire que si la volonté de Dieu, c’était autrefois les souffrances et la mort de Jésus,

aujourd’hui, les souffrances dans le monde sont peut aussi désirées, ou du moins utiles ?

Je suis foncièrement opposé à ces idées

C’est pour cela que j’aimerai vous proposer une autre approche de la croix : *** L’homme aime les explications, ça rassure : et on explique que la mort de Jésus était néc pour sauver tous les hommes. Et on dit que la fin justifie les moyens.

Cependant je n’y crois pas : après des histoires comme celle de la brebis perdue, je doute fort que Dieu organise la mort d’une brebis pour sauver toutes les autres.

Pour Dieu, je ne crois pas que la fin justifie les moyen, (qu’on puisse tuer pour obtenir la paix) mais qu’au contraire, (dans la mesure du possible) la fin se trouve dans les moyens. Le moyen est de la même trempe que le but. La volonté de Dieu, n’est pas que Jésus soit à tout prix exécuté sur la croix, LENT : Mais qu’il remplisse totalement sa mission, son chemin d’incarnation et d’annonce de l’amour de Dieu.

La souffrance n’est pas un but en soi, La souffrance fait partie de ce monde, elle est inhérente à la condition humaine, elle peut venir de nous, des autre, mais pas de Dieu. Par contre Dieu nous donne la force de la traverser.

Durant la vie de Jésus, D’abord, l’amour, la lumière ruissellent partout où il passe. Puis, de mois en mois la violence des pharisiens se fait de plus en plus menaçante, et il finit par se retrouver devant un év inéluctable : la condamnation à mort. Il fait face en Fils de Dieu. Par l’acceptation de la croix, il va transmettre le même message que durant sa vie, ni plus ni moins : Aime Dieu et ton prochain.

Simone Paccod va dans le même sens en disant que : LENT La volonté de Dieu se manifeste dans la façon dont Jésus va vivre ce drame, et non dans le fait que cet événement est voulu par Dieu.

Jésus va vivre la croix, que ce soit un év voulu par Dieu ou pas, il va vivre la croix comme un fils de Dieu.

C’est-a dire, comme fil de Dieu incarné, proche de nous, Il va connaître la souffrance, le désert intérieur, le désespoir. Il lutte, se sent abandonné, *** et puis un déclic : il cesse de résister, et fait un saut dans la foi en disant :

"Non pas comme je veux, mais comme tu veux, ..." Est-ce que cela veut dire : comme tu veux que je meure toi qui m’a envoyé à la croix ? ou au contraire : comme tu veux que je vive cet événement.

Quoi qu’il en soit, il accepte l’épreuve comme il accepte la vie, et il accepte la force de Dieu pour lui donner du sens.

Non pas comme je veux, mais comme tu veux, ... comme tu veux que je vive cet événement.

Il vit cette fin en Fils de Dieu, dans une attention exemplaire de ceux qui l’entourent : ses bourreaux, sa mère, ces 2 brigands.

Il ne subit plus la souffrance, mais il la transforme : Ne vous y trompez pas, dit-il : ma vie, on ne me l’enlève pas, je vous la donne !

L’échec il le transforme en victoire. Et la victoire de Pâques, c’est d’abord la victoire de Vendredi saint. Vivre en Fils, aimant les hommes jusqu’à la fin.

C’est le déclic qu’on peut nous aussi sentir dans nos combats, lorsque nous sommes des mulets sous notre charge :

Non pas comme je veux, mais comme tu veux, ... comme tu veux que je vive cet événement.

Vivre avec nos croix comme Dieu le désire, comme des fils et filles de lumière nous aussi, dans une attention accrue pour ceux qui nous entourent (comme Jésus et sa mère), dans un pardon accru (comme Jésus et ses bourreaux), dans une qualité de relation aux autres, en demandant à Dieu la force nécessaire.

Le moyen et la manière de vivre est plus importants que le but. C’est ainsi que nous sommes appelés à vivre en enfant de Dieu...dans la vie facile, et dans la vie difficile

Alors oui, par la mort de Jésus, sa manière de la vivre en Fils, Dieu nous offre sa grâce, et nous sauve. C’est là, la graine de la résurrection. C’est là déjà, la victoire de la croix.

Amen


Prédication D Heller Vendredi Saint 2008