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Veillée de Noël
Joseph
1ère partie : L’histoire de Joseph
Noël est une magnifique fête... Mais c’est à nous de la reconstruire soigneusement chaque année. Car rien n’est joué d’avance, car qui nous dit que nous retrouverons aujourd’hui, le Noël de l’an passé, ou le Noël de n enfance ?
Bon, c’est vrai que la date de Noël revient assurément chaque année au même moment, c’est vrai que les décorations de Noël reviennent, c’est vrai que les biscuits et les bons chocolats chauds reviennent à coup sûr, Mais Noël, l’esprit de Noël, c’est plus que cela encore.
Noël est une "histoire" nouvelle à construire avec nous, avec celui ou celle que nous sommes devenus, avec les éven de cette année qui ont transformé notre réalité.
Noël est une histoire nouvelle à construire chaque année. Pour cela nous pouvons nous inspirer d’un personnage souvent mis en marge : Joseph. le fiancé puis l’époux de Marie, Joseph de lignée du roi David. Joseph le Charpentiers
Joseph est un personnage pour lequel j’ai beaucoup d’admiration : D’abord parce que c’est quelqu’un de discret... d’étonnement discret. Dans l’histoire de Noël, à la fois il est au centre, il en fait partie intégrante, à la fois il est légèrement mis côté, il est gentiment "shooté" au coin de l’image (c’est ce qu’on remarque en tout cas dans les peintures qu’on a fait de lui)
Joseph, cet homme tout simple, se trouve embarqué dans une sacrée histoire, une histoire qu’il n’a pas prévue d’avance, mais comme souvent dans la vie, une histoire qui lui tombe dessus. source de bien des cheveux blancs !
Il apprend la nouvelle d’un enfant hors mariage.Rien que cela !
Quand il l’apprend ses fiançailles ont failli tourner au vinaigre.. ...mais il décide de rompre en secret, en secret par respect pour Marie. Mais voilà, dans un rêve, un ange lui dit : "Ne romps pas tes fiancailles, n’aie pas peur d’épouser Marie, car si elle attend un enfant, c’est par le St Esprit" Alors Joseph revient sur sa décision, confiant dans cette parole du messager de Dieu. Pourtant, cette annonce du Saint Esprit et du petit laisserait quiconque pour le moins perplexe et craintif ! L’ange dit encore à Joseph qu’il devra l’appeler Jésus, car ce nom annonce qu’il sera un sauveur pour son peuple.
et toute cette histoire dans le stress qui les ont fait voyager, avec une f enceinte, pour des raisons purement administratives, le recensement !
Ainsi Joseph se trouve face
à ces nouvelles et cette réalité qui bouleverseront sa vie,
il est appelé à faire un choix :
entrer dans cette histoire avec Marie, et accepter l’avenir qui pointe - ou refuser et fuir.
On le sait, non seulement Joseph fait preuve de courage, en acceptant d’entrer dans cette histoire Mais en plus, il choisit de s’y investir avec toute sa bonne volonté, toute son énergie et sa capacité d’accueil. Il accepte, et il s’investit dans cette histoire, qui devient la sienne
2ème partie Chemin de Joseph...bouleversement
Joseph a dû faire un énorme chemin sur lui-même : il a à se confronter à une réalité difficile, troublante. N’y a -t-il rien de plus bouleversant que d’être mis en doute quand on est amoureux. Et comment comprendre ce que Maire raconte ? Voilà Joseph en pleine confusion. Dans son sommeil, il dialogue avec l’ange et à son réveil, il accepte de se ré-engager auprès d’elle et d’endosser son rôle de père adoptif. Révolution intérieure... combat où il se laisse finalement pacifier...Où il se laisse à nouveau toucher par l’amour, celui de Marie celui de Dieu.
Oui, ce n’est pas seulement son regard sur Marie que Joseph a dû changer, mais peut-être plus celui qu’il portait sur Dieu. Comme Juif pratiquant, il vivait une relation à un Dieu juste, un Dieu qu’on ne voit pas, puissant et Maître de sa Création. Avec la naissance de l’enfant, Dieu se donne à voir...Dieu se livre au risque de la rencontre, en faisant irruption dans son histoire, à lui Joseph... Joseph va en avoir besoin du temps pour s’ajuster...il va traverser les vagues de l’inconfort, pour accepter petit à petit de se laisser couler dans quelque chose de nouveau.
Je crois que cette manière de la représenter assis pensif au moment de la naissance vient bien pour nous dire qu’il y a chez lui un bouleversement énorme, qui l’oblige à sortir de lui-même.
Oui, Dieu n’est pas une expérience toute simple, et idyllique, Dieu est chemin qui ouvre celui qui cherche à se faire attentif à la vie qui naît. Une vie qui éveille à une vie encore plus belle est plus forte.
3ème partie
Le chemin de Joseph, c’est le nôtre
Joseph a dû « travailler » principalement sur deux choses : comment accepter la réalité de ce qui arrive à Marie, Et comment accepter ce Dieu qui intervient ainsi.
Noël, cela n’est pas facile, cela éveille la nostalgie, de ce que nous avons reçu, mais aussi de ce qui nous a été pris...et surtout de ce que nous aurions voulu avoir. Souvent, nous éprouvons une foule de sentiments contradictoires, animés par l’illusion que les choses devraient être autres (nos carrières, notre renommée, l’image que nous avons de nous-mêmes et que nous donnons aux autres, mais aussi l’état du monde avec ses guerres, sa violence). Oui, les choses devraient être autres si Dieu était Dieu et s’il s’occupait vraiment de nous et du monde.
Je crois que nous avons à cheminer comme Joseph, pour accepter la réalité, et pour avancer. Noël ne change rien au cours de évènements, il ne suffit pas que Jésus naisse pour que tout change...
et pourtant tout a changé - sinon le fêterait-on encore ?
Nous avons bel et bien à travailler les mêmes obstacles que Joseph Comment est-ce que j’accepte les réalités de ma vie, qu’est-ce que j’en fais Et est-ce que je me laisse bouleverser dans ma relation à Dieu : Résistance, et choix à poser : ou nous n’allons rien construire de nouveau ou nous acceptons d’entrer dans l’inconfort...pour progresser.
Bouleversement de la relation : Dieu n’est pas tout puissant, loin de nous, nous laissant « tomber », mais il vit en nous, avec nous, pour nous. Dieu n’est pas difficile ment accessible, mais il se manifeste comme une présence à nos cotés, fragiles entre nos mains comme un enfant nouveau-né, demandant que nous prenions soin de lui...
Dieu se donne à voir... il se livre au risque de la rencontre, en pénétrant dans l’histoire des hommes et dans l’histoire de chaque homme et de chaque femme. Pas comme nous l’imaginerions mais concrètement...jusque dans les petits recoins de notre vie.
A travers ce qui nous surprend et non pas ce que nous aimerions. Mais où nous pouvons découvrir que dans nos coups durs, il ne s’agit pas de demandons à Dieu de nous les épargner mais de se trouver à nos cotés pour les partager. Dieu n’est pas tout puissant, mais il vient vivre auprès de nous, pour nous, en nous Il prend avec nous aussi un énorme risque :celui que nous ne le recevions pas - et cela le monde d’aujourd’hui nous le montre bien, qui oublie même jusqu’à l’existence de Dieu.
4ème partie
Joseph a eu de l’aide pour se mettre en route : Sur son chemin, il a eu des songes et l’ange lui a glissé aux oreilles des paroles d’espérance. Il a pu construire une histoire nouvelle, il a pu habiter son espérance.
Est-ce que nous avons des anges aujourd’hui ? Oui, n’y a-t-il pas aussi encore dans nos sommeils des anges qui viennent inscrire leurs rêves d’espérances derrière nos yeux,pour animer nos réveils et nos espérances.
Mais dans les temps de déceptions ou de doutes, quand il nous arrive une épreuve tragique, la question ne peut manquer de surgir : « Où est Dieu ? », il semble bien absent, il est loin... Peut-être attendons-nous trop une venue spectaculaire de Dieu, qui viendrait changer les situations et nous consoler de manière immédiate. Ou un Dieu difficilement accessible et lointain.
Dieu nous invite à le découvrir concrètement à travers les signes d’amitié ou d’amour d’autrui, à travers les gestes de tendresse, et les paroles échangées.
Au coeur des épreuves et des découragements, au coeur de notre monde déchiré et de nos vies ballottées, quand nos illusions s’envolent quelque chose de l’ordre de l’accomplissement, de l’ordre de Noël, peut se vivre quand même.
Lorsque je reconnais la valeur profonde que porte chacun...lorsque je me laisse toucher par le visage de ceux et celles qui m’entourent...Lorsque je me laisse porter et rejoindre par les relations tissées, Noël prend alors sens dans ma vie . C’est un travail qui passe par le dialogue et l’échange. Je peux moi aussi à mon tour devenir porteur de la tendresse divine et devenir révélateur de cette tendresse qui habite chacun. Le récit de la Nativité met en scène cette affirmation de la fragilité et de la vulnérabilité de Celui qui se risque à la rencontre des hommes : Dieu naît en ce monde comme un enfant impuissant et menacé, qui dépend des soins de ses parents . Le Très-Haut devient le Très-bas, pour nous rejoindre jusqu’au plus profond de nos conditions humaines, là où nous en sommes de nos réalités toutes simples. Avec Noël, il y a là véritablement une invitation à nous laisser bouleverser dans notre manière de penser à Dieu, de vivre notre relation à lu i... Dieu se présente comme celui qui se discrète présence à nos côtés, qui s’offre à la relation sans forcer l’intimité de nos cœurs. C’est lui qui entame le dialogue, qui accepte que nous refusions de le regarder et de lui répondre...qui attend et patiente. En espérant que nous fassions chacun notre part : le manifester aux autres à notre tour...
Et si le monde autour de moi se disjoint, c’est encore à nous d’agir... ...pour que Dieu ne cesse pas d’exister, pour qu’il ne devienne pas, au milieu de la fête et des cadeaux, comme au milieu de la guerre et des peurs, celui dont on ne parle plus, celui qu’on a simplement évacué.
Etty Hillesum, une jeune juive néerlandaise le disait ainsi : « Je vais t’aider mon dieu, à ne pas t’éteindre en moi, mais je ne puis rien garantir d’avance. Une chose cependant m’apparait de plus en plus claire : ce n’est pas toi qui peut nous aider, mais nous qui pouvons t’aider - et ce faisant nous aider nous mêmes ». Dieu nous invite. Chacun à son rythme, chacun à son propre pas. Dieu nous invite à ne pas laisser la vie étouffer, mais à devenir porteur d’espérance, et il espère nous entraîner à partager avec lui la danse de la vie.
©2004-2012 Paroisse réformée de Morges - Echichens
| màj 8 mai 2012


