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Le temps de l’Avent : Un peuple préparé pour le Seigneur
Dimanche 23 décembre 2007
Texte : Luc 1,8-17
"Il ramènera beaucoup de fils d’Israël au Seigneur leur Dieu ; et il marchera par devant sous le regard de Dieu, avec l’esprit et la puissance d’Elie, pour ramener le coeur des pères vers leurs enfants et conduire les rebelles à penser comme les justes, afin de former pour le Seigneur un peuple préparé. »
Prédication
Luc prépare ses lecteurs
Avez-vous remarquez comment l’évangéliste Luc prend son temps pour présenter le héro principal. Avant de parler de la naissance de Jésus, Luc prend le soin de parler de ses précurseurs : Zacharie, Elisabeth, Jean-Baptiste... Il s’appuie aussi sur un bon nombre de citations de l’AT, pour nous montrer que les événements qu’il raconte ont été mûris dans le cœur de Dieu depuis longtemps. Luc prépare ses lecteurs à comprendre la nature et la valeur de Jésus et de sa mission.
Zacharie est préparé pour être agent de l’exaucement
Zacharie est la première « victime » de l’œuvre de préparation de Dieu. Pourquoi Zacharie priait-il dans le temple ? Quand l’ange du Seigneur lui dit : ta prière a été exaucée, de quelle prière parle-t-il ? Bien sûr, il fait allusion à son désir d’un enfant. Mais dans le temple, Zacharie priait aussi pour le salut d’Israël. Pour la venue du Messie. Dieu fait d’une pierre deux coups : il répond à la demande personnelle de Zacharie et Elisabeth et en même temps, fait advenir le salut attendu par Israël. C’est typiquement la façon d’agir de Dieu : Nous prions pour un sujet lointain et Dieu passe par nous pour le réaliser... En exauçant la demande toute personnelle de Zacharie et d’Elisabeth, Dieu les prépare à vivre des événements encore plus grands. A celui qui peut, par sa puissance qui agit en nous, faire au-delà, infiniment au-delà de ce que nous pouvons demander et imaginer... Ep 3,20 Mais comme nous, Zacharie est sceptique. Alors Dieu lui donnera le temps de se faire à cette perspective : 9 mois de silence et de méditation ! La sanction est un peu dure ! ...
Jean-Baptiste : précurseur du Christ
Avant de s’interroger sur le sens de la mission de Jean-Baptiste, on peut se demander si celui-ci était nécessaire ? Jésus n’aurait-il pas pu venir directement, sans précurseur ? Nous avons vu que Zacharie avait besoin d’être préparé à la naissance de son fils... • Avant lui Abraham, Moïse, Salomon, David,... et bien des prophètes ont été « préparés » pour la mission que Dieu leur a confiée. • Après Zacharie, ce sont Elisabeth, Marie et Joseph qui eux aussi ont été « préparés » à vivre des événements bouleversants. • Durant ses 3 ans de ministères, Jésus va préparer ses disciples à sa mort et à sa résurrection... et 3 ans n’ont pas suffit !
Dieu dans son immense sollicitude sait que nous avons besoin d’être préparés à l’accueillir. Accueillir Dieu dans nos vies est tellement peu naturel pour l’être humain ! Nous avons besoin d’être modelés, formés,... Le chemin de la BN a besoin d’être aplani. Voilà comment Esaïe 40, 3-5 en parle, c’est ce vocabulaire qui a inspiré les Evangélistes : « Dans le désert dégagez un chemin pour le SEIGNEUR, nivelez dans la steppe une chaussée pour notre Dieu. 4 Que tout vallon soit relevé, que toute montagne et toute colline soient rabaissées, que l’éperon devienne une plaine et les mamelons, une trouée ! 5 Alors la gloire du SEIGNEUR sera dévoilée et tous les êtres de chair ensemble verront que la bouche du SEIGNEUR a parlé. »
Ces images empruntées au génie civil peuvent s’appliquer à nos cœurs. Ce sont nos cœurs qui ont besoin d’être dégagés, nivelés, relevés ou rabaissés pour accueillir la BN, le Messie...
La mission de Jean-Baptiste
Ce sera la mission de J-B : former un peuple préparé pour le Seigneur. J-B s’inscrit dans la ligne des grands prophètes, il est envoyé pour « Ramener les enfants d’Israël à Dieu ». C’est pour cela qu’il appellera ses contemporains à la conversion et à un changement de comportement. Néanmoins, Jean-Baptiste se distingue des autres prophètes, car précisément, il prépare les gens à la venue du Christ.
Préparer = équiper, armer, aménager, disposer
C’est la première question que nous pouvons nous poser : est-ce que nous nous préparons à Noël ? Ou est-ce que nous préparons Noël, ou encore est-ce que nous attendons Noël ? Si Noël c’est l’accueil du Christ dans l’humanité, dans nos vies, est-ce que nous nous préparons à cet événement ? Par extension, est-ce que nous nous préparons à rencontrer Dieu quand nous ouvrons notre Bible, quand nous allons à une rencontre spirituelle, quand nous allons au culte ? Où est-ce que nous prenons conscience du lieu où nous sommes au moment où nous y sommes ?
Je prends qu’un exemple : Quelle galère pour les parents qui préparent leur petite famille pour aller au culte le dimanche matin. Quand les enfants sont petits, il faut les habiller, quand ils sont grands, il faut les réveiller... dans tous les cas, il faut les convaincre. L’objectif se résume souvent à arriver à l’heure et si possible souriant ! C’est souvent un élément de découragement pour les parents. Je me dis (avec modestie) que peut-être les choses changeraient si plutôt que de préparer les enfants, les parents commençaient par se préparer eux-mêmes et spirituellement à aller au culte. Peut-être que la joie d’aller au culte prendrait le pas sur le stress d’arriver à l’heure. Peut-être que au lieu de distribuer des ordres de préparatifs comme à l’armée, on pourrait prendre quelques minutes au petit-déjeuner pour se rappeler pourquoi on va à l’église, quitte à laisser les enfants dire aussi pourquoi, ils n’ont pas envie d’y aller.
Comment se préparer à accueillir le Christ ?
Concrètement, en quoi consiste cette préparation ? Notre texte nous donnes deux pistes : « ramener le coeur des pères vers leurs enfants et conduire les rebelles à penser comme les justes ».
Je m’arrêterai ce matin sur la première partie de ce verset : « ramener le coeur des pères vers leurs enfants » J‘ai été très intrigué par cette expression magnifique. Que J-B soit venu appeler les gens à la conversion, à revenir à Dieu, OK. Mais pourquoi spécifiquement les pères vers leurs fils ?
Ici, Luc s’inspire des tous derniers mots du prophète Malachie qui est aussi le dernier des prophètes. (3-23) Voici que je vais vous envoyer Elie, le prophète, avant que ne vienne le jour du SEIGNEUR, jour grand et redoutable. (3-24) Il ramènera le coeur des pères vers leurs fils, celui des fils vers leurs pères pour que je ne vienne pas frapper la terre d’interdit.
Malachie donne la réciprocité : ce ne sont pas seulement les pères qui se réconcilient avec leurs fils, mais les fils avec leurs pères. Et comme nous sommes après mai 68, il nous faut naturellement inclure les mères et les filles !
Pourquoi la réconciliation des pères et des fils, des mères et des filles est un signe, une concrétisation de cette préparation à recevoir le messie, le sauveur ?
Je crois qu’il ne faut pas aller chercher trop loin. Nous sommes d’accord : en J-C, nous, les enfants de Dieu, sommes réconciliés avec Dieu notre Père. Il est normal que cette réconciliation se manifeste d’abord au sein de la famille, dans nos relations paternelles et maternelles. Celles-ci sont le reflet timide de notre relation à Dieu. La paix avec Dieu passe par la paix avec mes proches, entre les générations. Exemple : Quant je m’emporte de manière disproportionnée et injuste envers un de mes enfants, je le sais tout de suite. Je suis en colère avec moi-même. Je sais que seuls des paroles et des gestes de réconciliation avec l’enfant concerné peuvent ramener la paix dont j’ai besoin et lui aussi.
A Noël, nous allons offrir de cadeaux à nos enfants et petits-enfants. Est-ce que le meilleur cadeau n’est pas de chercher à cultiver une relation paisible et harmonieuse ? Une fois la boîte de Légo, la barbie, offerte, le plus beau cadeau pour l’enfant est certainement son papa, sa maman, son grand-papa, sa grand-maman qui s’assied pour jouer avec lui/elle. C’est là que se construit une relation de confiance et d’amour qui permettra à l’enfant d’accueillir la confiance et l’amour de Dieu.
Conclusion
Je sais que j’ai beaucoup à recevoir de ce style de vie qui accorde de la place à la relation, à « l’avent ». Mais j’ai beaucoup de peine à le vivre, car je suis le produit de cette société de consommation, tellement minutée. J’arrive à mes R-V juste à l’heure, plutôt que d’arriver avec 5’, 10’ avant Ces minutes ne sont jamais perdues, au contraire, elles m’aident à me préparer à vivre l’événement qui viendra, elles me donnent le temps de saluer le ou les personnes que je vais rencontrer, avec lesquelles je vais passer un temps de réunion...
Si Dieu a pris le soin de nous préparer à recevoir son Fils et à comprendre le sens de sa mission, nous devons nous aussi faire de même, jour après jour, chaque fois que nous voulons nous approcher de Lui.
Comment nous préparons-nous à Noël, venue du Christ ?
Sommes-nous dans l’attente (pas de préparation, juste attente de l’événement à consommer) ?
Sommes-nous dans la préparation matérielle/organisationnelle, voire dans l’activisme ?
Sommes-nous dans une préparation personnelle et spirituelle ; intérieure et relationnelle ?



| màj 4 juillet 2010 |