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« Tu es mon Fils bien-aimé ; je mets en toi toute ma joie. »

Dimanche 7 décembre, Avent 2

Marc 1,1-11

1Ici commence la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ, le Fils de Dieu. 2 Dans le livre du prophète Ésaïe, il est écrit : Je vais envoyer mon messager devant toi, dit Dieu, pour t’ouvrir le chemin. 3 C’est la voix d’un homme qui crie dans le désert : Préparez le chemin du Seigneur, faites-lui des sentiers bien droits ! 4 Ainsi, Jean le Baptiste parut dans le désert ; il lançait cet appel : Changez de comportement, faites-vous baptiser et Dieu pardonnera vos péchés. 5 Tous les habitants de la région de Judée et de la ville de Jérusalem allaient à lui ; ils confessaient publiquement leurs péchés et Jean les baptisait dans la rivière, le Jourdain. 6 Jean portait un vêtement fait de poils de chameau et une ceinture de cuir autour de la taille ; il mangeait des sauterelles et du miel sauvage. 7 Il déclarait à la foule : Celui qui vient après moi est plus puissant que moi ; je ne suis pas même digne de me baisser pour délier la courroie de ses sandales. 8 Moi, je vous ai baptisés avec de l’eau, mais lui, il vous baptisera avec le Saint-Esprit. 9 Alors, Jésus vint de Nazareth, localité de Galilée, et Jean le baptisa dans le Jourdain. 10 Au moment où Jésus sortait de l’eau, il vit le ciel s’ouvrir et l’Esprit Saint descendre sur lui comme une colombe. 11 Et une voix se fit entendre du ciel : Tu es mon Fils bien-aimé ; je mets en toi toute ma joie. 12 Tout de suite après, l’Esprit le poussa dans le désert. 13 Jésus y resta pendant quarante jours et il fut tenté par Satan.

Message

Intro

« Tu es mon Fils bien-aimé ; je mets en toi toute ma joie. » • Chers parents, vous arrivent-ils de serrer votre fils, votre fille dans vos bras en disant : « Tu es mon Fils/fille bien-aimé ; je mets en toi toute ma joie. » ? • Chers grands-parents... • Chers époux, épouses,...

Pourquoi est-il indispensable/vital de le faire ? ... Pourquoi cette voix du ciel et cette parole de Dieu au sujet de Jésus au moment de son baptême ?

Le baptême de Jean était un baptême de repentance, en vue du pardon des péchés. « Changez de comportement, faites-vous baptiser et Dieu pardonnera vos péchés. »

Il y aurait beaucoup à dire à ce sujet : Se repentir de quoi ? Quel péché ?

Luc 3 est un peu plus détaillé : Les gens lui demandaient : Que devons-nous donc faire ? Il leur répondit : Celui qui a deux chemises doit en donner une à celui qui n’en a pas et celui qui a de quoi manger doit partager. Des collecteurs d’impôts : Ne faites pas payer plus que ce qui vous a été indiqué. Des soldats : Ne prenez d’argent à personne par la force ou en portant de fausses accusations, mais contentez-vous de votre solde.

La générosité, l’honnêteté, l’intégrité, le respect...

La conversion dont parle Jean-Baptiste va encore plus loin : conversion de mentalité ou de cœur : « Montrez par des actes que vous avez changé de mentalité et ne vous mettez pas à dire en vous-mêmes : Abraham est notre ancêtre. »

« Abraham est notre ancêtre. » Nous parlons souvent ainsi ! Quand nous disons : « Je suis réformé/protestant ; pratiquant, j’ai été baptisé , voilà mon église... » Nous mettons en avant notre identité religieuse ! ...

Christ, Fils de Dieu

Le baptême de Jésus révèle la réelle identité de Jésus, Fils de Dieu et par conséquent, notre filiation à nous, notre appartenance à Dieu, comme enfants de Dieu ! « Tu es mon Fils bien-aimé ; je mets en toi toute ma joie. »

Cette parole de Dieu descendue sur le Christ au moment du baptême est déterminante. Elle va fonder toute la vie, les paroles et les gestes de Jésus. Par cette parole, Christ est clairement désigné comme Fils de Dieu. Il n’a pas encore fait ou dit quoi que ce soit. Il est publiquement désigné comme Fils de Dieu. C’est choquant pour beaucoup, pour nos frères juifs comme musulmans. Le dialogue interreligieux s’achoppe sur cette affirmation. Mais elle est incontournable ! Si on enlève cette parole, il n’y a plus de Christ, il ne reste qu’un Jésus parmi d’autres, un philanthrope, un prophète, un philosophe, un modèle,...

« Tu es mon Fils bien-aimé ; je mets en toi toute ma joie. » L’autorité du Christ est fondée sur cette parole. La suite du récit le montre quelques lignes plus loin. Il est dit que Jésus est chassé dans le désert. Trois fois il est tenté et deux fois, Satan dit : « Si tu es le Fils de Dieu... »

Christ peut résister aux tentations physique, de possession, de pouvoir... parce qu’il sait qui il est, d’où il vient et à quoi il est appelé. Il connait son identité de Fils de Dieu, il se sent aimé de son Père. Il peut se positionner fermement devant la tentation, devant le mal. Il n’a pas besoin d’une autre forme de reconnaissance ou d’amour !

« Tu es mon Fils bien-aimé ; je mets en toi toute ma joie. » Cette Parole est fondatrice, parce qu’elle donne identité et autorité.

Dans le livre d’Esaïe, le messie, le serviteur de Dieu est aussi introduit avec une parole fondatrice semblable : « Voici mon serviteur, dit le Seigneur, je le tiens par la main, j’ai plaisir à l’avoir choisi. J’ai mis mon Esprit sur lui pour qu’il apporte aux nations le droit que j’instaure. »

Ici, comme dans l’Evangile, c’est l’Esprit qui est le véhicule de cette autorité. C’est pour cela qu’au moment du baptême, l’Esprit est invoqué.

Des parents aimants

Maintenant, chers parents, qu’elle est la portée du baptême, de cette parole fondatrice qui a été donnée pour vos enfants ? Le baptême affirme que vos enfants sont des enfants de Dieu, des enfants aimés de Dieu et qui le remplissent de joie. Aujourd’hui, Dieu a le cœur en fête !

Maintenant, elle n’a pas d’effet magique. Elle ne fait pas automatiquement d’eux des enfants fondés sur l’amour de Dieu. C’est vous qui devez activer cette parole tout au long des jours qui vous sont donnés en leur compagnie.

Vous et chacun de nous devons serrez nos enfants (petits-enfants) dans les bras aussi souvent que possible. Nous devons leur dire avec tous les langages d’amour possibles combien nous les aimons. « Tu es mon Fils bien-aimé ; tu es ma plus grande ma joie. » Un enfant pourra grandir et s’éveiller à la vie si son identité est fondée sur l’amour d’un père, d’une mère. Il pourra s’accepter, s’aimer, aimer les autres, faire face aux difficultés de la vie s’il se sait aimé... Bon, ceci vous le savez. Mais l’Evangile vous invite à aller plus loin, à vous référer à l’amour de Dieu, car l’amour humain a ses limites. Notre devoir de parents chrétiens, c’est surtout de pointer l’amour de Dieu. « Tu es le Fils bien-aimé de Dieu ; tu es pour lui la source d’une grande joie. » Parler ainsi, c’est dire à son enfant mon amour pour toi n’est pas suffisant, il est imparfait, je te décevrai un jour où l’autre. C’est normal. Mais sache que tu peux aller puiser directement à la source, en Christ ! Parler ainsi, c’est donner au Christ sa juste place : le fondement d’une vie ! Quand l’Esprit nous fonde sur l’amour de Dieu, nous gagnons en assurance, en confiance et en autorité. Même devant les forces occultes de ce monde nous pouvons nous positionner fermement. 38 Oui, j’ai la certitude que rien ne peut nous séparer de son amour : ni la mort, ni la vie, ni les anges, ni d’autres autorités ou puissances célestes, ni le présent, ni l’avenir, 39 ni les forces d’en haut, ni celles d’en bas, ni aucune autre chose créée, rien ne pourra jamais nous séparer de l’amour que Dieu nous a manifesté en Jésus-Christ notre Seigneur. Rm 8

J’aimerais aussi m’adresser à ceux qui ont été blessés par la vie, qui n’ont pas eu la chance d’être cajolés sur des genoux aimants. Cette parole est aussi pour vous ! C’est une parole de guérison, une parole qui peut rétablir un équilibre perdu, qui peut soigner des blessures et refonder une identité.

« Tous ceux qui sont conduits par l’Esprit de Dieu sont enfants de Dieu. 15 Car l’Esprit que vous avez reçu n’est pas un esprit qui vous rende esclaves et vous remplisse encore de peur ; mais c’est l’Esprit Saint qui fait de vous des enfants de Dieu et qui nous permet de crier à Dieu : « Abba, ô mon Père ! » 16 L’Esprit de Dieu atteste lui-même à notre esprit que nous sommes enfants de Dieu. » Rm 8

Oui, nous ne sommes pas esclave de notre passé, de notre éducation, des manquements ou des excès subis ! L’Esprit fait de nous des enfants de Dieu, il nous libère pour crier dans la louange et la prière « Papa ! ».

Pour retrouver cette identité d’enfants de Dieu, pour vivre de l’autorité et de la force qui en découle, rien à faire d’autre que de s’engager sur le chemin de l’Avent : changer de mentalité, pour accueillir le Christ réellement. Que nous puissions entendre cette voix adressée au Christ, mais à nous aussi :

« Tu es mon Fils bien-aimé ; je mets en toi toute ma joie. »