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Seigneur, tu regardes jusqu’au fond de mon coeur

Psaume 139

Chers bien aimés en Christ. C’est avec beaucoup de bonheur que j’ai entendu les paroles du Psaume : ¨ Seigneur, tu regardes jusqu’au fond de mon coeur, et tu sais tout de moi ¨.

Quelle merveilleuse chose que Dieu me connaisse comme moi-même, et qu’il puisse m’accompagner sans risque de quipropos liés aux petits secrets, aux petits mensonges, puisqu’il connaît tout de moi. Il m’accompagne ... en vérité.

Cher bien aimés en Christ. C’est avec beaucoup de bonheur que je vous ai accompagnées, chères familles, autour du baptême. Quelle merveilleuse confiance que de placer sa vie ou celle de son enfant, sous le regard de Dieu, regard que je crois ni dur ni jugeant, mais simplement bon et vrai, car il sait exactement qui nous sommes.

¨ Seigneur, tu regardes jusqu’au fond de mon coeur, et tu sais tout de moi ¨.

C’est beau et agréable à entendre tant que je n’ai rien à me reprocher, mais...si j’en viens à faire une bêtise ? Mais...si je déteste mon prochain, pq sa tête ne me revient pas, et voilà, je ne l’aime pas ? Mais... si je jalouse mon enfant car à force d’être dans mes pattes, j’ai l’impression de ne plus pouvoir vivre pour moi, de ne plus exister ? Mais... si je découvre qu’au fond, je suis assez égoïste, j’ai de la peine à partager ?

¨ Seigneur, tu regardes jusqu’au fond de mon coeur, et tu sais tout de moi ¨.

Ce regard et cette parole deviennent tout à coup plus pesants, et je culpabilise de ne pas être mieux... que ce que je suis.

Alors parfois, sous ce poids, je tente de prendre des bonnes résolutions : doigt levé je vais changer ! Je veux devenir généreux, je veux devenir une meilleure mère ou père je veux racheter mes bêtises je veux me forcer à aimer ceux avec lesquels je n’ai vraiment pas d’atomes crochus.

J’ai de la difficulté, mais en fin de compte, j’ai une certaine fierté d’avoir réussi à passer par dessus ma nature. Ou je me sens un peu plus coupable de ne pas y avoir réussi !

Mais... à vouloir prendre de bonnes résolution, à vouloir changer, en fait, est-ce que je ne ressemblerai pas à un âne..., un vrai âne corse !

L’âne corse, c’est le plus contrariant des ânes, quand on lui demande d’aller en avant, il va en arrière. L’âne corse, même s’il a soif et qu’on veut le mener à la rivière pour son bien, il va dans l’autre sens. L’âne corse a un vrai bonnet d’âne, car il pousse toujours pour aller à contre courant, quel que soit le courant. C’est en tout cas comme ça que je le voit

Et moi, lorsque j’essaie de changer qui je suis, cette nature que Dieu m’a donnée, malgré ma bonne volonté je ne suis peut-être aussi qu’un âne !

Je ne parle pas de la nature superficielle, ou des mauvaises habitudes qu’on peut changer à sa guise, mais de ma nature profonde, celle qui fait qui je suis, dans ma personnalité. Lorsque j’essaie de changer qui je suis, cette nature que Dieu m’a donnée, je ne suis peut-être qu’un âne !

Alors, si je tentai au contraire d’accepter ? Accepter mes bêtises, mes désirs..et mes dons, Accepter ma personne, tel que je suis, avec ce que j’aime et ce que je n’aime pas, par respect pour cette personne que Dieu a créé, à laquelle il a donné la vie et sa bénédiction, le jour du baptême, et tous les jours de la vie nous donne.

Accepter et non vouloir changer à tout prix, il y a dans ce mouvement une profonde vérité religieuse, que j’emprunte au Père Jésuite Antony De Mello.

Il dit svt : Dieu est celui qui m’a créé, qui a créé le monde. Accepter la réalité qui se manifeste en moi et dans mon entourage, c’est accepter la volonté de Dieu. A travers la souffrance de l’humanité, malgré les bêtise de l’homme et les catastrophes de la nature, c’est une donnée de foi, que toutes les personnes de la création, sont l’oeuvre de Dieu. Et travailler avec Dieu, comme chrétien, c’est accepter ce qui m’entoure et voir Dieu à l’oeuvre dans les hommes, dans le monde, laissant son pouvoir et sa grâce agir en moi. Regarder la vie avec les yeux de Dieu, c’est l’accepter et m’acepter.

C’est beau mais gardons les pieds sur terre : m’accepter et accepter la réalité, ne veut pas dire tolérer le conformisme ou la passivité. Cela ne veut pas dire non plus continuer d’être meurtrier, si je crois être un meurtrier.

Non, ce serait plutôt comme l’oiseau qui accepte la réalité de ses ailes, pour voler. Sans commencer à se plaindre de son type d’ailes, pour finalement rester à terre !

Reconnaître la réalité de ses ailes, c’est accepter de voler, accepter la réalité d’une maladie, c’est accepter d’aller chez le médecin, accepter la réalité d’une injustice, c’est me lancer dans la lutte contre l’oppression Accepter mes faiblesses, c’est avec humilité me demander là où elles peuvent être utiles.

¨ Seigneur, tu regardes jusqu’au fond de mon coeur, et tu sais tout de moi ¨.

Je voudrai aussi regarder juqu’au fond de mon coeur et tout connaître de moi. Je voudrait bien connaître précisément ma nature profonde, cette nature qui m’est donnée, et que je modèle petit à petit, ou qui se modèle avec les événements.

Alors le regard de Dieu, loin de me culpabiliser pour que, comme un âne, je cesse d’être moi-même, avec ma voix maigrichonne, mon nez en patate, ou une silouhette qui est loin de ressembler à un magazine de mode,

le regard de Dieu est un regard aimant, qui dit, je crois : Je te connais, je t’ai créé, je t’accompagnerai dans ta vie tel que tu es, tu pourras toujours compter sur moi.

Tel que tu es, je t’appelle à mon service, au service du combat contre l’injustice /ou du soutien à ceux qui subissent, au service d’aimer ceux qui t’entourent /ou les autres qui ne t’entourent pas au service, comme l’oiseau, de voler avec les ailes grandes ou petites que tu as, ni plus, ni moins.

Et avec tes parents, parrains/marraines, ou avec ton enfant baptisé... avec ta famille dans l’église, je t’accompagnerai et t’aiderai dans la vie, à voler de tes propres ailes.

Chers bien aimés en Christ. Ecoutons avec confiance ces paroles, comme une rosée du matin :

¨ Seigneur, tu regardes jusqu’au fond de mon coeur, et tu sais tout de moi. Tu sais si je m’assieds ou si je me lève ; longtemps d’avance, tu connais mes pensées. Tu remarques si je suis dehors ou chez moi, tu es au courant de tout ce que je fais. La parole n’est pas encore arrivée à mes lèvres, que tu sais déjà tout ce que je vais dire. Tu es derrière moi, devant aussi, tu poses ta main sur moi....conduis-moi sur le chemin¨

AMEN

Prière d’intercession- C Hurni

Nous venons à toi dans la prière, Seigneur Notre Dieu.

Tu regardes jusqu’au fond de nos cœurs et tu sais tout de nous. Tu nous encourages à connaître et à accepter la réalité de la vie, de la nôtre comme de celle de ceux qui vivent autour de nous. Tu nous fais confiance et tu nous demandes de participer à la vie de notre monde et de l’aimer.

Donne nous faim de l’essentiel...oui, donne nous de t’aimer et de nous laisser modeler par ton amour et celui de ton fils. Qu’ils nous rendent plus humains, et capables de te voir dans tous ceux que nous rencontrons.

Ouvre nos yeux pour qu’ils regardent avec courage et lucidité !

Ouvre nos oreilles pour qu’elles perçoivent les bruits de la terre : le cri des oubliés comme les chants de joie !

Ouvre nos bouches pour qu’elles sachent dire et louer l’espérance !

Ouvre nos mains, pour qu’elles prennent leur part dans Ta création !

Ouvre nos cœurs à ta Lumière !

Ainsi, nous pourrons vivre un amour qui engage notre existence tout entière et qui nous fasse libres et disponibles, pour Toi et pour tous les autres. Tu connais les détresses et tu accueilles les plaintes de ceux qui souffrent. Rends nous proches de leurs peines pour que nous devenions relais de ton amour. Accomplis Toi-même dans ta Bonté ce qui n’est pas en notre pouvoir. Emmène nous vers la générosité qui porte la joie et donne nous de témoigner de la largeur du regard que tu poses sur chacun.


Prédication, culte avec baptêmes du 04.03.07 à Morges

Récit biblique :

Psaume 139

Didier Heller, pasteur