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« Rien que tu n’ais reçus. Tout appartient à Dieu »

Série sur l’Offrande

Le fric, l’argent et l’oseille, sont des mots que l’on ne voit pas souvent dans la même phrase que la foi, Jésus-Christ et Dieu. Dans le NT, il y a même une opposition, quand Jésus déclare : « Nul ne peut servir deux maîtres : Dieu et l’argent. »

Argent valorisé dans AT Par contre, dans l’AT et dans le récit d’auj, c’est tout différent. L’argent n’est pas méprisé, mais il est considéré de manière complètement positive :

Ces derniers dimanches Olivier et Nicolas ont posé un pièce au puzzle avec une prédication sur le thème de l’argent, aujourd’hui, une nouvelle pièce à partir du récit de la dîme.

Donc dans l’AT, l’argent est qqc de positif, il y a même une dimension théologique attribuée à la richesse, et qui fait de la richesse le signe de la bénédiction de Dieu : Par ex si Abraham était riche, c’est d’abord parce qu’il croyait en Dieu, et que Dieu le bénissait en lui accordant un troupeau toujours plus grand. Donc dans l’AT la richesse est souvent « décodée » comme un effet de la bénédiction de Dieu.

Pacte social Par contre, dire de manière brute et carrée que tous ceux qui croient sont bénis et enrichis, cela ne va pas tout à fait, puisqu’en Israël, il a aussi des pauvres alors que tous croient en Dieu.

Face à cette réalité, Israël a élaboré un nouveau comportement. Le regard sur l’argent est toujours positif, mais le regard sur les pauvres n’est pas négatif. Et il faudra tout mettre en oeuvre pour endiguer cette pauvreté.

Donc le Deutéronome, ou Moïse dans son dernier discours avant l’entrée en Canaan, a mis en place une sorte pacte social audacieux, en partant de l’idée principale que tout, dans ma vie, vient de Dieu.
-  Si je suis riche, ma richesse aussi vient de Dieu, elle ne m’appartient pas, pas totalement.
-  Ma richesse, je peux en laisser une partie pour Dieu, et par lui pour les pauvres ou pour les prêtres...selon le pacte.

Ce pacte, c’est le don des prémices et du don de la dîme. *** Les prémices (au moment de la récolte) sont les premiers fruits d’une récolte. Et si Israël est invité à offrir ces prémices, c’est pq il a commencé par recevoir,

et le don, n’est peut-être pas le don de celui qu’on croit, le don de l’homme pour Dieu dans sa moisson, mais un signe qui rappelle que Dieu donne à l’homme.

et dans ce court passage le terme « don » apparaît 6 fois. Cela indique l’insistance sur le fait que tout est don de Dieu en 1er, et l’offrande est simplement un signe de reconnaissance.

Bon. Tout est don de Dieu. mais cette idée pourrait induire 2 attitudes opposées :
-  Israel aurait pu s’agripper à ce qu’il possède, ne pas le partager (surtout pas avec des étrangers... surtout pas avec des pauvres), puisque c’est Dieu qui le leur a donné, à eux, à personne d’autre. Israel aurait pu s’agripper
-  ou alors Israël entre dans une logique de reconnaissance et de dépossession. C’est cette attitude qu’ils ont reconnu.

Donc le Deutéronome, a mis en place une sorte pacte social audacieux : la règle du don des prémices, et celle de la dîme.

La dîme et les prémices ont deux but principaux :

1.- au niveau général : tenter de redistribuer les richesse à tous, et endiguer la pauvreté. Pq en général, s’il y a beaucoup de pauvreté en Israël, pour eux, cela signifierait que Dieu s’éloigne, que la bénédiction s’éloigne. Donc il y a plus qu’un enjeu social, il y a un enjeu théologique, à endiguer la pauvreté

2.- au niveau personnel : la dîme ou les prémices permet de faire ...un geste de détachement ...un geste de dépossession, ...puisque tout appartient à Dieu.

Générosité ou obligation ? Un élément étonnant, dans cette pratique, c’est que la dîme n’est pas un acte généreux, et volontaire, mais c’est pour l’AT une obligation, un règlement. Ce n’est même pas un don, puisque cela appartient à Dieu ! Ce n’est qu’une répartition des richesses. Les sentiments et le coeur sont mis de côté, c’est le temps de la Loi.

Voilà qqes éléments sensibles dans notre récit du Deutéronome.

Et aujourd’hui, nous ne sommes plus sous le temps de la Loi, avec des règles obligatoires, pourtant il y a 3 éléments assez géniaux à saisir, pour interroger notre actualité.

Le 1er élément : Tout est à Dieu. Cette idée que tout est à Dieu permet de lier le don à la reconnaissance, et non d’abord à la générosité : Donc quand je donne de l’argent, du temps, de l’aide, je ne donne pas cela
-  pq j’ai pitié de l’autre,
-  ou pq moi qd même je suis très généreux ! Et cela me rend assez fier. Mais je donne pq cela appartient à Dieu, et l’autre que j’ai en face de moi appartient aussi à Dieu.

le 2e élément : Reconnaissance et humilité je peux rester humble, si je donne c’est pq j’ai déjà reçu. Je suis reconnaissant envers Dieu pour tout ce qu’il me donne, chaque jour. ...Au moment de donner, je peux repasser dans ma tête, les moments où j’ai reçu de Dieu : vie, famille, force, présence... et lorsqu’il me vient une situation où j’ai cru me trouver seul, où j’ai cru être abandonné de Dieu, je repense à l’histoire des traces dans le sable.

Je cheminais sur une plage, Côte à côte avec le seigneur. Nos pas se dessinaient sur le sable, Laissant une double empreinte, Le mienne et celle du Seigneur. Je me suis arrêté pour regarder en arrière Et en certains points, Au lieu de deux empreintes, Il n’y en avait qu’une. Les points à empreinte unique correspondaient Aux jours les plus sombres de mon existence : Jours d’angoisse, jours d’égoïsme Ou de mauvaise humeur, jours d’épreuve et de doutes.

Alors, me retournant vers le Seigneur, je lui dis : “n’avais-tu pas promis d’être avec nous chaque jours Pourquoi m’as-tu laissé seul Aux pires moments de ma vie ?“

Et le Seigneur m’a répondu : “Mon enfant, les jours où tu ne vois qu’une trace sont les jours où je t’ai porté.“

Donc 2e élément : Reconnaissance et humilité Quand je donne... en même temps, je peux repasser dans ma tête, les moments où j’ai reçu de Dieu

3e élément : Reste la question cruciale : combien ? 10% (la dîme) c’est beaucoup, 1 malheureuse gerbe de blé (les prémices), c’est peu, comment quantifier le don ? Si je dis un chiffre pour moi et que je ne l’atteins pas, je vais me sentir terriblement coupable. Si je dis un chiffre et que je le dépasse, je vais me sentir terriblement orgueilleux. Alors combien ?

Un mot récurent vient dans notre passage : « tout »
-  Dieu donne tout (le pays, le bonheur, l’avenir)
-  l’homme suit tous ses commandements,
-  il les suit de tout son coeur
-  tu dois donner toute la part sacrée etc Alors, les prémices sont peu de choses, mais elles répondent à tout l’amour de Dieu.

Voilà les 3 mouvements intéressants à tirer de ce récit.

En conclusion, le txt touche une corde sensible de l’argent et du don. Il nous invite à un certain détachement de notre argent Il nous invite à en faire un signe de reconnaissance à Dieu, Il nous invite à participer à un rééquilibrage des richesses, Il nous invite à nous tourner vers les autres : les plus démunis, les orphelins, les veuves, les étrangers.

Il nous invite à nous souvenir que rien ne nous appartient sur terre, la propriété privée est une invention de l’homme.
-  Tout ce que j’ai je l’ai reçu.mes grandes possessions, ou mes toutes petites possessions, je les ai reçu.

-  Les amis qui m’entourent, c’est bien parce que je suis agréable avec eux qu’ils sont là, mais au-delà, je les ai reçus.
-  Mon métier, ma carrière, je crois les avoir mérités à la force du poignet, mais d’une autre manière je les ai reçus.
-  Mon visage unique, que je crois beau ou moche, je l’ai reçu
-  Mon héritage, je le reçois.

Tout ce que j’ai, je l’ai reçu à un moment ou un autre de ma vie, et lorsqu’il s’agit de donner, ce n’est pas une privation, c’est une reconnaissance à Dieu pour ses dons.

Et vous vous souvenez peut-être de cette phrase de mon père, dans le film la Forteresse qui a passé en septembre :

Tout est entre les mains de Dieu... même si parfois je ne comprend rien. Mais je sais que tout est entre les mains de Dieu : Ma facilité à donner, ou ma difficulté à donner,

Amen


Prédication du 25 octobre 2009

Pasteur : D.Heller

Textes : Psaumes 24.1 et Deutéronome 26.1-12