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Néhémie : une action inspirée

Dimanche 14 octobre 2007

Introduction - résumé

Il y a 15 jours, nous avons lu le premier chapitre du livre de Néhémie. Nous avons vu comment Néhémie, juif, fonctionnaire à la cours du roi de Perse, avec la fonction d’échanson du roi, avait été profondément ému par les nouvelles qui lui étaient rapportées de Jérusalem. Nous avons vu que Néhémie aurait pu rester dans sa position confortable et se contenter de délivrer quelques conseils et recommandations à son frère Hanani.

Au contraire, quand il entend parler des murailles en ruine et de la précarité des juifs de Jérusalem, il entre en prière. Une prière de repentance et d’intercession. Une prière au cœur de laquelle il se sent appelé à intervenir personnellement.

Je vous avais aussi laissé ces questions :

-   Comment réagissons nous aux nouvelles douloureuses, bouleversantes que nous recevons de loin ou de près ? Est-ce que nous nous protégeons ? Ou est-ce que nous nous remettons en question ?

-   Quel est le fondement de notre action ? Y a-t-il place pour la repentance, le discernement et l’intercession ?

Ce matin, nous verrons comment Néhémie est entré en action et comment il a fait face aux premiers obstacles rencontrés. Pour agir et partir à Jérusalem, Néhémie a besoin de la permission du roi et de son aide. Mais comment intervenir ? N’importe qui n’était pas autorisé à s’adresser au roi ! Quatre mois après sa prière, cette occasion se présente.

Texte : Néhémie 2

Néhémie : une action inspirée

1/ La patience de l’exaucement

Dans sa prière, Néhémie pressait Dieu de faire réussir son intervention auprès du roi : « Accorde à ton serviteur de réussir aujourd’hui et fais-lui trouver miséricorde en face de cet homme ! » Nous prions souvent comme Néhémie : « Seigneur agit maintenant ! Réponds-moi sans tarder ! J’ai des délais à respecter ! » Néhémie attendra 4 mois avant de pouvoir s’adresser au roi ! 4 mois de perdus ? Certainement pas ! 4 mois où Dieu a travaillé dans le cœur et les pensées de Néhémie. 4 mois pour mûrir son projet, pour le prier, pour trouver les mots justes pour s’adresser au roi.

 Comment percevons-nous le temps de l’attente ? Le silence de Dieu est-il abandon de Dieu ? Espace de lamentation, de révolte et d’impatience ? Au contraire l’attente, est-elle un temps pour évoluer dans notre intercession, réfléchir, mûrir nos projets ?

2/ L’audace de la demande

Enfin, voilà la perche tendue, le roi observe son serviteur et remarque son air abattu. « Pourquoi cet air triste ?... Quel est le chagrin qui te ronge ? » Une perche à saisir ! Mais encore faut-il la saisir ! Dans un premier temps, Néhémie lui-même qui est saisi par la peur : « Je fus saisi d’une grande frayeur. »

 Quand nous prions pour quelque chose, sommes nous vraiment prêts à être exaucés ? Sommes-nous prêts à saisir les perches tendues par Dieu ? Ou laissons-nous nos craintes prendre le dessus ?

« Ex : Bonjour Mathilde ! Tu n’as pas l’air en grande forme !? Voudrais-tu en parler, on pourrait aller prendre un café ? - Non, non, ça va bien.... »

Néhémie arrive à dompter sa peur et répond simplement au roi, en expliquant le motif de sa tristesse. Et c’est le roi lui-même qui devine la requête de Néhémie et lui demande de la formuler !

3/ La conviction de la présence de Dieu

A ce moment précis, il y a une interaction étonnante entre le ciel et la terre, entre le pouvoir céleste et terrestre. Le roi demande à Néhémie : « Que désires-tu obtenir de moi ? » Néhémie nous dit qu’avant de répondre, il « adressa une prière au Dieu du ciel » !

Extraordinaire réflexe ! Néhémie a conscience que ce qui se joue à ce moment ne dépend pas de lui, ni même de ce roi tout puissant auquel il s’adresse. Il sait que c’est le Dieu du ciel qui peut faire aboutir sa demande. Néhémie nous montre que la prière trouve aussi sa place au cœur de l’action.

 Avons-nous, dans notre action quotidienne ce même réflexe ? Nous arrive-t-il de demander à Dieu son aide de manière spontanée, dans des moments cruciaux de la vie, en particulier quand nos peurs se manifestent ?

4/ La persévérance malgré l’opposition

Dieu a exaucé Néhémie, au-delà de ses espérances. Il part avec toutes les autorisations légales, et les moyens dont il a besoin pour son projet. Mais les difficultés ne font que commencer. Les nouvelles vont très vite. Néhémie n’est même pas arrivé à Jérusalem que déjà, des adversaires apparaissent :

« Lorsque Saneballath le Horonite et Tobia, son adjoint ammonite, apprirent que j’arrivais, ils furent très mécontents que quelqu’un vienne s’occuper du bien-être des Israélites. »

Saneballath et Tobia et aussi Guéchem sont des étrangers qui vivent en Judée et tire profit des déportés revenus au pays. Les chefs d‘une mafia locale. Nous ne savons pas exactement quelle était leur activité. Mais il est facile d’imaginer qu’un peuple sans structure, sans autorité établie était la proie facile de quelques personnes influentes. L’arrivée de Néhémie avec un mandat officiel ne représentait rien de bon.

« ... ils furent très mécontents que quelqu’un vienne s’occuper du bien-être des Israélites. »

Combien le monde irait mieux sans ces gens-là ! Ces gens qui s’opposent au bien être de leurs paires ! Ces gens qui vivent du malheur des autres ! Je suis révolté quand j’entends parler de mafia, de groupe ou d’individus à col blanc qui ne cherchent que leurs propres intérêts : ceux du clan, de la famille, de l’entreprise, de leur parti politique... et qui le fond au détriment des autres !

Quelle est la tactique de ces gens-là ? Néhémie rapporte ceci : « Ils commencèrent à se moquer de nous ; ils nous demandaient avec mépris : Qu’êtes-vous en train de faire ? Essayez-vous de vous révolter contre le roi ? » Dans un premier temps, ils utilisent la moquerie et le mépris. L’enjeu est de faire peur, de montrer qui est le plus fort, pour décourager. Puis, ils insinuent une idée fausse qui pourrait inquiéter Néhémie. C’est la stratégie du complot (on en parle pas mal en ce moment...) : « Essayez-vous de vous révolter contre le roi ? » « Reconstruisez-vous les murailles de Jérusalem pour constituer un contre pouvoir et déstabiliser le roi ? » L’accusation de complot prête une intention secrète et perverse à l’adversaire. Evidemment qu’il serait gênant pour Néhémie que ces bruits parviennent aux oreilles du roi...

Encore une fois, l’attitude de Néhémie est ici exemplaire. Néhémie aurait pu entrer dans le jeu de ses adversaires et débattre, en disant : « C’est pas vrai, d’ailleurs voilà les autorisations du roi, c’est lui-même qui nous mandate... »

Non, Néhémie se réfère à deux autorités divine et terrestre. a) Il affirme d’abord la seule autorité qui légitime son projet :

« C’est le Dieu du ciel lui-même qui nous accordera le succès. Nous, ses serviteurs, nous allons nous mettre au travail et reconstruire la ville. »

Voilà au nom de qui nous travaillons et voilà ce que nous ferons !

Dans les Actes des Apôtres, ont voit comment, face à la persécution, les croyants se sont aussi référés au Dieu du ciel : « Maître, c’est toi qui as créé le ciel, la terre, la mer et tout ce qui s’y trouve. »

b) Cependant, les propos de Néhémie ne sont pas qu’une belle et courageuse invocation spirituelle. Il fait aussi référence au droit, à la légalité : « Quant à vous, vous n’avez pas le droit de posséder quoi que ce soit à Jérusalem, ni d’y exercer une autorité. »

Le récit de Néhémie nous montre comment celui-ci va devoir composer avec ses adversaires. Il s’organisera en tenant compte de cette menace constante : les ouvriers qui rebâtissent les murailles travaillent avec une épée à la ceinture. Pendant que les uns travaillent les autres montent la garde...

Prier, soumettre son action à Dieu n’implique pas un regard angélique, hyper optimiste. Non, notre regard doit rester réaliste, notre action doit être responsable et prendre en compte les risques, les oppositions.

A propos de cette opposition de l’opposition que rencontre Néhémie, j’aimerais vous laisser la question suivante :  Quand l’adversaire se manifeste avons-nous le réflexe de nous référer à l’autorité de Dieu : « C’est le Dieu du ciel lui-même qui nous accordera le succès. » ?

• L’adversaire peut être une personne qui nous cherche des chicanes, un patron, un voisin, un parent... • L’adversaire peut aussi être cette petite voix qui nous chuchote : « A quoi bon, laisse tomber, ça ne changera rien, tu n’y arriveras pas... » • L’adversaire peut être tout simplement les circonstances de la vie qui retardent, compromettent un projet.

Quand Dieu nous donne la conviction qu’un projet, une action est juste et bonne, ne nous laissons pas décourager. Osons affirmer dans nos pensées et notre prière le nom de Jésus-Christ qui nous donne l’autorité pour agir.

Osons prier avec la même conviction que les apôtres : « Seigneur, sois attentif à leurs menaces et donne à tes serviteurs d’annoncer ta parole avec une pleine assurance. Démontre ta puissance afin que des guérisons, des miracles et des prodiges s’accomplissent par le nom de ton saint serviteur Jésus. »

Conclusion :

Le récit de Néhémie nous apprend • comment Dieu inspire notre action, • comment il nous en donne les moyens • et comment il nous aide à affirmer son autorité face à nos adversaires.

Amen.