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Message du Jeune fédéral

Message pour le Jeûne fédéral 2008

Le Conseil d’Etat du Canton de Vaud à ses concitoyennes et ses concitoyens.

Message pour le Jeûne fédéral 2008

Le Conseil d’Etat du Canton de Vaud à ses concitoyennes et ses concitoyens.

Chères Concitoyennes, Chers Concitoyens, Au quatrième siècle avant J.-C., une disette frappa le monde grec. Les Spartiates envoyèrent du blé à Smyrne. Les habitants de Smyrne s’étonnèrent que Sparte ait pu distraire une bonne quantité de froment en cette période difficile. « C’est bien simple, expliquèrent les Spartiates, nous avons jeûné un jour et nous vous donnons la farine ainsi épargnée ». Les Spartiates n’avaient pas connaissance de la Bible. Ils ignoraient l’existence du Dieu unique et miséricordieux. Cela ne les a pas empêchés de faire preuve d’une solidarité librement décidée, simple et efficace. Bénéficiant du message biblique, nous devrions au moins les égaler. Ce jour de Jeûne fédéral, il ne convient pas seulement de le consacrer à la prière et aux actions de grâce. Il doit également être l’occasion de réfléchir à nos devoirs visà- vis de nous-mêmes et à ceux que nous avons à l’égard de notre prochain. Rite pénitentiel individuel, mais doué d’une finalité collective, le jeûne est riche d’une valeur double : la responsabilité et la solidarité. Le théologien Alexandre Vinet voulait ainsi l’homme maître de lui-même pour qu’il fût mieux le serviteur de tous. La responsabilité de soi est ici proclamée comme une vertu morale, puisque quiconque endosse ses propres errements n’en fait pas supporter le fardeau à autrui. En ce sens, seul celui qui est responsable de soi est vraiment solidaire des autres. Pour la prise en charge des plus vulnérables d’entre nous, l’Etat moderne a dû institutionnaliser une part de cette solidarité. A titre d’exemple, notre Canton consacre un quart de ses dépenses à la prévoyance sociale. La majeure partie de ses autres charges vise à donner aux personnes les moins favorisées accès à la formation, à la sécurité, aux soins, à la justice ou encore à la culture. Mais ces institutions publiques ne peuvent répondre entièrement à la misère physique et morale. La solidarité librement consentie entre individus doit demeurer. Le Jeûne fédéral nous invite à agir et à prendre des responsabilités. Il constitue une occasion de nous laisser toucher par la détresse. Celle-ci prend les formes les plus diverses : pensons à l’isolement des personnes âgées, à la précarité de nombreuses familles, au chômage de jeunes adultes... A mille maux, mille remèdes. A chacun de choisir le sien : l’aide à son voisin de palier, l’engagement dans le monde associatif, social, sportif ou éducatif, les choix économiques et professionnels ou encore le soutien à des organisations d’entraide. Il existe ainsi une action ponctuelle et romande nommée « Notre Jeûne fédéral ». Accompagnée par quatre institutions reconnues, Action de Carême, Helvetas, Pain pour le prochain et Swissaid, cette entreprise vise à récolter des fonds pour soutenir des femmes en Ethiopie, Tanzanie, en République démocratique du Congo. Il s’agit de les sortir durablement de la misère. Voilà une opération qui mérite soutien. Mais quelle que soit la nature de notre engagement, il importe avant tout de nous rappeler que nous formons une grande communauté humaine. Pour qu’elle soit viable, le souci du prochain doit primer le repli sur soi. Si le Jeûne fédéral permet d’affermir cette prise de conscience, il a tout son sens.