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Lecture de la Bible et crise de foi
J’aimerai partager avec vous cette vive incitation à la lecture de la Bible, une lecture capable d’interroger la réalité.
Le récit de Jésus et le jeune homme riche sera en qqe sorte une parabole de ce questionnement.
J’ai découvert, et je redécouvre tous les jours, que la lecture de la Bible est une chance inouïe d’entendre une parole de Dieu. Il y a d’autres manière pour Dieu de parler aux hommes et femmes, mais la Bible est un de ses moyens. Ainsi, par une lecture croyante de la Bible, je peux entendre une parole de Dieu, quelque chose d’incroyable, de beau...mais qui pourrait aussi provoquer une crise de vie et de foi , en me confrontant à la réalité, (à ma réalité de simple pécheur)
C’est étonnant, une parole de Dieu reçue, peut faire surgir l’émerveillement, ou la crise, tous deux étant des expériences de foi.
Dans le coté pratique, lorsque je lis un récit, je sens qu’il s’adresse aux disciples ou aux pharisien, aux théologien ou aux croyants, ......et je sens parfois que ça colle à ma vie, qu’il y a un message pour moi. C’est ce que j’appelle une lecture "croyante", où je crois que Dieu s’adresse à moi.
Lire la Bible et entendre que Jésus s’adresse à d’autres c’est facile, mais entendre tout à coup que Dieu m’adresse cette parabole ou cette histoire à moi ... provoque... le sentiment d’être découvert, mis à nu (comme Adam et Eve dans le récit de tout à l’heure !), regardé jusqu’au plus profond de moi, à travers les masques et les protections que je me suis forgés.
Sentir que Dieu s’adresse à moi, qu’il me connait, que je ne lui cache rien, c’est sentir par là-même ... que je ne peux rien me cacher à moi-même. Donc, je ne suis pas mis à nu devant Dieu, car il me connait depuis longtemps, mais ce qui est déroutant, c’est que je suis mis à nu devant moi-même (à développer). Et je reste "moi", sans excuses, sans prétextes, sans secret, en vérité.
C’est peut-être à cette vérité qu’appelle Jésus lorsqu’il a quelque chose d’essentiel à dire dans la Bible. Je ne sais pas si vous avez remarqué il dit : "En vérité, en vérité je vous le dis..." De même, ainsi devant la parole de Dieu, je reste ..."en vérité"
Lorsque je lis la Bible, et que je me sens touché par 1-2 élément du récit, c’est une parole de Dieu qui m’est accordée, et devant sa sainteté, je me sens tout petit, humblement humain, avec mes dons et mes erreurs de parcours, ou mes erreurs constantes, mes habitudes qui petit à petit se sont éloignées des valeurs évangéliques (à développer). Je me sens tout petit
C’est étonnant, car lorsque j’ouvre la Bible, j’attends ardemment une parole éclairante, bienveillante, lumineuse, une parole qui me donne du courage et qui m’épaule pour la journée.
Pourtant, c’est parfois une crise de foi, parce que je sens que j’ai des zones d’ombres (et pourtant tout le monde en a et vit très bien avec), mais comme chrétien j’ai une exigence plus grande pour ma vie, même si je sais que Dieu ne juge pas. Au lieu de trouver une parole encourageante, je me sens déstabilisé, parce que je me redécouvre en vérité.
Pourtant, je suis chrétien. Avec vous je suis parmi ceux et celles qui font un pas de plus vers la générosité et l’amour du prochain ; humblement avec vous je crois que nous avons un bon fond et que Dieu doit plutôt être content des efforts que nous faisons.
Le jeune homme riche pareil : A part le fait qu’il est riche, (et ce n’est quand même pas de sa faute !), c’est un homme qui met tout son cœur vers Dieu, qui suit les règles des synagogues et les valeurs de son temps, bref c’est un "bon croyant".
Cet homme accourt vers Jésus pour être (je pense) reconnu, encouragé dans sa vie... et lui demande "bon maitre, que dois-je faire pour recevoir la vie éternelle ? Jésus le regarde avec amour. "Va, vends tout et viens suis-moi. l’homme s’en va tout triste."
Je relis cette histoire comme une parabole du croyant qui lit la Bible, qui par sa lecture attend quelque chose d’encourageant, qui aide à aller plus loin, à approfondir sa foi et qui se retrouve malgré lui devant une parole de révélation, de soi, et de Dieu, et une parole qui met en crise.
Dans l’histoire, la parole de Jésus n’a pas été culpabilisante ou jugeante pour un sou (au début) mais il a dit : vends tout, trouve toi mis à nu, sans aucune richesse qui est pour toi cette protection, ce masque, cette distinction de classe sociale, sans ta belle voiture et ta façade car je te désires toi, tout seul, rien que toi, sans plus, ta richesse incommensurable c’est toi, avec tous tes défauts mis à jour que tu n’as pas besoin de cacher devant moi, toi en vérité, toi qui affronte la réalité de qui tu es.
Je te désire à ma suite, "viens et suis-moi" dit Jésus. Rendez-vous compte de l’incroyable offre de Jésus. Il appelle cet homme à devenir son disciple, rien de moins que ça ! un des 12, un de ceux qui l’entendra parler aux foules, et de ceux auxquels il aura un enseignement particulier, un des futurs apôtres et instigateurs de l’église, un de ceux qui aura le privilège de côtoyer Jésus, cet homme, et le Fils de Dieu. C’est pour moi une parabole de la richesse contenue dans la Bible, lorsque la lettre ancienne devient parole vivante, et s’adresse à moi.
C’est un trésor et une crise. Comme le disait frère Luciano de la communauté de Bosé : C’est l’oxymore de la foi (un terme un peu barbare !). Une figure rhétorique proche du paradoxe, où deux éléments antithétiques sont mis ensemble, et cette tension proclame une idée forte. L’oxymore de la foi : la parole de Dieu tout à la fois un trésor et une crise, une grâce et une souffrance, la croix et la résurrection.
Dans une lecture croyante de la Bible je me trouve en crise comme le jeune homme,
une crise pour me permettre d’affronter la réalité de quelle est ma vie, quelle est la vie que je désire.
une crise pour me permettre de nommer devant Dieu mes faiblesses.
une crise de foi qui me permette de refaire alliance avec Dieu par Jésus-Christ, avec humilité...fragilité... dans toute mon humanité... et mes péchés y compris et c’est "en vérité, en vérité" comme cela que Jésus-Christ nous appelle à devenir ses disciples, à nous approcher de lui, à comprendre toujours un tout petit peu plus ma place sur terre, mon engagement à son service.
Une crise de foi, dans un long chemin tranquille est une bénédiction (à développer) et comme Paul dans l’épitre aux Corinthiens, "notre fragilité révélée sera la force pour Dieu".
C’est vite dit, mais c’est bien ce que je pense : Une lecture croyante de la Bible provoque une mise à nu de qui nous sommes, et une crise de vie ou de foi.
Ces crises sont des chances pour confronter notre foi à notre vie. Ces crise sont des petites Pâques (à développer) , passages vers une résurrection. Mais surtout, ces crises, loin d’être des grands moments de solitudes où l’on se sent abandonné de Dieu sont au contraire remplies de l’amour infini et du non-jugement de Dieu, comme un rocher solide sur lequel s’appuyer si tout vacille.
Je vous souhaite une bonne lecture de Bible, une bonne prière personnelle, et qu’au delà de la crise, vous y trouviez la semence pour votre vie, qu’elle soit pour vous nourriture et lumière.
Et si vous désirez être introduit ou accompagné dans cette Lectio Divina, vous pouvez faire appel à un pasteur, un diacre, ou simplement un ami.
Amen
Prédication du 30.08.2008
Didier Heller
©2004-2012 Paroisse réformée de Morges - Echichens
| màj 25 janvier 2012


