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Le grand festin
La Cène
Tout le monde se fait une image de Dieu, tout le monde. Même ceux qui n’y croient pas, qui disent ne pas y croire. Tout le monde porte en lui une image de Dieu. Il est très rare que cette image soit vraie. Alors Jésus dit ces paraboles et réellement avec la force d’un front de taureaux, elles bousculent nos idées, elles sont faites pour ça, il faut qu’elles bousculent. Alors voilà, celle d’aujourd’hui nous présente cette image incroyable, dans l’évangile, qui n’est pas tout à fait celui présenté au Sinaï. Ah, le Dieu du Sinaï, ce Dieu là. On le comprend, on l’aime, c’est le Dieu qu’on porte en nous, le Dieu des dix commandements, le Dieu des éclairs, le Dieu tout puissant, le Dieu qui guide et dirige son peuple. Ça s’est Dieu à notre idée. C’est un Dieu que nous comprenons facilement. Mais c’est...à l’envers de cette image de Dieu, que Jésus lance, puissante comme un font de taureaux, la parabole du grand festin.. et des invités absents !
Et voici un Dieu qui ne commande pas. Un Dieu qui ne lance pas d’éclairs, un Dieu qui invite, un Dieu qui offre une réception.
Dieu qui nous prépare une réception, c’est une autre facette du Dieu tt en haut sur la montagne, et de nous misérables petites fourmis.
Un Dieu qui nous invite, qui nous attend, qui nous offre d’être à sa table... c’est incroyable ! C’est vraiment au sommet de toutes les choses incroyables !
...Mais il y a une chose qui est juste encore plus incroyable : c’est que les invités ne viennent pas ! **** Et voilà ! Voilà l’image de Dieu à travers cette parabole : un Dieu qui lance des invitations, .... un Dieu qui dit : "Venez, je vous invite", Venez, je vous attend dimanche prochain ! un Dieu qui prépare tout, un Dieu qui porte en lui l’image de chacun de ses invités et qui ce dit, je les mettrait là ! Vous savez comme on fait : lui je le mets à côté de tel et tel, il sera bien. L’autre là basa, près du plateau de pt cake, il est gourmand, l’autre, près des jeux, pour ses enfants.,etc ; un Dieu qui porte en lui l’image de chacun de ses invités... Vous savez, comme les invités qui sont invités d’abord dans le cœur de ceux qui invitent, bien avant que d’être assis à leur table. C’est peut être comme ça aussi à la table de la communauté paroissiale. On est invité avant d’y être, on a sa place avant d’y être assis, on y est aimé avant d’y paraître, c’est comme ça les invitations de Dieu. *** Et au moment où tout est prêt, commence à se révéler la vérité : les invités ne viennent pas, ils font faux-pas à Dieu. Un point c’est tout.
Bon ! Il y a les excuses, mais vous pensez bien qu’aucune de ces excuses n’est à prendre au sérieux. Et c’est même pas la peine d’y jeter un coup d’œil de plus près !
On serait complètement à coté de l’affaire ! Car l’affaire c’est que... chacun fait son programme, chacun a son programme et chacun y tient beaucoup plus qu’au programme de de l’invitation de Dieu.
Et s’il n’y avaient pas les excuses que nous avons entendu, ils en auraient d’autres. Ils les auraient inventés, comme nous les inventons. Tout simplement le programme de Dieu ne les intéresse pas.
Mais tout de même : les raisons pour lesquelles ces invités, (dont nous faisons d’ailleurs partie), les raisons de fond pour lesquelles ces invités refusent le programme de Dieu peuvent être celle-ci :
c’est que nous avons toujours l’impression que l’invitation de Dieu concerne le ciel, et qu’il ne résoudra pas les problèmes de ma vie concrète. Dieu est au ciel, on l’y laisse et quand on demande à quelqu’un : "c’est où le ciel ?" il montre bêtement le ciel du bout du doigt, comme si Dieu était là, au bout de mon doigt.
Dieu n’est pas au ciel, il est aux cieux, nous a appris à dire le Christ, Notre Père qui est aux cieux. Et ce n’est pas un endroit, c’est la totalité de ce qui existe. Voilà où est Dieu, il est dans la totalité de ce qui existe, ças englobe le ciel et la terre, tous les cieux et tout l’univers. Dieu n’est pas au bout de mon doigt, pas seulement !
Et puis nous croyons toujours que la rencontre entre notre vie et Dieu n’a absolument rien à faire avec aujourd’hui. C’est toujours pour demain, toujours pour un autre jour. Et nous pensons même au dernier jour. Alors voilà, que peut-il arriver entre un Dieu qui est si loin et le jour de notre rencontre qui est si loin aussi ?
Rien du tout ! c’est pour cela que bien naturellement, si souvent, nous avons d’autre soucis que de répondre à l’invitation de Dieu.
Nous n’avons pas encore appris que Dieu est toujours de la même minute que nous, de la même seconde, voire même il nous précède. Dieu est de la même minute, et dans le même mètre carré que nous.
Et cela fait trois fois au moins, cela fait trois fois au moins que Dieu se trouve dans la même minute et dans le même mètre carré que nous ! Une première fois pour être né en Jésus-Christ, dans notre chaire humaine. Une seconde fois pour nous avoir en Christ réconcilié avec lui par sa prédication, sa mort et sa résurrection. Et une troisième fois, Dieu est avec nous parce que, comme Jésus-Christ l’expliquait il y a deux mille ans à une femme de Samarie, et comme il l’explique depuis deux milles ans aux hommes de toute la terre : Dieu est esprit, ce qui veux dire exactement qu’il est nulle part, et partout. Il est partout, et surtout tout près. Je me tiens, dit-il à la porte, on ne peut pas être plus près !
Alors quel sacré programme quand même ! Est-ce que nous sommes sûr d’avoir raison quand nous disons à Dieu : “Je ne viendrais pas parce que j’ai mon programme“. C’est quoi notre programme ?
Vous savez, un jour un gros mangeur de choucroute, avec beaucoup de lard et un gros buveur de bière est tombé malade. Cet homme là s’en va, voir une diététicienne réputée la Dr Kousmine. qui lui : vous n’allez manger plus que des graines de blés germés et du serré maigre. ! Alors là, soit il lui dit : "Je crois, Dr, que vous vous payez ma tête !" soit il lui dit : je ferais ce que vous me dites, car j’ai confiance en vous. Et cette fameuse Dr Kousmine a écrit dans un de ses livres la phrase suivante :"il y a des gens qui ayant suivi les conseils que je leur ait donnés, m’ont déclaré : je suis comme ressuscité".
Alors nous aussi, devant la parabole du grand festin, qui comme un front de taureau vient nous bousculer, et vient nous inviter en un repas presque face à face avec Dieu,
Nous aussi, peut-être qu’en répondant à l’invitation de Dieu et en s’asseyant à sa table, nous pourrions dire : face à l’émotion d’un Dieu qui pense à moi, qui me place à la bonne place, qui sait là où je serait bien, qui m’invite à sa table, nous pourrions nous aussi dire "je suis comme ressuscité."
©2004-2012 Paroisse réformée de Morges - Echichens
| màj 25 janvier 2012


