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Le Psaume 139 : Tu connais tout de moi
Bien sur, en bon théologien, ou en homme curieux, je me demande d’où vient l’homme qui a composé ces phrases, dans quelle situation est l’homme (ou la communauté) qui a composé, travaillé et retravaillé cette prière.
Mes recherches ont été insatisfaisantes. Il est impossible de dire avec certitude d’où vient cet homme. Et nous sommes réduits à des hypothèses.
Une question sans réponse, une curiosité non assouvie.
** »* Ce n’était ... peut-être pas là ...l’essentiel.
Mais ... ce que nous entendons dans cette prière, ce que nous surprenons dans ce dialogue du croyant avec Dieu, c’est là précisément, ce qui reste, après tout le reste.
Tout le secondaire a disparu ; notre curiosité, notre besoin d’être informé restera sur sa faim, Mais l’essentiel est resté, le psaume.
Et finalement ....c’est mieux ainsi. Nous sommes plus prêts à entrer en dialogue avec cette prière. Parce que nous avons le droit - c’est le droit du coeur, le droit d’humanité - nous avons le droit de nous identifier à cet homme, à cette femme en prière.
Vous avez peut-être remarqué, que le langage de ce Psaume n’est pas un langage vieillot, les termes et thèmes choisis sont accessible, presque moderne,
et ce n’est de loin pas le cas pour tous les récits de la Bible, mais celui-là peut être ...presque lu en immédiateté, comme s’il avait été écrit hier. Pq la nature humaine, ses préoccupations et sa confiance restent la même d’âge en âge.
Le psaume 139 vient témoigner de l’attitude fondamentale de la foi, du constat que nous devons faire, au coeur de nos vies, avec les joies profondes et les peines profondes constat que nous sommes, chacun et chacune entre les mains de Dieu au creux des mains de Dieu. **** Une image me vient à l’esprit, celle des fameuses mains de l’Expo 02, ces 2 grandes et belles mains bénissant, et du creux de ces mains de l’eau coulait. **** Qui est l’auteur du Psaume et quel statut donner au récit ? Il n’est ni philosophe, ni mystique, il n’écrit pas sous la dictée de Dieu. Il est simplement homme et femme en prière, c’est tout.
Mais quand l’homme et la femme se livre à la prière dans la vérité du face à face ; quand tout entier ils se livrent au dialogue, dans leur intimité la plus cachée, il arrive ce qui arrive dans les psaumes.
C’est aussi pour cela que certains psaumes nous touchent : Ils n’ont rien à démontrer, rien d’apologétique, rien à prouver, rien à proclamer : ce n’est qu’un ....dialogue avec Dieu, coeur à coeur, un peu privé. Ils expriment ce qu’ils ont sur le coeur, ils disent vrai, de la vérité qui se cache au coeur de nos existences et que la prière, le face à face avec Dieu nous permet d’exprimer.
Une prière, c’est un peu privé, c’est pour cela aussi que j’ai chaque fois le sentiment que je commets une indiscrétion, quand je lis un psaume ...comme par-dessus l’épaule de celui qui l’écrit. ****** L’auteur du Psaume 139 semble avoir vécu une épreuve, accusé à tort, il a bien cru ne pas pouvoir faire reconnaître son droit face à ses accusateurs et surtout devant Dieu...
Cet homme en vient à reconnaître ce que les savants appellent l’omniscience et l’omniprésence de Dieu : Dieu sait tout. Dieu me connaît dans mon quotidien, ma vie la plus banale de tous les jours. Il connaît mes pensées, mes intentions. Devant Dieu, je suis nu. Nu de tout mon être. ******
La nudité de l’être humain, j’en ai fait une brève expérience :
Lorsque j’étais étudiant, je faisais du service civil comme aide-soignant dans l’unité de soins palliatifs de Rive-Neuve. Et le temps qu’ils leur restait à vivre j’accompagnais ces personnes à la douche, et je les aidais. Une personne en particulier m’a marqué, Et de la voir nue, dans son plus simple appareil, la voir et la toucher avec une immense sympathie et un infini respect m’a donné une leçon d’humanité et d’humilité.
Et dans cette intimité, même habillé, j’étais également nu devant Dieu ! ****** La 2e étape du Psaume
exprime une vérité qui devrait nourrir en nous une paix définitive : « Dieu est à nos côtés au point que même quand nous entrons dans la mort, il est là. »
C’est très audacieux, pour la pensée juive d’alors qui était étrangère à toute idée de résurrection immédiate.
Mais pour cet homme en prière, Dieu le rejoint là où tout est perdu, là où il est définitivement trop tard pour revenir en arrière.
******
A la suite de ce psaume, nous sommes invités ...de l’intérieur
et non pas par un raisonnement -
à croire en un Dieu qui sait tout
et qui nous accompagne même dans nos ténèbres.
******
J’en viens à la dernière partie de la prière.
Une partie qui fait problème sans doute : la haine des ennemis.
Au point que des exégètes estiment, que ce passage ferait partie d’un autre psaume venu se coller ici ultérieurement.
Mais bon sang, quelle mouche a piqué notre homme, au milieu de sa prière ?
Eh bien pour moi cette partie désagréable et belliqueuse me rassure, ...en fait. En fait avec ce psaume, je peux oser exprimer tout ce que je ressens ; rien n’est tabou dans le secret de ma prière, même pas pas ma violence intérieure.
C’est vrai que ce serait tellement plus simple si Dieu exécutait tous les ennemis.
Il en a le pouvoir. Mais il n’en a pas le vouloir. Pourtant il fait éclater sa lumière dans les ténèbres, et là où il y a de la souffrance, Dieu ne désire pas cette souffrance, mais il l’accompagne de sa présence.
Ce psaume rappelle des valeurs toute simples, toute basique. On aura rien entendu de nouveau dans la prédication d’aujourd’hui, parce que ce Psaume n’est pas un écrit théologique à décrypter, analyser, mais il est une prière à s’approprier.
car la nature humaine est toujours la même, a travers les siècles, elle est miroir de Dieu (GESTE) et le miroir est fait pour se tourner vers le visage. *** Lire Ps 139 Seigneur, tu regardes jusqu’au fond de mon coeur, et tu sais tout de moi
Tu sais si je m’assieds ou si je me lève ; longtemps d’avance, tu connais mes pensées.
Tu remarques si je suis dehors ou chez moi, tu es au courant de tout ce que je fais.
La parole n’est pas encore arrivée à mes lèvres, que tu sais déjà tout ce que je vais dire.
Tu es derrière moi, devant aussi, tu poses ta main sur moi.
Que tu me connaisses à ce point est trop merveilleux pour moi, et dépasse tout ce que je peux comprendre.
Où pourrais-je aller loin de toi ? Où fuir loin de ta présence ? Si je monte au ciel, tu es là ; si je me couche parmi les morts, t’y voici.
Si je m’envole jusqu’au soleil levant, ou si je vais m’établir au soleil couchant, même là ta main me guide, ta main droite ne me lâche pas.
Si je dis : « Que l’obscurité m’engloutisse, qu’autour de moi le jour se fasse nuit ! » pour toi, l’obscurité devient lumière, et la nuit claire comme le jour ; ténèbres ou lumière, pour toi c’est pareil.
C’est toi qui as créé ma conscience, qui m’as tissé dans le ventre de ma mère. Seigneur, merci d’avoir fait de mon corps une aussi grande merveille.
Ce que tu réalises est prodigieux, j’en ai bien conscience. Mon corps n’avait pas de secret pour toi, quand tu me façonnais en cachette et me tissais dans le ventre de ma mère. Quand j’y étais encore informe, tu me voyais ;
dans ton livre, tu avais déjà noté toutes les journées que tu prévoyais pour moi, sans qu’aucune d’elles ait pourtant commencé.
Qu’il m’est difficile de te saisir par la pensée, ô Dieu, il y a tant de points à considérer ! Comment pourrais-je les compter ? Il y en a plus que de grains de sable.
Même si j’arrivais au bout de mon calcul, je n’aurais pas fini de te comprendre . Ô Dieu, tu devrais supprimer les méchants et chasser loin de moi ces meurtriers.
Ils parlent de toi pour intriguer, et prononcent ton nom pour mentir . J’ai du dégoût pour ceux qui s’opposent à toi ; Seigneur, je déteste ceux qui te détestent. Ma haine pour eux est totale, ils sont pour moi des ennemis personnels.
Ô Dieu, regarde jusqu’au fond de mon coeur, et sache tout de moi. Mets-moi à l’épreuve, reconnais mes préoccupations profondes.
Veille à ne pas me laisser prendre le chemin de la catastrophe. et conduis-moi sur le chemin qui a toujours été le tien.
Amen
©2004-2012 Paroisse réformée de Morges - Echichens
| màj 25 janvier 2012


