- Contacts
- |
- Photos
- |
- Services
- |
- Spiritualité
- |
- Célébrations
- |
- Activités
- - Propositions de prédications
- - Quelques prédications
- - la conversion (MM)
- - Epiphanie
- - « Jésus-Roi »
- - Jésus-Sauveur
- - "Noël , j’aime, j’aime pas" - Jean-Christophe Emery
- - « Qui es-tu ? »
- - « Ensemble en Jésus-Christ pour grandir »
- - Marc 12, 28-34 et Ephésiens 37, 14-21
- - PREDICATION : Esaïe 30/18 à 26 (MM)
- - Les paroles de vie éternelle
- - Pardon et joie
- - Bien-aimés de Dieu
- - Pentecôte
- - Bien-aimés de Dieu
- - Ascension
- - Violence et St-Esprit
- - Va te réconcilier avec ton frère
- - La Création
- - « Les favelas de Morges »
- - « Amis de Dieu »
- - Sur la trace des bergers
- - Le courage d’avancer
- - Vous êtes de l’or ! (S. Golay)
- - Prédication Luc 18, 9-14 - Philippiens 2, 1-8 - Psaume 34
- - Le saviez-vous ? Le juif prie debout.
- - Approche Dieu avec un coeur d’enfant
- - L’évènement de la résurrection dans les textes des 4 évangiles (G.Kobi)
- - « Pourquoi cherchez-vous parmi les morts celui qui est vivant ? »
- - "Veillez et priez !"
- - Prédication d’adieu à la paroisse
- - A l’heure où l’on brûlait de l’encens/Zacharie
- - « Rien que tu n’ais reçus. Tout appartient à Dieu »
- - « Le don, entre angélisme et marketing, signe du Royaume »
- - Les obstacles à l’amour du prochain (G. Kobi)
- - Témoins vivant pour le Christ
- - Vision et Mission
- - Inertie du péché et force de l’Esprit
- - Noël des enfants : Quelle naissance !
- - Méditation sur Hérode
- - Que rallumons-nous ? Une méditation sur l’authenticité.
- - Rallumer la confiance
- - « Tu es mon Fils bien-aimé ; je mets en toi toute ma joie. »
- - On ne naît pas homme -on le devient ....
- - La passion du vigneron
- - Crise financière, crise de confiance
- - Nathanaël sous le figuier
- - Culte Rwanda : Aller à la rencontre...
- - Message du Jeune fédéral
- - Comment allez-vous ?
- - Une Parole pour moi aujourd’hui
- - Lecture de la Bible et crise de foi
- - Appelés à visiter
- - Le besoin d’être visité
- - La patience de Dieu
- - Attentifs à la lumière qui sommeille en nous...
- - Échos du travail d’aumônerie
- - Vivre c’est choisir
- - Un mouvement descendant...
- - Où est votre confiance ?
- - Paix du Christ - Paix des hommes
- - Jésus, notre frère
- - L’Epiphanie : fête de l’Evangélisation
- - Le temps de l’Avent : Un peuple préparé pour le Seigneur
- - Mon coeur est plein de joie
- - Ecoute Israël !
- - J’ai lutté avec Dieu et les hommes !
- - Prier, c’est dire sa confiance en Dieu.
- - Paroles pour un baptême
- - Néhémie : une action inspirée
- - Des talents à offrir
- - Néhémie : de la prière à l’action
- - Prédication Louange
- - Le bonheur : avec ou sans mouton noir ?
- - Le bonheur : souviens-toi !
- - Du danger de trop se souvenir
- - Culte d’Abbaye
- - Sur les traces du Christ
- - Ascension : réconciliation et envoi
- - Comment discerner la volonté de Dieu ?
- - Prendre le temps de réaliser
- - Je ne tairai pas ma prière !
- - Offrez-vous vous-même !
- - « Si tu Le recherches »
- - Pâques s’inscrit dans la vie !
- - Mieux vaut espérer en Dieu...
- - Le langage de tout un peuple...
- - Aimer, entre effort et plaisir...
- - Sur des chemins changeants
- - Autour de l’histoire des mages de Matthieu
- - Dans quel monde vivons-nous ?
- - Le Premier Commandement
- - « Celui-ci est mon fils bien-aimé »
- - Vends tout ce que tu as...
- - Soyez vigilants, devenez prêts...
- - Tiraillés entre la beauté et le mal
- - « J’étais aveugle et je vois ! »
- - Descendants du Christ par la foi
- - Se laisser bousculer pour grandir
- - L’Ascension, qu’est-ce que cela marque ?
- - « Se faire violence » afin de ne pas être violent
- - Paroles pour un baptême
- - Adopter le regard du Christ
- - « Père, pardonne-leur »
- - L’anti-meurtre
- - Changer à petits pas...
- - Identité en crise
- - L’aigle qui se prenait pour un poulet
- - Responsabilité communautaire et mission
- - L’Espérance de Noël
- - Révéler la présence du divin
- - Du silence pour éprouver le réel
- - Oser des pas qui coûtent
- - Face à la souffrance
- - Marchons ensemble !
- - Jeûne et anxiété
- - Au cœur de la ville, au cœur de la vie
- - Une nouvelle naissance
- - Un trésor spirituel dans des vases d’argile
- - Il sera pourvu ; l’histoire du petit âne.
- - Du sacré au profane
- - Zachée ou la guérison du désir
- - Appelés à être transfigurés
- + Textes spirituels
- + Choix de prières
- + Contes pour enfants
L’évènement de la résurrection dans les textes des 4 évangiles (G.Kobi)
Prédication sur l’évènement de la résurrection dans les textes des 4 évangiles
Introduction aux lectures
L’apôtre Paul est à Athènes. Une des plus
grandes villes de l’Antiquité. Sur la célèbre
agora, l’apôtre fait face à des philosophes.
Philosophes curieux d’entendre et de
comprendre les propos de cet orateur de
passage. Paul annonce la mort et la
résurrection du Christ, de Jésus de
Nazareth. « Ce dieu inconnu que vous
vénérez dans votre ville en lui consacrant
un temple, le voici ! ».
Mais - dit le texte - « Au mot de
résurrection des morts, les uns se
moquaient ; d’autres déclarèrent : Nous
t’entendrons là-dessus une autre fois... »
Actes des apôtres, chapitre 17, le verset
32.
Mais aujourd’hui, dans les temps où nous
vivons, le moins que l’on puisse dire, c’est
que la résurrection pose toujours un
problème, plus que jamais. Aussi bien
dans la société en général, et en
particulier la société occidentale, que
parmi les chrétiens eux-mêmes. Le drame
de la crucifixion, c’est encore assez simple
à admettre. Quant à la résurrection au
matin de Pâques, c’est une autre histoire...
Savez-vous que dans les textes bibliques
les 4 évangiles consacrent tous les
quatre quelques versets à cet événement
sans précédent - dans le Nouveau
Testament, la résurrection pose tout de
suite un problème. Dès le début...
Ce matin, même si nous venons de quitter
le temps pascal, j’aimerais vous inviter à
prendre un moment pour entendre 3 de
ces 4 récits des évangiles. Dans l’ordre :
Matthieu, puis Luc, et enfin Jean. Je saute
Marc, qui est le plus bref, mais qui
n’apporte rien de vraiment différent par
rapport à ses 3 collègues.
Si je vous apporte ce matin le résultat de
mon enquête, vous pourrez reprendre
cette enquête à votre tour chez vous, en
emportant quelques pages que je mettrai à
votre disposition à la sortie. Dans ces
pages, je retranscris les 4 passages
directement liés au moment précis de la
résurrection. Et j’en fais une présentation
qui « éclate » le texte, au lieu de le
condenser comme dans nos Bibles, ce qui
rend la lecture parfois difficile et plutôt
superficielle.
Nous allons donc maintenant écouter 3 de
ces 4 textes. A la suite de chacun dʼeux,
après un bref temps de silence, je vous
proposerai de chanter, à l’invitation de
l’orgue, une strophe du cantique liturgique
P&C.316 (34.10).
Puis viendra la prédication.
Lectures bibliques et répons chanté
Prière avant les lectures
Lecture 1 : Matthieu 27.62 à 28.15
Cantique P&C316 (34.10) strophe 1
Lecture 2 : Luc 24.1 à 12
Cantique P&C316 (34.10) strophe 2
Lecture 3 : Jean 20,1 à 10
Cantique P&C316 (34.10) strophe 3
Prédication
Quand nous regardons attentivemment les
récits des 4 évangiles qui portent sur la
résurrection, à partir du moment précis où
l’événement a lieu - à l’heure près, c’està-
dire selon l’horaire juif en vigueur à
l’époque à Jérusalem : dès 6h du matin,
au lever du soleil... - quand nous
observons minutieusement ces 4 récits,
nous constatons qu’ils mettent en
évidence 3 séquences.
Mais derrière chacune de ces 3
séquences, il y a chaque fois un récit oral.
Je vous rappelle que les auteurs, lorsqu’ils
se mettent au travail pour rédiger leur
témoignage - car il s’agit bien de
témoignage et pas de récit strictement
historique - quand ils rédigent, ils ont à
leur disposition une foule de récits, de
paroles et de témoignages ; tout ce qui
constitue la matière première dans
laquelle ils puisent, dans laquelle ils font
page 1 sur 4
leur choix, mettent de côté ou, au
contraire, mettent en évidence.
Là derrière évidemment, le StEsprit fait
son travail, mystérieusement...
3 séquences donc dans ces 4 récits.
La première, c’est le déni. Elle consiste à
nier d’avance l’événement annoncé. C’est
la séquence des adversaires de Jésus,
évidemment, dont certains viennent dʼêtre
les responsables de la crucifixion, de
l’élémination de ce « faux » prophète.
Ceux-là font en sorte qu’il n’y ait même
pas de fausse r é s u r r e c t i o n , de
supercherie. Le déni, la négation.
Séquence dans laquelle nous nous
réfugions souvent nous-mêmes : c’est
impossible !
2) La deuxième séquence est celle des
femmes au tombeau. Si vous lisez bien les
4 textes, vous verrez que c’est elles, les
femmes, qui sont les premières à
constater l’événement de la résurrection.
Le témoignage visuel, le constat de
l’absence du mort dans le tombeau par les
disciples suit, plus ou moins après.
3) Enfin la troisième séquence, que j’ai dû
choisir de ne pas aborder ni lire ce matin
avec vous, faute de temps - et mon but
n’est pas de vous donner un cours mais
bien une prédication - la 3e séquence est
celle qui est consacrée aux apparitions de
Jésus :
3.1 - Vous vous souvenez peut-être de ce
récit étonnant du déjeuner au bord du lac
de Tibériade, dans l’évangile de Jean. Au
petit matin et au bord de la plage, le
ressuscité a préparé pour ses disciples un
feu de braise, avec des poissons et du
pain. Chez Jean, c’est la 3e apparition.
3.2 - Chez Luc, c’est la célébre apparition
aux disciples d’Emmaüs, quand ils
mangent à l’auberge. Rembrandt a su
saisir cet instant de révélation dans un
petit tableau sublime.
Or cette 3e séquence des apparitions va
prendre beaucoup plus d’importance que
la 2e. . Cette 2e où les femmes ont donc
un rôle essentiel, MAIS où les disciples
sont absents, ou ne sont pas mis à leur
avantage. Or la 2e séquence du tombeau
vide, avec les femmes, précède bel et bien
la 3e, celle des apparitions, si nous
respectons le déroulement historique, ou
plutôt chronologique strict.
Prenons maintenant du recul.
Je laisse donc de côté cette 3e séquence
des apparitions. Avant de décrire
brièvement la 2e, qui est pour moi la plus
importante, et aussi la plus troublante,
quelques mots encore sur la 1ère
séquence.
Jésus a clairement annoncé, de son
vivant, qu’après sa mort, au 3e jour -
vendredi 1er, samedi 2e et dimanche 3e
jour - il ressusciterait ; il reviendrait à la vie.
Vous pensez bien que les ennemis de
Jésus, à commencer par les grandsprêtres
qui l’ont condamné et les
Pharisiens, n’ont aucune envie que cette
prédiction se réalise. Ils n’y croient pas du
tout, d’ailleurs. Mais ils craignent une mise
en scène, où les disciples ferait disparaître
le corps pour proclamer ensuite, que leur
Maître est ressuscité comme il l’avait dit.
D’où le récit de la garde du tombeau,
autorisée par Pilate. Matthieu est seul à
relater cette garde dans son récit. Où il
précise bien que cette tentative a échoué,
puisque Jésus n’est plus dans le tombeau.
D’où la décision de lancer une rumeur de
« vol de cadavre » pendant que les gardes
dormaient. D’où l’interdiction aux gardes
de dire la vérité ; et la promesse de les
protéger de la colère légitime de leurs
supérieurs (on ne dort pas pendant un
service de garde !).
Un vitrail de l’église d’Yvonand s’inspire
directement de ce récit de Mathieu, de ce
moment précis du faux vol. L’artiste
montre le Christ ressuscité triomphant audessus
de son tombeau, la pierre roulée ;
un garde dort ; l’autre est comme pétrifié.
Dans tous les récits, il y a bien mentionné
ce souci de la pierre qui ferme le tombeau.
C o n t r e l e s v o l e u r s de t o m b e s ,
précisément. Or, se disent un peu tard les
femmes : comment rouler cette pierre ?
De plus, la crainte du vol du crucifié, qui
est le sujet de la 1ère séquence, laisse
des traces dans le récit des femmes, la 2e
séquence.
page 2 sur 4
Dans le témoignage de Jean, c’est l’une
des femmes au tombeau qui dit à Jésus,
sans le reconnaître : « Mais si c’est toi qui
l’a emporté, dis-moi où tu l’as mis, ce
crucifié ; et je l’emporterai ».
Et c’est alos que Jésus le ressuscité
l’appelle par son nom : « Marie », et que
Marie reconnaît son Maître bien-aimé.
Cette 2e séquence, le récit des femmes au
tombeau, a donc été vraisemblablement
étouffée par la 3e séquence beaucoup
plus longue et merveilleuse des
apparitions du ressuscité. Et c’est
pourtant, à mon sens, la plus émouvante
dans cette aube du matin de Pâques.
E t o u f f é e p o u r une r a i s o n b i e n
c o m p r é h e n s i b l e - e x c u s e z - m o i
Mesdames ! - le témoignage d’une
femme, même de plusieurs, n’a pas de
valeur. Face à l’énormité de l’événement
de la résurrection du mort, du crucifié, ce
témoignage de femmes faisait la risée des
auditeurs.
Dans beaucoup de régions de la terre
aujourd’hui encore, le témoignage d’une
femme ne vaut pas celui d’un homme...
C’est donc ce qui fait, à mon sens, le
caractère extraordinaire de cette 2e
séquence. Cette première version de la
découverte de la résurrection du Christ,
encore une fois à la toute première heure,
a résisté aux tentatives d’étouffement,
pour se retrouver, heureusement, sous la
plume de nos 4 rédacteurs.
Même Jean, qui rédige son évangile plus
tard que ses trois collègues, n’arrive pas
éliminer cette 2e séquence. Relisez chez
vous attentivement son texte, en ayant les
3 autres sous les yeux ; et vous verrez que
Jean place très rapidement, et presque
maladroitement Pierre et un autre disciples
au milieu du récit des femmes ; pour
donner de la place à ces messieurs ; car
ça fait plus sérieux. Ils ont beau être
inspirés, ces évangélistes, ils n’en restent
pas moins des hommes de leur époque !
Voilà. Excusez-moi d’avoir joué, un peu
trop peut-être à votre goût, au professeur
ce matin. Mais je crois profondément que
c’est ce qui caractérise une manière
protestante de prêcher l’évangile. Notre
prédication doit se fonder sur une lecture
attentive des textes bibliques.
Et cette lecture attentive n’est pas
réservée aux spécialistes.
Et cette lecture attentive, sérieuse des
textes, nous prévient des doctrines et des
théories qui n’ont pas leur racines dans les
textes ; et dans l’interprétation rigoureuse
de ces textes.
Je vais maintenant quitter ces 4 textes des
yeux pour vous dire ce qui est mon constat
et ma conviction sur cet événement de la
résurrection du Christ, le Christ vainqueur
de la mort et du néant.
Personne n’a donc assisté directement à
cet événement. Les 4 évangélistes et
l’apôtre Paul qui écrit ses lettres aux
jeunes Eglises à la même période -
seconde moitié du 1er siècle - Matthieu,
Marc, Luc, Jean et Paul sont d’accord làdessus.
La résurrection elle-même
échappe à toute investigation. Elle reste
un mystère entier.
Les ennemis de Jésus, qui veulent
empêcher toute tentative de vol pour ce
débarrasser définitivement de cette affaire
et qu’on n’en parle plus ! - ratent
misérablement leur coup.
La résurrection en elle-même échappe
donc à toute vigilance humaine, à toute
enquête, à toute observation. Et donc à
toute explication rationnelle.
Les femmes, les toutes premières, que
font-elles ? Elles ne peuvent que constater
que le tombeau, bizarrement ouvert - la
pierre est mystérieusement roulée... - le
tombeau est vide. Ce qui n’exclut pas pour
elles le vol éventuel, nous dit l’évangéliste
Jean. Elles aussi envisagent cette
p o s s i b i l i t é , q u i s u p p r i m e r a i t ,
raisonnablement, le mystère.
Les femmes les toutes premières, car elles
viennent faire la toilette du mort. Les
hommes ne font pas la toilette.
Alors : que s’est-il passé exactement ? et
surtout comment ça s’est passé ? silence !
Contrairement à la crucifixion, où nous
avons beaucoup de détails, depuis le
page 3 sur 4
procès jusqu’aux dernières paroles,
jusqu’au dernier souffle de Jésus sur sa
croix, et même la mise au tombeau du
mort... ici, ce matin de Pâques, ce
lendemain de la fête, ce premier jour de la
semaine : aucune description de
l’événement lui-même.
Mais un simple constat ; qui sème plus le
trouble, la peur et même les pleurs : le
tombeau est vide. Seules restent des
bandelettes.
Et alors vient le rappel de ce que Jésus
avait annoncé de son vivant. Et le rappel
du rendez-vous fixé aux disciples en
Galilée, ailleurs, hors de Jérusalem...
Notre foi au témoignage des évangiles
concernant la résurrection se bâtit d’abord
sur ce constat du tombeau vide, sans
explication raisonnable.
Puis, ensuite, viendront ces récits
émouvants des apparitions du ressuscité.
Ressuscité qui n’est pas un fantôme,
puisqu’il mange devant ses disciples. Et
que Thomas le douteur, le sceptique, peut
le toucher, là où il a été bléssé.
Le douteur : parce que justement,
l’événement de la résurrection s’est passé
sans témoins, laissant une place légitime
au doute. L’annonce de la résurrection
nous laisse ainsi libres : libres de douter
ou d’accepter, de croire ; ou même,
pourquoi pas, libres de passer du doute à
la foi, et de la foi au doute. La liberté du
coeur ; car nous ne disposons d’aucune
connaissance rationnelle sur cet
événement pourtant capital dans la foi
chrétienne, événement fondateur du
christianisme.
Alors que faut-il faire devant cet
événement qui échappe, heureusement,
au regard des humains ? que les femmes
venues embaumer un cadavre au
premières lueurs du jour ne peuvent que
constater, presqu’effrayées ? Que faut-il
faire devant cet événement qui échappe à
notre raison humaine.
Que faire ... sinon : lâcher prise. Lâcher
prise !
Nous utilisons souvent cette expression
devant la mort qui nous attend au travers
d’une agonie ? lâcher prise. Ou devant
nos petites morts qui enferment notre vie,
à cause de la maladie chronique, ou de
l’handicap, ou d’un problème, ou d’un gros
souci qui nous ronge à l’intérieur ; ou
devant la dépendance due à la vieillesse,
à la faiblesse du corps, quand les
mouvements ne suivent plus notre
volonté... Lâcher prise.
Lâcher prise, pour entrer dans la joie et
l’allégresse de la résurrection du Christ.
Lâcher prise pour partager cette joie de la
vie. Lâcher prise pour recevoir maintenant
déjà, là où je vis, comme je vis, cette
promesse d’une nouvelle vie au-delà de la
mort - et ne demandez pas d’explication,
je n’en ai pas !
Lâcher prise. Non seulement accepter le
mystère entier de cet événement unique,
mais - comment dire ? - me laisser
embrasser par lui, me laisser emporter, en
toute confiance. En toute confiance
comme l’enfant qui n’a pas d’autre
ressource ici que faire pleinement
confiance à sa mère, à son père... me
laisser emmener vers ce chemin d’éternité,
où le Christ nous a devancés, où il nous
attend.
Je ne suis plus maintenant le petit
professeur de la Bible. Mais le confesseur
de sa foi.
D’ailleurs, lâcher prise, je crois bien que
c’est une des formes finales de la foi, de la
confiance que je fais à Dieu. Lui qui a
tellement confiance en moi, tellement
confiance en nous.
Georges Kobi, pasteur
Temple de Morges juin 2010
texte Jean 20, 1-18
texte Luc 24, 1-12
texte Marc 16, 1-8
texte Matthieu 27, 63 à 28, 15
©2004-2012 Paroisse réformée de Morges - Echichens
| màj 25 janvier 2012


