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L’Espérance de Noël

La voix de Zacharie, qui, à travers les siècles a annoncé Noël, parle d’un chemin traversant le désert

Nous le connaissons bien : il y a une géographie de la vie qui montre qu’il y a aussi du désert en nous. Ni Sahara, ni Egypte, mais le désert de l’inquiétude, le désert du doute, le désert des séparations, ou le désert de la peur. Un chemin annoncé, cela ne supprime pas le désert, ni la marche, ni la soif, mais ça rend la confiance...le véritable moteur de la vie.

Dans une forêt, qd on s’est perdu, et qu’un certain malaise commence à s’installer, c’est vraiment une bonne nouvelle, qd on entend crier : par ici, venez, il y a un chemin ! La force d’un chemin, c’est l’idée que s’il existe, il n’existe pas par hasard, et il mène forcément quelque part. D’autre sont passés par là, et ils ont marqué leur passage. Bien entendu, quand on est arrivé au chemin, on est pratiquement au même endroit qu’avant, lorsqu’on était perdu, seulement, on n’est plus perdu, on sais la direction à prendre, et on a l’espoir que le chemin mène quelque part.

Dieu dit : je vais tracer un chemin dans vos déserts.

Au 1er Noël, c’est au cœur de la nuit, c’est en toute hâte, selon l’Evangile de Luc, que les bergers coururent vers Bethléem, pour voir ce qui venait d’arriver. C’est aussi de nuit, que les mages se mirent en route à travers les déserts d’Orient. Les mages étaient venus de loin, les bergers de près.

C’était la 1ère fois qu’un berger voyait un mage, ils étaient venu pour une étoile qui traçait un chemin, ils étaient venu pour un chœur d’anges qui chantait Noël. Les bergers étaient les plus humbles des fils d’Israël. C’étaient des hommes simples et sans instruction. Les mages étaient des experts, des savants, des spécialistes d’astronomie et d’astrologie. Des hommes de grande culture. C’était la 1ère fois qu’un berger voyait un mage, et ce qui les rassembla, c’est une chose toute petite et très forte : l’espérance. C’est l’espérance qui nous a aussi rassemblé, ce dimanche de Noël.

L’Espérance est venue un jour de Noël. Elle est une petite flamme qui naît, qui semble vaciller, qui semble fragile, et pourtant, elle brillera toujours. Elle nous fera tout traverser, elle nous guidera, comme elle a conduit les rois mages du fin fond de l’Orient, vers Béthléem. Jusque là, on connaissait la gloire de Dieu, la gloire éclatante de Dieu lorsqu’il a fait sortir son peuple d’Egypte, ou lorsqu’il ouvre un passage dans la mer Rouge, lorsqu’il réalise ces miracles extraordinaires et ponctuels. Mais la gloire de Dieu qui nous donnée à Noël, Celle qui nous accompagne lorsque Jésus dit : "Je vais être avec vous tous les jours, jusqu’à la fin du monde ", c’est la gloire de Dieu... voilée, elle porte le nom d’espérance, plus ténue, plus ordinaire, mais plus à notre portée, et avec une fenêtre sur l’avenir.

On ne peut pas regarder en face l’éclat du soleil dans un ciel bleu. Mais qd le front nuageux avance, et qu’en fin d’après-midi, sur le lac, un grand trait de lumière perce, alors on peut regarder le soleil qui forme un disque à travers les nuages. Dans nos vies, on ne voit pas toujours en face la gloire de Dieu, comme un miracle extraordinaire et ponctuel, comme Moïse au buisson ardent, ou les bergers face aux anges, mais chaque fois qu’on fait un geste d’amour vrai, c’est par nos personnes, un trait de la gloire de Dieu qui perce. Chaque fois que nous pardonnons, chaque fois que nous sortons de nous-mêmes pour aller vers les autres, chaque fois que nous avons en nous les sentiments qui habitaient Jésus, c’est un rayon qui perce.

Et c’est parfois à travers nos difficultés, nos souffrances, que la gloire de Dieu se révèle à nous, et se laisse observer : C’est la foi que Dieu est présent au cœur de nos nuages ; c’est l’espérance, que quoi qu’il arrive Dieu perce et traverse tout, et que demain Dieu sera toujours là. C’est malheureux, mais c’est souvent au travers des nuages, voilée, que nous sommes attentifs à cette lumière. Quand tout va bien, nous sommes aveuglé par notre bien-être et nos projets, Quand un nuage approche dans notre vie, nous sommes obligé de nous arrêter, de réfléchir, de nous rendre cpt que nous ne maîtrisons pas tout. La révolte, le désespoir peut nous envahir, nous n’avons plus envie d’entendre parler de ce Dieu plein de bonté, de ce Dieu qui fait des miracles époustouflant, nous croyons être oublié. Puis, d’une manière tout à fait fragile et vacillante d’abord, la flamme, l’espérance revient, nous réimaginons pt à pt le soleil, bien qu’invisible, puis vient ce trait de lumière dans nos nuages. Nous pouvons alors reprendre notre vie, en toute responsabilité, en travaillant comme si tout dépendait de nous, et en priant comme si tout dépendait de Dieu.

Et soyons clairs, les nuages ne disparaissent pas toujours, mais l’espérance nous tient debout, nous donne de la force, et nous guide. L’espérance est un chemin, qui ne supprime rien des difficultés, mais qui les traverse. L’espérance ne supprime pas la marche, mais rend la confiance, et nous ouvre sur celui qui nous accompagne.

L’espérance de Noël a guidé les mages et les bergers, elle les a rassemblés autour du Christ. Aujourd’hui nous n’avons peut-être plus ni d’ange ni d’étoile, mais nous avons la vie et la résurrection du Christ, et l’espérance que s’il nous relèvera après notre mort, il nous relève aussi durant notre vie. L’espérance a guidé les mages et les bergers par les déserts, l’espérance nous guidera à travers nos désert,et nous rassemble vers le Christ.

Amen


Didier Heller, prédication du 25 décembre 2005 à Echichens

 

 

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