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« Jésus-Roi »
Lectures : Mtth 6,9-13 9 ¶ Voici comment vous devez prier : Notre Père qui es dans les cieux, que chacun reconnaisse que tu es le Dieu saint, 10 que ton Règne vienne ; que chacun, sur la terre, fasse ta volonté comme elle est faite dans le ciel. 11 Donne-nous aujourd’hui le pain nécessaire. 12 Pardonne-nous nos torts, comme nous pardonnons nous aussi à ceux qui nous ont fait du tort. 13 Et ne nous expose pas à la tentation, mais délivre-nous du Mauvais. Car c’est à toi qu’appartiennent le règne, la puissance et la gloire, pour toujours. Amen.
Ephésiens 1, 19-2,6 Cette puissance est celle-là même que Dieu a manifestée avec tant de force 20 quand il a ramené le Christ d’entre les morts et l’a fait siéger à sa droite dans le monde céleste. 21 Le Christ y est placé au-dessus de toute autorité, de tout pouvoir, de toute puissance, de toute domination et de tout autre titre qui puisse être cité non seulement dans ce monde-ci mais aussi dans le monde à venir. ... 1 Autrefois, vous étiez spirituellement morts à cause de vos fautes, à cause de vos péchés. 2 Vous vous conformiez alors à la manière de vivre de ce monde ; vous obéissiez au chef des puissances spirituelles de l’espace, cet esprit qui agit maintenant en ceux qui s’opposent à Dieu. 3 Nous tous, nous étions aussi comme eux, nous vivions selon les désirs de notre propre nature, nous faisions ce que voulaient notre corps et notre esprit. Ainsi, à cause de notre nature, nous étions destinés à subir le jugement de Dieu comme les autres. 4 Mais la compassion de Dieu est immense, son amour pour nous est tel que lorsque nous étions spirituellement morts à cause de nos fautes, il nous a fait revivre avec le Christ. C’est par la grâce de Dieu que vous avez été sauvés. 6 Dans notre union avec Jésus-Christ, Dieu nous a ramenés de la mort avec lui pour nous faire régner avec lui dans le monde céleste.
Prédication « Jésus-Roi »
Question des Mages : « Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? Nous avons vu son astre à l’Orient et nous sommes venus lui rendre hommage. » Mtth 2,2 (TOB)
Annonce de l’ange à Marie : « Il sera grand et on l’appellera le Fils du Dieu très-haut. Le Seigneur Dieu fera de lui un roi, comme le fut David son ancêtre, et il régnera pour toujours sur le peuple d’Israël, son règne n’aura point de fin. » Luc 1,33
Comment comprendre cette annonce royale ? Jésus est bien descendant de David, mais il n’a pas établi de royaume ni politique, ni militaire ! Quelle est la nature du royaume du Christ ?
Un Royaume qui n’est pas « de ce monde ». Jésus devant Pilate : « Mon royaume n’appartient pas à ce monde ; si mon royaume appartenait à ce monde, mes serviteurs auraient combattu pour empêcher qu’on me livre aux autorités juives. Mais non, mon royaume n’est pas d’ici-bas. » Jean 18,36
Un Royaume « hors du temps » : La fin de l’annonce de l’ange à Marie nous laisse comprendre que le Royaume du Christ ne s’inscrit pas exclusivement dans le temps des hommes : « ...il régnera pour toujours sur le peuple d’Israël, son règne n’aura point de fin. »
Un Royaume dans le ciel et sur la terre : La lettre de Paul aux Ephésiens montre que la résurrection est l’intronisation du Christ. Voilà comment le pouvoir du Christ est décrit : « Le Christ y est placé au-dessus de toute autorité, de tout pouvoir, de toute puissance, de toute domination et de tout autre titre qui puisse être cité non seulement dans ce monde-ci mais aussi dans le monde à venir. » *** Ce matin, j’aimerais m’attarder sur les liens entre ce royaume et notre réalité terrestre. Ce lien est étroit.
Tous les textes qui abordent cette question nous interrogent et nous crient : « Tu es concerné par cette réalité du Royaume de Dieu. Qu’en fais-tu ? Où te situes-tu ? »
Je ne vais pas faire une longue démonstration. Deux exemples bibliques suffiront.
1) La prédication du Royaume Jean-Baptiste, puis Jésus vont proclamer : « Changez de comportement, le Royaume de Dieu s’est approché. » Si je traduis pour nous aujourd’hui : « Nous sommes concernés par cette réalité de Dieu, par ce nouveau cadre de justice et d’amour, cette nouvelle manière de penser et de vivre incarnée par Jésus-Christ. Nous ne pouvons y rester indifférents. Nous sommes appelés à changer, à nous laisser transformer, et à entrer pleinement dans ce mode de vie initié par le Christ. »
2) Le Notre Père J’aimerais aussi m’arrêter sur la prière du NP que nous connaissons bien. Avez-vous déjà remarqué comment cette prière est essentiellement orientée vers le Père ? Il y a 3 demandes en fin de prière : le pain, le pardon et la délivrance. Mais les premières phrases sont toutes en lien avec le Père. Précisément cette prière tisse un pont entre le ciel et la terre, entre Dieu et nous :
• Notre Père (à nous) qui es dans les cieux
• que ton nom soit sanctifié (par nous)
• que ton Règne vienne (vers nous)
• que ta volonté soit faite sur la terre (par nous) comme dans le ciel.
Nous n’échappons pas à la réalité du Royaume ! Notre réalité de croyant est intimement liée à la réalité de Dieu.
La tentation de l’indépendance
Et pourtant, nous ne cessons pas de bâtir nos petits royaumes particuliers et nous nous instituons roitelets. Certains construisent sans aucun scrupule des empires, d’autres se rassurent en édifiant des démocraties respectueuses des droits de chacun. Nous n’échappons pas à cette tentation d’indépendance !
A/ Position d’indépendance :
Assis sur « le trône de mon royaume », je réfléchis ainsi :
Que vais-je faire de ma vie, de mes biens, de mes dons, de ma journée... ?
Comment puis-je au mieux servir mes intérêts et ceux dont j’ai la responsabilité ?
Quels sont mes droits ?
Comment puis-je au mieux profiter de mon temps et mes biens ?
Qu’est-ce qui m’apportera satisfaction et bien être ?
Que suis-je en droit de demander à Dieu, puisse que je suis son enfant ?
...
Dans cette position, toutes mes réflexions, tous mes choix et mes prières sont égocentriques.
La position d’indépendance peut être le fruit de certains sentiments très humains :
d’une certaine suffisance par rapport à Dieu,
le fruit d’une déception suite à une prière non exhaussée,
ou encore de la peur de manquer : « Et si Dieu ne pourvoyait pas comme il le promet ? Il vaut mieux que je prenne les devants et que j’assure mes arrières,... »
Quand nous sommes en position d’indépendance, notre prière devient facilement « liste de commission » : « Seigneur, donne-moi ceci, ou cela, fais que... ». « Après le pain quotidien, assure-moi aussi le pain de demain, un peu de brioche, la santé, la paix du cœur,... »
La bénédiction que nous demandons à Dieu sur nos vies se présente comme la ratification d’un bien que nous nous sommes déjà approprié. Alors que la bénédiction de Dieu est la recherche d’un bien que l’on reçoit de Dieu en acceptant son libre choix.
Dans cette position, cette parole de Jésus est renversée : « Cherchez premièrement le royaume et la justice de Dieu ; et toutes ces choses vous seront données par-dessus. » Nous cherchons d’abord toutes ces choses (matérielles : vêtements, nourriture...) et ensuite nous nous préoccupons du Royaume et de la justice.
Attention, la position d’indépendance n’est pas « neutre ». Au fond, en construisant mon propre royaume avec mes propres critères, je m’expose à d’autre forme de pouvoir, à d’autres Seigneurs ! Dans la lettre aux Ephésiens, Paul dit comment ces derniers vivaient sous le régime de l’indépendance : « nous vivions selon les désirs de notre propre nature, nous faisions ce que voulaient notre corps et notre esprit. » C’est notre nature humaine qui impose ses règles.
Paul va plus loin et nomme d’autres sources de pouvoir auxquelles nous sommes exposés : « Vous vous conformiez alors à la manière de vivre de ce monde ; vous obéissiez au chef des puissances spirituelles de l’espace, cet esprit qui agit maintenant en ceux qui s’opposent à Dieu. »
Nous ne pouvons pas aller plus loin ce matin. Retenons qu’il n’y a pas de royaume neutre de toute influence.
B/ Position de soumission :
Si nous confessons sincèrement « Jésus-Christ est Sauveur et Seigneur ! », la confession la plus élémentaire des chrétiens de tous les temps, nous n’avons pas d’autre choix que de reconnaître la « Seigneurie du Christ » sur notre vie et nos personnes.
Dans cette position, mes interrogations seront orientées de manière toute différente :
Qui est mon Roi et mon Seigneur ? Qu’attend-t-il de ses sujets, dont je fais partie ?
Est-ce que j’accepte l’idée de soumission à sa Volonté ?
Suis capable d’entrer dans une relation de confiance, convaincu que mon roi me connait, sait ce qui est bon pour moi et prend soin de moi ?
Les principes du Royaume sont-ils une référence dans mes choix de vie ?
Comment est-ce que je décide ? Quelle place la prière occupe-t-elle dans mes choix de vie ?
Comment est-ce que je prie ?
J’entre pleinement dans la prière du Notre Père. Comme nous l’avons vu, toute cette prière est tournée vers Dieu. Nous devenons ainsi des « artisans/es du Royaume », des « intendants/tes du Royaume »,...
Dans cette prière, le « je », devient « nous ». Je ne suis plus seul à chercher mes intérêts. Je découvre autour de moi d’autres fils et filles du Roi qui travaillent ensemble dans le même sens, pour la même cause.
Dans cette position de « soumission », Dieu nous qualifie et nous rend participant de sa Seigneurie, participants à l’autorité du Christ :
« Dans notre union avec Jésus-Christ, Dieu nous a ramenés de la mort avec lui pour nous faire régner avec lui dans le monde céleste. »
Cette parole est forte. Elle nous donne autorité pour résister aux influences et à toute autre forme de pouvoir qui s’activent dans ce monde.
Quand nous sentons le pouvoir du découragement et la spirale de la déprime...
Quand nous expérimentons une quelconque tentation que l’on sait destructrice...
Quand un tiers fait pression sur nous...
Quand une force occulte nous menace...
En Jésus-Christ, nous avons alors autorité, celle du Roi !, pour résister, délier, chasser... Et si le combat nous dépasse, nous pouvons faire recours à d’autres frères et sœurs...
Christ a commencé son ministère dans le combat spirituel, la tentation dans le désert. Tout au long de ses 3 ans de service, il a été éprouvé. Le point culminant, ce fut le jardin de Gethsémané : « Seigneur, non pas ma volonté, mais la tienne ! »
Encouragement : En ce premier jour de l’année, je veux vous encourager à résolument choisir de vous placer sous la Seigneurie du Christ. A le reconnaître pleinement comme « Seigneur » et à vivre comme des fils et des filles du Royaume de Dieu.
Vous pouvez pourrez le faire avec une prière de consécration comme celle-ci :
Prière de consécration Seigneur, je me remets, tout entier, entre tes mains. Fais de moi ce que tu veux ! Tu m’as créé pour toi. Qu’attends-tu de moi ? Marche avec moi, dans ton propre chemin. Que cela comporte joie ou peine, je veux le faire ! Je te sacrifierai les désirs, les plaisirs, les faiblesses, les projets, les penchants qui me tiennent éloigné de toi et me renvoient à moi-même. (Il est bon de les nommer.) Je veux être ce que tu veux que je sois et ce que tu veux faire de moi. Je ne dis pas : « Je te suivrai où tu vas », car je suis faible. Mais je me donne à toi afin que tu me conduises où que ce soit. Je veux te suivre et te demande la force nécessaire pour ma journée (pour cette nouvelle année 2012). Amen.
(John Henry Newman)
©2004-2012 Paroisse réformée de Morges - Echichens
| màj 8 mai 2012


