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« Ensemble en Jésus-Christ pour grandir »

Culte Terre Nouvelle, campagne DM-EPER

Matthieu 27,42-45 42 Alors Jésus les appela tous et leur dit : Vous le savez, ceux qu’on regarde comme les chefs des peuples les commandent en maîtres, et les grands personnages leur font sentir leur pouvoir. 43 Mais cela ne se passe pas ainsi parmi vous. Au contraire, si l’un de vous veut être grand, il doit être votre serviteur, 44 et si l’un de vous veut être le premier, il doit être l’esclave de tous. 45 Car le Fils de l’homme lui-même n’est pas venu pour se faire servir, mais il est venu pour servir et donner sa vie comme rançon pour libérer une multitude de gens.

Ephésien 2,14-22 14 Car c’est le Christ lui-même qui nous a apporté la paix, en faisant des Juifs et des non-Juifs un seul peuple. En donnant son corps, il a abattu le mur qui les séparait et en faisait des ennemis. 15 Il a annulé la loi juive avec ses commandements et ses règlements, pour former avec les uns et les autres un seul peuple nouveau dans l’union avec lui ; c’est ainsi qu’il a établi la paix. 16 Par sa mort sur la croix, le Christ les a tous réunis en un seul corps et les a réconciliés avec Dieu ; par la croix, il a détruit la haine. 17 Le Christ est donc venu annoncer la Bonne Nouvelle de la paix à vous les plus lointains comme aux plus proches. 18 C’est en effet par le Christ que nous tous, Juifs et non-Juifs, nous pouvons nous présenter devant Dieu, le Père, grâce au même Saint-Esprit.

19 Par conséquent, vous les non-Juifs, vous n’êtes plus des étrangers, des gens venus d’ailleurs ; mais vous êtes maintenant concitoyens des membres du peuple de Dieu, vous appartenez à la famille de Dieu. 20 Vous êtes intégrés dans la construction dont les fondations sont les apôtres et les prophètes, et la pierre d’angle Jésus-Christ lui-même. 21 C’est lui qui assure la solidité de toute la construction et la fait s’élever pour former un temple saint consacré au Seigneur. 22 Dans l’union avec lui, vous faites partie vous aussi de la construction pour devenir avec tous les autres la maison que Dieu habite par son Esprit.

Prédication « Ensemble en Jésus-Christ pour grandir »

L’union fait la force ! L’union fait la solidarité ! C’est une évidence. Si nous voulons être forts, résister aux menaces extérieures, grandir... il faut être unis et solidaires.

Les exemples ne manquent pas :

-   Sur le terrain politique, où tous les coups sont permis, la nécessité d’être forts pousse les adversaires de toujours à se présenter sur une même liste et à sourire ensemble devant les caméras.

-   Face aux menaces de crise économique, les états se serrent les coudes. Même si tout cela n’est parfois que défense d’intérêts particuliers.

-   A une échelle plus modeste, des sociétés, des clubs, des familles, des églises... sont aussi capables de se serrer les coudes dans des moments difficiles, pour protéger les intérêts du groupe, son image ou encore un de ses membres.

Mais parfois, cette union est bien fragile, parce qu’elle n’a pas de fondements suffisamment solides. Alors, les belles paroles s’envolent, chacun retire ses billes et le groupe vole en éclat.

Dans le langage biblique, on parle plus volontiers « d’unité » ou de « communion ». Qu’est-ce qui fonde l’unité chrétienne ? Comment Christ construit-il cette unité dont parle la lettre aux Ephésiens ?

Le contexte : L’enjeu dans l’Eglise d’Ephèse, comme dans beaucoup d’autres communautés issues de la diaspora juive, c’est l’unité entre chrétiens d’origine juive, baignés dans l’enseignement de la loi et la tradition juive et les chrétiens issus du milieu païen, grec ou romain. Les Juifs et les païens étaient des ennemis. Tout les séparaient ! Comment les imaginer chanter et prier ensemble, partager leurs biens...

L’œuvre du Christ en terme négatifs :
-  Christ abat le mur de haine qui séparait les Juifs et les non-Juifs et en faisait des ennemis.
-  Il annule la loi juive avec ses commandements et ses règlements.

Le verbe « annuler, abolir » est fort. En rapport avec notre thème, comprenons que Christ détruit le pouvoir de division de la loi. Sa force de condamnation et d’exclusion. La loi distinguait le pur de l’impur et déterminait la condition des gens, en terme d’élection pour les uns et de condamnation pour les autres. Pensons à la femme adultère, à la parabole du bon samaritain, aux miracles de Jésus le jour du sabbat...

Jésus n’évacue pas la loi, il ne la relativise pas pour autant, il lui redonne sa juste place, celle d’une béquille pour le croyant, une aide pour marcher dans la justice, une invitation à la reconnaissance de notre péché. Mais par le don de sa vie, Jésus annule le pouvoir destructeur de condamnation et division de la loi.

Question pour nous aujourd’hui Quelles sont les lois, les règles, les traditions, les habitudes conscientes ou inconscientes, formulées ou pas, parfois héritées de nos parents... qui constituent des murs de divisions dans nos groupes, nos paroisses, nos cercles d’amis, nos couples, nos familles ?

Essayez de repérer au moins un de ces murs. Un indice : quand il n’y a pas la paix, mais la discorde.

L’œuvre du Christ

Christ abat le mur de haine qui sépare les J des n-J., les croyants entre eux et en terme positifs, Christ les réconcilie avec Dieu !

« 16 Par sa mort sur la croix, le Christ les a tous réunis en un seul corps et les a réconciliés avec Dieu » Ce verbe « réconcilier » est central dans la pensée de Paul.

Remarquons que la réconciliation est d’abord celle de chaque entité avec Dieu. Pour pouvoir être en paix avec quelqu’un, nous devons d’abord être réconciliés avec Dieu. Jésus-Christ nous relie à Dieu pour ensuite nous relier aux autres. Pas de paix et de réconciliation véritables et durables hors de Dieu !

Les conséquences du don du Christ Quand nous sommes réconciliés avec Dieu, en communion avec Lui, alors nous pouvons travailler à l’unité et à la communion avec les autres, nous pouvons espérer la paix dans nos relations. Paul utilise cette magnifique formule : « ...vous êtes maintenant concitoyens du peuple de Dieu, vous appartenez à la famille de Dieu. »

Comment Jésus-Christ crée-t-il l’unité ? Le renoncement. Pour accomplir l’unité Jésus-Christ se donne lui-même et renonce à son statut royal. Encore une fois, tout se joue sur la croix. Tout le développement de Paul est articulé par le don du Christ : • c’est le Christ lui-même • En donnant son corps • Par sa mort sur la croix • par la croix • par le Christ • la pierre d’angle : Jésus-Christ lui-même • Dans l’union avec lui

21 « C’est lui qui assure la solidité de toute la construction et la fait s’élever pour former un temple saint consacré au Seigneur. » Jésus-Christ s’est personnellement engagé dans cette œuvre d’unité.

Le don de soi, le service, la mort, la croix sont synonymes de « renoncement ». C’est une clé pour comprendre la croix. C’est ce que Jésus a voulu dire à ses disciples :

« Car le Fils de l’homme lui-même n’est pas venu pour se faire servir, mais il est venu pour servir et donner sa vie comme rançon pour libérer une multitude de gens. » Mtt 27,45

Comme chrétiens, nous sommes directement concernés par le renoncement. Il n’y a pas d’unité, de service, de solidarité sans don de soi, donc, sans renoncement.

Ex de renoncement :
-   Dans la gouvernance d’un état, si les dirigeants ne renoncent pas à tirer tous les avantages de leur position, ils ne pourront servir leur peuple.
-   Dans les entreprises, si les patrons cherchent un minimum d’intérêt partagé, alors ils contribuent à la paix sociale.

Dans la vie d’une église aussi, il y a des renoncements à vivre au profit de l’unité et de la communion.

-   Quand je donne de mon argent, de ma personne de mon temps, je renonce forcément à une part de moi-même...

-   Maintenant, il y a des choses plus subtiles auxquelles je dois aussi renoncer au profit de l’unité : • L’image de soi : Renoncer à être bien vu, à une certaine popularité... • Le pouvoir : Renoncer à être toujours suivi dans les décisions... • La reconnaissance : Renoncer à être reconnu et remercié pour son engagement...

-   Enfin, j’aimerais donner l’exemple de la famille qui peut être un lieu d’unité et de solidarité, comme un lieu de toutes les divisions et de souffrances. Qui pourrait dire qu’au cours de son histoire de famille, il n’a jamais connu de tension ou d’éclat au sujet d’un héritage ? C’est un lieu par excellence de division. Et parfois pour des broutilles !

On raconte l’histoire d’un notaire qui devait trancher la destination d’un tableau familial, sans grande valeur, que se disputaient les membres de la famille. Après de longues négociations, aucune solution ne se dessinait. Excédé, le notaire empoigne le tableau en question et le lance par la fenêtre du 3ème étage de son bureau. Après un temps de stupeur général, les membres de la famille se regardent puis se tournent vers le notaire pour le remercier de les avoir ainsi débarrassés d’un épineux problème...

Question pour nous aujourd’hui : Suis-je capable, avec l’aide de Dieu et à l’exemple du Christ, de renoncer à une part de moi-même, pour contribuer à l’unité et à la solidarité autour de moi (groupes, famille, couple...) ?

A quoi suis-je si fortement attaché ? Qu’est-ce qui me tient lié et m’empêche d’être relié aux autres ?

Amen