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Des talents à offrir

La difficulté de cette parabole, réside non pas dans le thème de l’argent, puisque c’est une image, mais dans le décalage entre ma vision de Dieu et la colère du maître de l’histoire face au dernier serviteur.

Ma vision de Dieu, c’est un Père qui aime au delà de nos faiblesses et de nos bassesses et même si on cache une pièce d’or dans un mouchoir, ça lui passe par dessus, car il sait voir plus loin, nos peurs, Et surtout, il aime plus loin que ça.

Je suis assez proche de celui qui dit : "l’amour de Dieu dépasse la justice de Dieu". Donc il y a pour moi un décalage avec le "règlement de comptes" du dernier serviteur. Note, la situation est presque comique : Tu as gardé la pièce dans un mouchoir et tu voudrai que je te félicite ? Eh bien donne la pièce à celui qui en a déjà 11, il n’en a pas besoin, mais il saura mieux en profiter que toi !

Ce qui me dérange dans cette fin, c’est l’abandon du maître. Il a été généreux, il a vu que ca servait à rien, et en fin de compte il laisse tomber, et il retire son don 1er.

Situation tout à fait normale en contexte économique humain, situation étonnante si le récit est une parabole de l’économie divine.

Mais reprenons le récit tranquillement :

-  D’abord l’histoire est dite "parabole". Elle est donc une histoire avec une énigme. A découvrir.
-  Ensuite la parabole suit une autre histoire d’argent, celle de Zachée. Donc deux approches successives d’un même thème.
-  Enfin, la parabole est racontée avec la précision suivante : Jésus raconte la parabole ...parce qu’il arrive à Jérusalem, et pq’il sait que le Royaume arrive bientôt. Donc nous sommes pressés par le temps. Il y a une certaine urgence dans l’histoire.

Pour le début de la parabole, les images semblent immédiates : Un futur roi part, est refusé, devient roi qand même, et revient, c’est la figure du Christ.

Mais l’élément central, c’est ce qui se passe entre le départ et le retour du maître ou du Christ. Et cet entre 2, c’est notre époque. La parabole est pour nous.

Le maître donne 10 pièces d’or à 10 serviteurs, avec la consigne : faites des affaires, je reviendrai.

Belle marque de confiance ! assortie d’une mission.

Sur 10 serviteurs, nous avons le retour de 3 ; des autres, on n’en sait rien.

La notion d’urgence reste : "grouillez-vous" de faire des affaires ! Et la mission est également claire en grec : il faut "faire fructifier l’argent". Donc ni en disposer c bon nous semble, ni le manger, ni le construire une statue mais : la marge de manoeuvre est assez étroite : faites de l’argent avec de l’argent !

C’est la parabole, mais au delà de l’image, et pour nous : quelle est cette pièce d’or que nous recevons de Dieu, ce don et cette mission ? Puisque les deux sont liés. don et cette mission urgent, don et mission urgent avec une marge de manoeuvre étroite

La confiance reçue ? alors notre marge de manoeuvre précise et notre mission sera : accordons aussi notre confiance à Dieu et aux êtres humains. L’amour ? car nous s aimé de Dieu au plus profond ? alors notre mission sera : aimez-vous les uns les autres...

Des questions, des doutes ? Alors notre mission sera de partager ces questions et ces doutes.

Et si comme le 3e serviteur, en recevant un don de Dieu, il procure en nous la crainte, d’un Dieu terrible, qu’on désire refuser ce don et l’enfouir au fond d’un mouchoir pour ne plus y penser ? A ce moment, peut-être, Dieu retirera ce don, inutilisé et inutile ; il retirera ce don...et cette crainte à la fois, afin de nous réaborder ultérieurement par un angle d’approche qui gagne notre confiance.

L’argent, faites le fructifier, et vous conn le bon mot : "donnez à Dieu, il vous le rendra au centuple" Quel merveilleux rendement ! L’argent, faites le fructifier. La force reçue de Dieu faites-en pareil.

Et une 2e piste :

C’est "l’enthousiasme".
-  L’enthousiasme du 1er serviteur : En un rien de temps il décuple la fortune, il reçoit l’autorité sur 10 villes, et reçoit encore une pièce d’or. Il a été responsable dans les petites choses, il a reçu de grandes responsabilités.

-  L’enthousiasme a été transmise aux rédacteurs, puisque Matthieu, au lieu de parler de pièce d’or ou de "mine" (argent équivalent à 100 jours de travail), Matthieu parlera de "talent", parabole des talents, soit un salaire de plusieurs milliers de journées, et pesant plus de 26 kg, difficile à cacher dans un mouchoir.

Comme quoi l’enthousiasme de la parabole a touché les 1ers lecteurs.

Je crois que l’enthousiasme est à recevoir, car tout est don dans la vie. Rien n’est dû, pour qui sait le prendre comme tel.

Tout est don, rien n’est dû. Quelqu’un l’illustre bien. Dimanche passé, Guillaume, un garcon de 3 ½ an, triaient les graviers sur ma terrasse. il avait déposé 150 gravillon rond sur la balustrade.

Je lui ai demandé : lequel est le plus beau ? Il m’en a tendu un et m’a dit : c’est celui-là. Je lui ai dit : tu peux le garder et le ramener chez toi, il est à toi. Son visage s’est illuminé, c si je lui offrai un trésor. Il l’a mis dans sa poche 10 secondes, heureux.... Puis généreux, il est allé le donner à sa maman.

Pourtant, le petit Guillaume avait "travaillé", 150 graviers triés, un à un, c’est du travail. il aurait pu exiger un cailloux comme un dû.

Mais le pt gravier, il l’a reçut comme un cadeau, Et il l’a gardé, c’était à lui. Puis avec toute innocence, il a offert son trésor.

Pour moi, la confiance de Dieu dans les petites choses ne réside pas dans nos actions, mais dans la manière dont on reçoit dans la vie.

Si je crois que tout m’est dû- je travaille, donc j’ai gagné mon salaire- Je suis serviable donc j’ai gagné un sourire-, si je crois que tout m’est dû, je n’ai pas besoin de Dieu.

Mais si je vois la vie comme un don de Dieu... ma nourriture et mon salaire comme un don de Dieu... ma journée et mon soleil comme un don... mes amis et ma famille comme un don, mes souffrances et mes peines comme un don de Dieu-avec sa présence et son soutien, si j’aborde la vie comme un don de Dieu, alors je me sens responsable de la valoriser, de la faire fructifier, et sans peur ni sans crainte, de partager ce que je reçois avec d’autre.

Le don de sa confiance, ou de son argent, étant à l’image de l’enthousiasme de Dieu à nous prodiguer son amour.

Alors, je ne sais pas si j’édulcore le jugement incisif de cette parabole en gardant ma vision de Dieu, mais ce dont je suis sûr, c’est que nous sommes au début de l’histoire, nous venons de tous recevoir une pièce d’or, un talent en or, ou un talent de notre personnalité un talent plein espérance.

Amen


Prédication du 7.10.2007 au temple de Morges

Didier Heller