- Contacts
- |
- Photos
- |
- Services
- |
- Spiritualité
- |
- Célébrations
- |
- Activités
- - Propositions de prédications
- - Quelques prédications
- - Approche Dieu avec un coeur d’enfant
- - L’évènement de la résurrection dans les textes des 4 évangiles (G.Kobi)
- - « Pourquoi cherchez-vous parmi les morts celui qui est vivant ? »
- - "Veillez et priez !"
- - Prédication d’adieu à la paroisse
- - A l’heure où l’on brûlait de l’encens/Zacharie
- - « Rien que tu n’ais reçus. Tout appartient à Dieu »
- - Cheminer vers la joie de donner
- - « Le don, entre angélisme et marketing, signe du Royaume »
- - « Au cœur de nos manques, l’abondance »
- - Les obstacles à l’amour du prochain (G. Kobi)
- - Demeurer enracinés face aux contrariétés
- - Devenir source de croissance
- - Renaître de ton regard
- - Culte de l’Ascension - Fêter l’incarnation
- - Témoins vivant pour le Christ
- - Une paroisse au service de l’humain
- - Vision et Mission
- - « Tu as dit la vérité »
- - Inertie du péché et force de l’Esprit
- - Gardez votre calme
- - Naître de l’étonnement
- - Noël des enfants : Quelle naissance !
- - Méditation sur Hérode
- - Que rallumons-nous ? Une méditation sur l’authenticité.
- - Rallumer la confiance
- - « Tu es mon Fils bien-aimé ; je mets en toi toute ma joie. »
- - Ne vous endormez pas, veillez !
- - On ne naît pas homme -on le devient ....
- - La passion du vigneron
- - Crise financière, crise de confiance
- - Nathanaël sous le figuier
- - Culte Rwanda : Aller à la rencontre...
- - Message du Jeune fédéral
- - Comment allez-vous ?
- - Une Parole pour moi aujourd’hui
- - Lecture de la Bible et crise de foi
- - Le principe espérance
- - Convertir, c’est être vu...
- - Appelés à visiter
- - Le besoin d’être visité
- - Il nous faut compter avec le mal...
- - Prendre le temps de la grâce
- - La patience de Dieu
- - Dieu qui nous déplace et nous recueille...
- - Et si nous choisissions la meilleure part ?
- - Attentifs à la lumière qui sommeille en nous...
- - Échos du travail d’aumônerie
- - Vivre c’est choisir
- - Un mouvement descendant...
- - Où est votre confiance ?
- - Paix du Christ - Paix des hommes
- - Jésus, notre frère
- - L’Epiphanie : fête de l’Evangélisation
- - Le temps de l’Avent : Un peuple préparé pour le Seigneur
- - Mon coeur est plein de joie
- - Ecoute Israël !
- - J’ai lutté avec Dieu et les hommes !
- - Prier, c’est dire sa confiance en Dieu.
- - Paroles pour un baptême
- - Néhémie : une action inspirée
- - Des talents à offrir
- - Néhémie : de la prière à l’action
- - Prédication Louange
- - Le bonheur : avec ou sans mouton noir ?
- - Le bonheur : souviens-toi !
- - Du danger de trop se souvenir
- - Culte d’Abbaye
- - Sur les traces du Christ
- - Ascension : réconciliation et envoi
- - Comment discerner la volonté de Dieu ?
- - Prendre le temps de réaliser
- - Je ne tairai pas ma prière !
- - Offrez-vous vous-même !
- - « Si tu Le recherches »
- - Pâques s’inscrit dans la vie !
- - Mieux vaut espérer en Dieu...
- - Le langage de tout un peuple...
- - Aimer, entre effort et plaisir...
- - Sur des chemins changeants
- - Autour de l’histoire des mages de Matthieu
- - Dans quel monde vivons-nous ?
- - Le Premier Commandement
- - « Celui-ci est mon fils bien-aimé »
- - Vends tout ce que tu as...
- - Soyez vigilants, devenez prêts...
- - Tiraillés entre la beauté et le mal
- - « J’étais aveugle et je vois ! »
- - Descendants du Christ par la foi
- - Se laisser bousculer pour grandir
- - L’Ascension, qu’est-ce que cela marque ?
- - « Se faire violence » afin de ne pas être violent
- - Paroles pour un baptême
- - Adopter le regard du Christ
- - « Père, pardonne-leur »
- - L’anti-meurtre
- - Changer à petits pas...
- - Identité en crise
- - L’aigle qui se prenait pour un poulet
- - Responsabilité communautaire et mission
- - L’Espérance de Noël
- - Révéler la présence du divin
- - Du silence pour éprouver le réel
- - Oser des pas qui coûtent
- - Face à la souffrance
- - Marchons ensemble !
- - Jeûne et anxiété
- - Au cœur de la ville, au cœur de la vie
- - Une nouvelle naissance
- - Un trésor spirituel dans des vases d’argile
- - Il sera pourvu ; l’histoire du petit âne.
- - Du sacré au profane
- - Zachée ou la guérison du désir
- - Appelés à être transfigurés
- + Textes spirituels
- + Choix de prières
- + Contes pour enfants
Culte de l’Ascension - Fêter l’incarnation
Actes 1, 1-11
Exigence d’incarnation
Après avoir parlé à ses disciples, Jésus s’éleva vers le ciel pendant qu’ils le regardaient ; puis un nuage le cacha à leurs yeux.
Chers frères et sœurs, la disparition de Jésus devant les yeux étonnés de ses disciples a souvent eu, pour effet, d’associer la fête de l’Ascension à une fête de ce que l’on pourrait appeler une désincarnation. Exit le corps de Jésus. Dorénavant, il se fera présent autrement ; « en esprit », comme on le dit souvent.
Or, je prétends que l’Ascension - au contraire ! - est d’abord, une fête de l’incarnation. En effet, dans la mesure justement où Jésus n’est plus là pour incarner le Royaume de Dieu au travers de sa personne en chair et en os, c’est à ses disciples de prendre le relais et de devenir eux-mêmes incarnation de la présence agissante de Dieu sur terre.
Oui, ce qui compte, au cœur de la fête de l’Ascension, ce n’est pas tant la disparition du Christ, mais l’incarnation dont sont dorénavant chargés ses disciples. Pierre, Jacques, Jean et tous les autres compagnons qui étaient présents au Mont des Oliviers, ce jour-là, comme nous tous, ses disciples et ses apôtres de tous les temps. J’irai même plus loin, aujourd’hui, en parlant d’incarnation ; au risque, peut-être de vous étonner, voire de vous contrarier. Je pense que dans l’événement que nous fêtons aujourd’hui, réside un appel à une incarnation qui dépasse largement ce que nous entendons habituellement par ce terme, dans nos vies d’Eglise.
Au sens habituel, en effet, quand nous parlons d’incarnation, dans notre tradition chrétienne occidentale, nous entendons que nous inscrivons nos vies à la suite de celle du Christ, que nous lisons son Evangile et croyons à sa Parole, voire que nous essayons d’avoir un comportement digne de celui qu’il nous a appelé à adopter. Mais notre corps, en tant que tel, n’est souvent pas plus impliqué que cela, dans notre travail de perpétuer l’œuvre du Christ.
Or, au sens littéral et fort du terme, l’incarnation est centralement une affaire du corps. Et il est intéressant de rappeler, à cet égard, que pour la mentalité biblique les êtres humains que nous sommes, nous formons un tout, dont le corps fait partie intégrante. Pour les hommes et les femmes de l’époque de Jésus, nous ne sommes pas seulement des esprits qui « avons » un corps ou des âmes « déposées » dans un corps, nous sommes notre corps. Un corps respirant, éprouvant, agissant et pensant. Et notre chair, nos os, et tous les tissus qui nous composent participent à toute notre vie, y compris à notre vie de foi elle-même.
Si dans notre tradition chrétienne européenne, grosso modo depuis Saint Augustin, nous avons un peu perdu de vue la valeur de notre corps et la conscience qu’il contribue et participe à notre vie croyante, il est grand temps, me semble-t-il, pour nous, aujourd’hui, d’en redécouvrir le caractère incontournable, la promesse qu’il renferme
Le corps, lieu de vérité
Pour mieux me faire comprendre, j’aimerais vous livrer un petit épisode de mon cheminement personnel. Non pas en guise de modèle, bien sûr, ou d’exemple particulièrement intéressant, mais simplement parce que ce que je connais le mieux, en termes d’expérience humaine, eh bien, c’est mon expérience propre.
Quand j’étais petit garçon, vers l’âge de 6 ans, j’étais en vacances chez ma grand-mère qui habitait Romainmôtier. Vous connaissez certainement la magnifique église abbatiale qui trône au milieu du village. Or, j’étais très attiré par cette église et, chaque jour, alors que nous allions faire les courses dans les magasins de la place du village, je demandais à ma grand-mère de pouvoir aller « guigner » dans l’église. Et, à chaque fois, j’étais saisi d’une émotion profonde. Je ressentais une sérénité que je ne suis toujours pas capable de décrire avec mes mots d’adultes. Une sérénité, un calme, je dirais presque une présence. Un matin, en sortant de l’église, j’aurais dit alors à ma grand-mère, d’un air solennel : « Betty, un jour, je serai pasteur ».
J’aurais beau le nier, ma vocation est née ainsi ; et ma foi, ma soif de Dieu. Or, ce qui s’est passé là n’était pas tellement une affaire de réflexion, d’intelligence ou de compréhension de quoi que ce soit. Ce fut d’abord un événement corporel. Mes yeux ont vu la beauté des voûtes, mes oreilles ont entendu le silence, mes sens ont perçu la paix qui régnait, mon émotion s’est manifestée quelque part au fond de mon ventre. Oui - et c’est ma lecture de l’événement aujourd’hui - une part du Royaume de Dieu commençait à s’installer dans mon être, au travers même de mon corps.
Chers amis, notre corps est doué d’une perception très fine. Il réagit aux événements et aux êtres avec une acuité et une sincérité toutes particulières. Et souvent, il devance notre esprit ; il perçoit, comprend et réagit bien plus vite que notre pensée. Qu’il s’agisse de l’angoisse ou de la joie profonde, des dangers qui nous menacent ou ce qui pourrait bien relever de la douce présence de Dieu, notre corps discerne ce qu’il en est. Et je fais le pari qu’il n’est pas inintéressant d’en tenir compte dans notre vie de foi ; qu’il n’est pas inintéressant d’écouter ce qui se passe dans notre corps, de le prendre au sérieux, si nous voulons réellement faire de notre vie une possible parcelle du Royaume, un lieu où Dieu peut se faire véritablement présent et agissant.
Le corps, lieu de présence
Pour ceux et celles d’entre nous qui se sont rendus à l’Abbaye d’Acey, il y a deux semaines, pour une retraite de 2 jours, auprès des moines de ce lieu, nous avons été plusieurs à nous étonner, en poussant la porte de l’église, de ce que ces hommes étaient encore et toujours là, comme si rien n’avait changé depuis l’année précédente. Oui, encore et toujours, ils se retrouvent cinq fois par jour, tous ensemble, dans leur église. Ils font silence, se lèvent, s’inclinent, chantent de leur voix claire, prient à haute voix, s’inclinent encore, puis demeurent à nouveau dans le silence. Et tous les soirs, à nouveau, ils accueillent l’aspersion des mains de l’abbé, qui leur rappelle leur baptême dont ils ont à vivre tous les jours, encore et encore.
Primitif me direz-vous ? Des bondieuseries, des pratiques païennes ? Je ne crois pas. Il s’agit plutôt - et c’est ce que je découvre petit à petit - une manière de prendre au sérieux leur état incarné et leur devoir d’incarnation. En venant, de tout leur corps, à la prière, en l’asseyant au calme pour méditer les Psaumes et en l’inclinant tout en chantant le nom de Dieu, les moines d’Acey n’essaient pas seulement de comprendre l’Evangile, mais de s’en imprégner tout entiers. Ils n’écoutent pas seulement la Parole du Christ, ils essaient de rester en lien sensible avec lui.
En protestantisme, nous avons relativisé le rite. Et c’est assurément une bonne chose, car le risque du rite, c’est de se transformer toujours à nouveau en une pratique automatique qui se vide de son sens, voire qui se substitue à un comportement quotidien inspiré de l’Evangile.
Mais à l’inverse, sans gestes, pouvons-nous réellement vivre ce que nous prétendons croire ? C’est dans la vie quotidienne que nous devons pratiquer l’amour, la justice et la solidarité - je suis bien d’accord ! Mais notre foi, où se régénère-t-elle ? Où peut-elle prendre le temps de se constituer ? De descendre jusqu’au plus profond de notre être et s’ancrer en nous tout entiers ?
Si le corps est capable de discernement, s’il est le lieu où peuvent naître des vocations ou des convictions profondes, il n’est certainement pas inintéressant de prendre le temps pour demeurer, de tout son corps, dans le silence, dans l’écoute des Psaumes ou de l’Evangile, de se laisser travailler jusque dans ses émotions et ses entrailles par la Parole de Dieu, ou par son imperceptible présence. C’est ce que les moines peuvent nous apprendre : pour devenir des témoins du Christ et de l’action de l’Esprit dans ce monde, le temps de demeurer en présence de Dieu est aussi important que celui consacré à la compréhension de l’Evangile.
Le corps, lieu de témoignage
Oui, nous mettre à l’écoute de notre corps, de ses enthousiasmes, de ses réticences, de ses émotions... Prendre le temps de nous faire présent à Dieu, dans la prière de tout notre corps... Pour entrer en lien avec Lui tout entiers - cœur, corps et âme -, pour nous laisser transformer par Lui tout entiers - cœur, corps et âme -, et pour devenir, à la suite de Jésus disparu, une parcelle du Royaume sur cette terre - cœur, corps et âme.
Car c’est d’une foi vécue de tout son être, que le Christ a changé la vie des hommes et des femmes. Et c’est d’une même foi - vécue de tout notre être - que nous-mêmes, nous pouvons apporter quelque chose à ceux et celles qui nous entourent. Au travers de nos réflexions et de nos paroles, mais aussi au travers d’une sérénité et d’un amour inscrits dans la douceur de nos gestes, dans la bonté de nos attitudes, dans le ton accueillant de notre voix.
Notre corps est lieu de vie spirituelle et de témoignage. Et il l’est, qu’il soit en pleine forme ou fatigué, voire malade ou diminué, il est lieu où nous pouvons vivre et témoigner, jusqu’à notre dernier souffle, de la vie que le Christ nous a insufflée.
J’insiste sur ce point, parce que l’incarnation à laquelle nous appelle la disparition de Jésus n’a rien avoir avec le corps parfait, surfait et constamment érotisé que notre société ne cesse de mettre en avant, tant et plus, dans les films, dans les publicités, dans les discussions ou dans les défilés de mode.
D’ailleurs, l’exemple du Christ lui-même, crucifié au Golgotha, exprime combien tous nos corps, en manque de souffle, tancés par les douleurs ou affaiblis par les années, peuvent témoigner d’un amour et d’une espérance qui dépassent tout ce que nous pouvons imaginer.
Ce que j’ai pu vivre, ces dernières années, auprès de personnes en souffrance ou en fin de vie, m’a montré, en tout cas, qu’incarner le Royaume ici-bas de tout son être, n’a rien avoir avec un héroïsme corporel. Incarner, c’est d’abord être habité, tout entier, jusque dans les moindres recoins de notre être ; et ce, quoi qu’il s’y passe.
Oui, fête de l’incarnation !
Après avoir parlé à ses disciples, Jésus s’éleva vers le ciel pendant qu’ils le regardaient ; puis un nuage le cacha à leurs yeux.
Depuis lors, c’est donc à nous d’incarner le Royaume de Dieu parmi les hommes et les femmes de ce monde. Modestement, mais tout entiers.
Et vous l’aurez bien compris, mon propos n’est pas de vous inviter à faire davantage de gymnastique, d’entrer dans les ordres pour vivre à la manière des moines ou de vous inscrire à un cours hebdomadaire de yoga. Mon propos, aujourd’hui, est de nous interroger, les uns et les autres, où que nous en soyons dans notre vie et quelle que soit notre forme physique... De nous interroger sur notre manière de tenir concrètement notre place de disciples du Christ disparu.
Car il importe bel et bien que nous soyons signes visibles et actifs de l’amour de Dieu dans ce monde. Et je suis persuadé que nous rendre attentifs au lieu même de notre incarnation - c’est à dire à notre corps et à ce que nous en faisons dans notre vie de foi et de prière - ne peut que nous aider à ne pas seulement parler de l’Evangile dont nous témoignons, mais de le vivre et de le faire vivre très concrètement.
Amen
Nicolas Besson, pst



| màj 4 juillet 2010 |