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Comment allez-vous ?
Comment allez-vous ? A quoi pensons-nous lorsque nous posons cette question ?
A tout et à pas grand chose ! Car il faut déjà être bien renseigné sur la personne que l’on rencontre pour lui demander plus précisément : alors ce coeur, ça va ? et cet estomac ça va ? Il faut déjà être très bien renseignés... en général nous ne le sommes pas à ce point, alors, on demande de manière générale, cette question sur toute la vie : comment allez-vous ?
Un jour, j’ai entendu demander à quelqu’un : non pas comment allez-vous, mais : Comment va votre âme ?
Comment va mon âme ? Est-ce que mon âme pourrait être une sorte ...d’organe en moi qui comme le reste pourrait être en bon ou en mauvais état ? Est-ce que mon âme...et votre âme, c’est quelque chose qui a été glissé en moi en plus de tout le reste et qui se loge je ne sais où ?
Est-ce que c’est quelque chose qui a été glissé en nous, et qui sera récupéré comme une lettre glissée dans la boîte...à l’heure de la dernière levée ?
En un mot clairement notre âme, est-ce que c’est une chose ? Est-ce que ça a une forme, est-ce que ça a une couleur ? est-ce que ça a un poids ? est-ce qu’on pourrait la voir ? est-ce qu’on pourrait la tenir ?
Des gens qui en voulaient avoir le coeur net, ont guetté auprès d’un mourant le moment où son âme quittera le corps pour s’élever dans le ciel. L’expérience est restée sur un point d’interrogation.
On n’a à vrai dire jamais entendu dire que dans les salles d’opération, les chirurgiens n’aient jamais trouvé et tenu au bout de leur pincette une âme.
Les chirurgiens n’ont à vrai dire jamais eu au bout de leurs pincettes, les choses importantes :
Il faut reconnaître que les choses importantes ne se laissent pas facilement découvrir. Par ex, on n’a jamais trouvé dans un corps quelque chose comme : le courage ou la générosité, la loyauté ou la fidélité, la joie ou le bonheur, ou l’amour sans lequel la vie ne serait rien !
Jamais dans une salle d’opération, on n’a trouvé ces choses-là, qui sont vraiment, véritablement.... qui sont la vie (au même titre qu’un coeur qui bat)
Imaginez Mozart sur la table d’opération : Il n’aurait pas livré son génie, et pourtant Dieu sait si son génie était bien présent, là !
Et jamais personne n’aurait pu non plus tenir au bout de ses pincettes l’âme de Mozart. Quand bien même, c’est cette âme qui écrivait : "Quand Dieu viendra, je viendrait aussi" *** Eh bien la raison de tout cela est très simple, et aussi capitale que simple. La raison de tout cela est tout simplement que ... -et cette toute petite phrase mériterait d’être écrite dans notre mémoire de façon indélébile- La raison est que les choses importantes de la vie ne sont pas des choses. Les choses importantes de la vie ne sont pas des choses.
Notre âme n’est pas, ne peut pas être, ne sera jamais une chose qu’on pourrait voir, qu’on pourrait prendre, qu’on pourrait emporter.
Par contre j’ai croisé la semaine passé le pasteur Clénin qui allait répéter son cor des Alpes à la Chapelle de couvaloup, et il me disait : qd je joue du cor des Alpes, cela restaure et apaise mon âme. Très jolie expression.... !
LENT L’âme c’est quoi ? Les rapports entre notre âme et nous sont comme, le piano et la musique. La musique... , ce n’est pas un morceau du piano. Et quand on emporte le piano, on emporte un meuble, on n’emporte pas la musique.
Et la musique ce n’est pas non plus quelque chose qui se trouverait dans le piano sans en faire partie. A un enfant qui dirait : quand maman ouvre le piano, je voudrais voir la musique. On lui répondrait : mais la musique on ne peut pas la voir dans le piano.
La musique résulte non pas de ce que le piano est, mais de ce qui ce passe dans le piano. De ce qui ce passe, ça c’est capital.
Notre âme... Notre âme elle vient de ce qui se passe en nous ; LENT Notre âme vient de ce qui se passe en nous. de ce qui nous fait vibrer, de la vie qui passe, des actions qui passent, bonne ou moins bonnes, des idées qui passent, noires ou roses. Notre âme vient de tout ce qui se passe en nous.
Quand il s’agit de l’âme, il faut absolument renoncer au verbe “avoir“. Jamais on n’a une âme. Je n’ai pas d’âme, vous n’en avez pas non plus. Quand on parle de l’âme, il faut renoncer au verbe avoir et il faut monter jusqu’au verbe "être".
On n’a pas une âme, ...mais en nous, peut .. "être" une âme à cause de ce qui se passe.
Notre être intérieur, comme Paul appelle notre âme, notre être intérieur c’est tellement peu une chose. Mais c’est tellement quelque chose qui se passe, qui vit, que Paul n’hésite pas à dire, comme le pasteur Clénin, que notre âme se renouvelle. Elle devient de pus en plus neuve, et jeune. La musique de notre piano, notre âme, est née ce matin, elle est toujours très jeune. Plus n avance, plus elle se rajeuni. Et même si tout notre être se déglingue, à l’intérieur de nous même, ....notre être intérieur, notre âme, se renouvelle parce qu’elle est "ce qui se passe en nous", "ce qui ce vit en nous"
*** Un homme écrivait ceci : “Dieu est venu me rejoindre, il a fait presque tout le chemin qui me séparait de lui mais il a fallut que je me rende attentif à son approche et que j’accepte qu’il entre dans ma vie.“ Mon âme voilà ce que c’est, c’est ce qui me rend attentif à Dieu. Mon âme est ce qui dit oui à Dieu.
*** Il y a même plus que cela. Quand on a demandé à Jésus de nous dire ce qui parmi toutes les choses importantes, était le plus important, il a répondu : l’important ce n’est pas ce que tu as, mais c’est ce qui va devenir ton âme : "c’est que tu aimes le Seigneur ton Dieu de toute ta force, de toute ta pensée, de tout ton être, de toute ta fibre, de tous tes organes, de toute ton âme"
Une âme c’est quand on aime Dieu et quand on aime son prochain.
A quoi sert-il à un homme de gagner le monde entier s’il cessait d’être une âme, accueillant Dieu !
St Ignace, dans les 1ère siècles du christianisme, représentait l’homme d’une manière toute particulière. Pour lui, l’homme est une coupe, les pieds et le socle bien ancré sur terre, dans la vie de tous les jours, et la coupe grande ouverte pour accueillir ce qui vient du ciel ce qui vient de Dieu.
Si nous pensions à notre âme, si cela prenait plus de place et plus de réalité dans notre vie, il nous serait impossible de ne pas être une âme, de ne pas être une parole, répondant à sa Parole, de ne pas être un visage répondant à son Visage, de ne pas être un amour répondant à son Amour.
Rappelez-vous : une chaise c’est quand on s’assied, une âme c’est quand on se lève pour vibrer de tout son être, à la présence de tout son Dieu.
Alors l’âme est immortelle parce que ce n’est plus moi, c’est Dieu lui-même en moi.
Comment va votre âme ? Mon âme ne va pas, c’est moi qui vais "en mon âme" à la rencontre du Dieu qui vient.
Amen
Prédication du dimanche 21 septembre, Jeune fédéral, à Morges et Monnaz
Didier Heller



| màj 4 juillet 2010 |