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« Césart Auguste »

2 Samuel 24.1-3 Luc 2.1-7

Cesar Auguste, empereur romain. En voilà un qui ne se préoccupait pas de Dieu. Au surplus, il avait tellement à faire ! Quand on est empereur romain, quand on domine l’univers, on n’a pas le temps de s’occuper de ce Dieu des juifs. Voix basse : A part cela, il n’y a pas que les empereurs romains qui n’ont pas le temps d’adorer Dieu, et de l’entendre, en cette période de Noël.

César Auguste, empereur romain, son ambition, c’est de dénombrer,... recenser..., compter..., tout ce qu’il possède. La Bible dit : "Paraît alors un édit de César Auguste pour dénombrer tout l’univers". Voix basse : A part cela, il n’y a pas que les empereurs romains qui aiment compter leur possessions auj encore.

César Auguste a l’ambition de compter, peser, mesurer toute la grandeur de sa puissance. Les rapports de ses préfets ne lui suffisent pas, il lui faut des chiffres précis, contrôlés, sûrs.

Ironie du texte : le mot qu’on traduit par "édit" de César Auguste, est le même mot qui donnera plus tard le mot "dogme".

Le dogme de César : le chiffre. La foi de César : les nombres. Sa puissance veut être palpable, les chiffres le montrent enfin : tant de soldats, tant de population soumise, tant d’impôts perçus. Avant cela, Aujourd’hui, on résume aussi une personne à des chiffres : cet homme vaut tant de diplômes, tant d’œuvres, tant de fortune.

César Auguste et son chiffre vivent encore, ils ont traversé l’histoire : puisque ... c’est vous, et c’est moi, nous faisons nos petits décrets, nos petits dogmes, nos petits recensements. Il y a ceux qui comptent leurs billets, s’ils en ont, ceux qui recensent leurs immeubles, leurs terres, leurs vaches, lerus chats.

Il y a ceux, plus subtils, qui comptent leur richesse spirituelles, leurs dons, leurs bonnes actions, le nombre de visites au monastère. Il y a aussi ceux qui comptent l’Eglise, le nombre de paroissiens au culte, le nombre de catéchumènes, le graphique des collectes. Cette fin d’année, c’est le temps des budgets et bientôt des comptes dans la région, dans la paroisse : on compte, et recompte, on pèse et on soupèse.

Quelle énergie dépensée pour rien ! Quel amour insensé du chiffre ! Quelle idée de passer son temps à mettre les chiffres dans les cases au regard de ce que nous offre Dieu : sa grâce, toujours gratuite !

Vous l’avez remarqué, je n’aime pas bcp ce temps des budgets paroissiaux, ou l’on doit imaginer ce qu’on va dépenser l’an prochain, tout comme je n’aime pas les impôt, pour lesquels nous devons compter le nombre de nos possessions, le nombre de nos enfants, de nos chats.

Bien entendu, je ne critique pas totalement les chiffres, car il en va de notre responsabilité de bien gérer ce qu’on a. Ce que je critique, c’est de croire que le chiffre ...c’est la réalité, de croire que l’homme se résume à ces chiffres. Ce que je critique, c’est de se laisser envahir par les chiffres, et après avoir compté, de faire comme César : s’enfler d’orgueil, en voyant toute sa puissance ou si le chiffre est trop petit pour vivre décemment, être totalement découragé. Ne nous laissons ni enivrer, ni envahir par le chiffre.

Compter n’est pas mauvais, à condition, à une condition que Noël vient nous rappeler justement.

Quelle condition ? Si nous comptons, et si à l’époque, César comptait, il y en a un sur lequel il ne comptait pas, et qui arrive justement au moment où il était dans ses comptes. Jésus Christ apparaît en plein recensement, au moment où le plus grand empereur du monde crût pouvoir mesurer et saisir l’ampleur de sa puissance. Si cette discrète naissance est venue aux oreilles du grand empereur, il aurait pu se dire : "chic, un de plus". Ce qu’il ne savait pas, c’est que ce "un de plus"-là signifiait "tout en moins". Il ne sait pas que sa puissance vient de craquer à ce moment même.

A part cela, quand nous entendons pour la 1ère fois parler de Jésus, nous disons nous aussi, chic, un ami de plus, un soutien de plus, un sauveur de plus, à côté de mes propriétés, à côté de mes animaux, à côté de mes billets. Mais nous ne savons pas non plus qu’à ce moment là, notre puissance vient de craquer, nos richesses viennent de tomber en poussière, car ce "un de plus" signifie "tout en moins".

Ce que César et nous ne savions pas, c’est que ce "un de plus" n’est pas un à côté de ce que j’ai déjà, mais c’est un au dessus de tous les autres. C’est celui qui vient changer l’addition en soustraction, le dénombrement en dénuement, brouiller les chiffres, déjouer les calculs, au milieu de tous nos recensements. C’est lui qui dit à César : non, tu ne possède pas 60 mio de sujet + moi. Mais c’est à moi qu’ils appartiennent, ...et c’est à tous que je me donne.

Les hommes qui se croient riches, ils sont pauvres, ce nouveau né paraît pauvre, c’est lui leur richesse, leur salut, c’est lui qui est le seul capable de convertir leur vie en qqc d’éternel.

Noël, c’est exactement cela : Dieu qui arrive au milieu de notre vie en vacarme, comme il arriva il y a 2000 ans au milieu de ce formidable embouteillage du recensement des sujets de l’empire romain.

Chaque année sans le vouloir, nous recréons cette cohue, cet embouteillage, par le jeu des spectacles de fin d’années, par le jeu du commerce et des vitrines bien remplies, et par nos agenda et rendez-vous familiaux. Chaque année nous recréons cet embouteillage de fin d’année.

A part cela, nous sommes venus à ce 4e culte de l’Avent, et nous sommes tous des César Auguste en miniature, avec notre vie dont tous les comptes montrent que nous n’en sommes jamais satisfait, nous en aimerions davantage. Peut-être tout à l’heure étions-nous satisfait de notre avoir, mais Dieu agit comme il y a 2000 ans : Et par ce culte, simple comme une étable, par ces paroles aussi pauvres qu’une mangeoire, il vient encore et prend en charge cette vie, et de la vie il dit : C’est la mienne. C’est la mienne, non pas que j’en suis d’abord le Seigneur dans un acte de possession, mais c’est la mienne car j’en suis le sauveur, et tu peux me donner tes peines et tes soucis, tes chiffres et tes recensements, ton orgueil et ta pauvreté ; tu peux tout donner, car je prend tout. Je ne calcule pas, je ne trie pas, je ne mesure pas. Je prend tout, parce que de la même manière, je te donne tout.

C’est ainsi que l’empereur César Auguste, qui régna sur l’immense empire romain, plus personne n’en parle aujourd’hui, plus personne ne fête son anniversaire ou ne se souvient de ses paroles.

mais JC, qui ne régna que sur une simple étable, on en parle encore et on le fête, Ainsi l’amour donné compte plus que la puissance accumulée. Ainsi l’amour de Dieu, compte plus, que tout ce qui peut être compté.

Noël s’approche à grand pas, n’oublions pas pourquoi nous le fêtons,

Amen

Bénédiction 1bis/2010

Que Dieu nous garde et nous protège. Qu’il fasse de cette période de Noël, une période ou nous oublions les chiffres pour aimer sans compter. une période où nous oublions les actes de Noël au profit des paroles de Noël Que Dieu nous bénisse, nous et nos familles

Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit,Amen